Jean-Vincent, François, Paul et les autres

Voilà qui commence à m'énerver, tout de même, cette désacralisation continue de la classe politique et sa descente aux enfers !

Bon, d'accord, vous me direz, tout le monde s'est déjà bituré un jour, que ce soit à la Kro ou à autre chose.

Mais quand même, c'est bien l'inconscient qui parle, ou alors vous ne pensez pas ?

Qu'un type, même pas à jeun, fasse de la retape à la fille, qu'il se cogne le vigile, qu'il insulte le lumpen-prolétariat en arguant de sa tocardise, puis qu'il se drape dans sa grandeur sénatoriale (déchue) en ajoutant quelques formules racistes... et tout cela dans un bar du VIe arrondissement, moi, j'avoue que ça m'en bouche un coin et pas qu'un peu.

Aurait-il, ce malheureux, vaillamment démoli le portrait du vigile pour sauver la fille des griffes d'un malfrat, roulé dans la farine tous les bandits de grand chemin, écarté d'un revers de main les importuns et les xénophobes, que même vautré dans la fange, à vomir ses dégueulis sur le pavé en éructant liberté, égalité, fraternité, je lui aurais pardonné.

Tandis que là, je me dis que c'est sordide au carré, même pas désopilant et juste désolant.

Parce qu'après le coin bouché, viennent les réminiscences...

Tu fus mon ministre, Jean-Vincent, le ministre de la France... Avec autorité sur moi. Bon, d'accord, on ne se souvient plus bien de quoi tu le fus, ministre, tu n'as pas fait grand-chose et j'ai dû aller faire un tour sur Wikipédia pour m'en assurer, mais rappelle-toi : c'était à la réforme de l’État ! Alors, là !

Alors là, c'est là que les fonctionnaires, petits, grands ou moyens, commencent à se dire...

Et bien, oui, ils commencent à se dire qu'on les prend pour des tocards. Des grands, des petits et des moyens tocards.

Si encore ils pouvaient penser que ce n'est qu'un épiphénomène, un accident de parcours ou un cas isolé, mais non... De plus en plus, ils se disent que c'est une forme d'imprégnation bien culturelle, ce mépris des autres. On peut dire que cela n'a rien à voir, mais entre les premiers de cordée, les costards qu'il faudrait pouvoir se payer et le souvenir des cons qui nous les cassent (les burnes) le climat est devenu délétère, absolument, parce que la lutte des classes est devenue la lutte des castes (toi, pauvre con) et que cela commence à bien faire.

Et ne venez pas me raconter que François, Paul et les autres ont fait pire sous la Ve, la IIIe ou la IVe République ! Je m'en fous, c'est juste pour dire qu'il est vraiment temps de changer !

(Kro c'est trop.)

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