Qui imagine Malraux en boîte de nuit ?

Au-delà du caractère anecdotique de la petite histoire...

On peut toujours dire qu'il s'agit d'un ressenti. On peut arguer que les hommes politiques "ont bien le droit de décompresser", comme les autres, et de faire du ski ou d'aller s'éclater en boîte de nuit le week-end. Qu'il pleuve, qu'il vente ou que les Champs-Élysées soient mis à sac pendant ce temps, ce qui semble-t-il était prévisible, est sans doute plus contestable. On peut en faire des gorges chaudes ou argumenter à l'infini...

Il n'empêche que le résultat est désastreux, parce qu'il pointe l'évidence de la superficialité, celle qui affleurait déjà sous le vernis des marcheurs, plus en route vers la reconnaissance et la célébrité que vers le service de l'État. Avec un bagage assez maigre mais avec l'étiquette magique de "la société civile" qui allait nous en montrer et nous en remontrer, de ce nouveau monde parvenu aux affaires.

Parvenus, aux affaires... c'est bien ça.

Que la compétence ne soit plus, depuis un moment déjà, le critère de la désignation des ministres, qui peuvent sans complexe valser de gauche à droite et d'un portefeuille à l'autre, censés tout savoir faire, tandis que le vulgum pecus est sommé de mettre en avant son CV, de faire ses preuves et de rendre des comptes sous forme d'évaluations et de remises en cause permanentes, on le savait déjà.

Qu'il suffise, comme dans le cas Benalla, d'avoir rendu quelques services pour accéder aux plus hauts grades ou fonctions de la République, c'était déjà renversant.

Mais que soit venu le temps des kékés de Marseille, alors là, je n'ai plus de mots !

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