Un dîner rue de Solférino (14)

En route ! Avec un petit résumé pour... la route !

En route !

Résumé du contexte¹

 

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Terrain connu ou terre inconnue ? Peu importe, en route ! Ce n’est plus gauche-droite et en avant toute, comme autrefois les khâgneux de la fin du vingtième siècle, on dirait plutôt que c’est ni gauche-ni-droite, en ce moment, ou alors, les deux∗ : En route, Huysmans… Mais pas à rebours, non plus, paraît-il, attention. Comme quoi l’histoire bégaye un peu ou plutôt elle hésite, en ce siècle décadent, ce nouveau siècle qui commence déjà dans la décrépitude. Comme Pénélope dans L’Odyssée, on refait toujours la même chose en croyant que c’est différent, comme le syndrome de répétition.

Bon, je m’amuse, je plaisante, et je ne vais pas filer la métaphore trop longtemps mais je serais plutôt de la génération de Sur la route, dans mon road-movie personnel, avec Kerouac, peut-être, ou encore Patti Smith et Robert Mappelthorpe, dans le Chelsea Hotel, la maison bleue, and peace and love tant que tu veux… Cette génération perdue qui vient de se tromper sans même y songer, sans faire gaffe, ou plutôt si, quelle drôle de gaffe, que l’émergence de ce drôle, ce Riquet à la houppe de bazar prénommé Donald, on croit rêver…

 

DANS MON ROAD MOVIE A MOI JE VAIS FAIRE DE LA POLITIQUE PAULINE

DANS MA TROISIEME VIE MA LOUISE JE VAIS LE FAIRE AUSSI PAR PROCURATION JE CROIS

SANS SE CONCERTER COMME C’EST DECONCERTANT RENE

QUE CE RETOUR DU VOLET BRETON ET ON PEUT LES GIFLER ? ²

 

Se rejoindront-elles, et y aura-t-il des retrouvailles à la fin, rien n’est moins sûr, je ne sais pas encore… Et valait-il mieux se tromper avec Sartre ou avoir raison avec Raymond Aron, mystère. Et wie könnte es geschehen, dans cette Europe polyglotte, cette atrocité, cette Shoah, mystère encore. Et jamais plus, non ? Jamais plus ? Nada mas ?  Là, c’est à vous de me le dire, mais quant à moi, mystère et boules de gomme… Alors, résumons, résumons, il en restera toujours quelque chose.

Louise, du côté d'Oberkampf ou du boulevard Voltaire

Comme toujours, Louise était partie de rien : après le cul et le fric, le troisième sujet intéressant dans la vie, c'est bien la politique, non ? Alors, à gauche toute ? On verra et qui vivra verra… Si je veux oublier ce qui n’existe plus, si je veux me relever, il me faut bien un projet, sinon je vais être obligée de m’asseoir et de pleurer, quelle facilité, quelle désolation...

Pauline, du côté de Solférino, du Trocadéro ou de n'importe où dans le triangle d'or

Quant à elle, et comme souvent, Pauline s’était laissée embarquer, bien embarquer même, en l’occurrence par ce Firmin qu’elle avait épousé en secondes noces (exit Franck, parti à Singapour, exit Anne-Marie, en dépit de ses millions) et ce maréchal, ce mandarin (ou son ersatz un peu affadi) se défendait assez bien, il faut le reconnaître… Il ne s’agissait que de calomnies, en fait, que de vilenies, que des menteries, ma chérie, un héritage de cette période-là, de ce malheureux esprit de Soixante-huit contre lequel on ne peut rien, toujours il revient, et quand tu n’étais pas tout à gauche, en ce temps-là, tu n’étais qu’un facho, je suis bien placé pour le savoir.

Il était bien plus raisonnable que ça, Firmin, il allait redresser la France et on avait juste besoin de se ressourcer, ma chérie, de repartir à rebours, juste après le traité de Versailles, quand l'Allemagne paiera, juste avant la Crise de 1929, juste avant le Jeudi noir et juste au temps des capitaux flottants, surtout… D’autant plus que si l’on pouvait en rafler quelques-uns au passage, de capitaux flottants, ça m’arrangerait.

 

(1) J'ai beau pousser à fond (la caisse) la logique participative, j'ai du mal à répondre à la fois à ceux qui me disent qu'il faudrait découper un max, vu que l'attention des lecteurs de billets est de 3 min. 30, et à ceux qui souhaiteraient un résumé des épisodes précédents, étant donné qu'ils sont paumés dans cette profusion d'épisodes tronçonnés. J'ai opté pour un compromis et, à la fin, il y aura une intégrale de la Saison 2, avec tous les nouveaux morceaux. Donc, inutile de vous précipiter.

(2) Cf. Le Volet, Francis Ponge, Pièces Référence récurrente et incompréhensible, tant que je n'ai pas publié le troisième volet (!) de ma trilogie Gare du Nord : https://blogs.mediapart.fr/emma-rougegorge/blog/100418/gare-du-nord

∗Avertissement aux lecteurs : La plus grande partie de ce roman-feuilleton, a été écrite fin 2016, tout début 2017. Toute ressemblance avec des faits réels peut se concevoir mais, en tout état de cause, au moment où ce fut rédigé, l'auteur.e ne connaissait pas la fin de l'histoire.

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