Mondzain-Rancière : pourquoi éduquer à l'image.

J'ai assuré vendredi 13 juin dernier la modération d'un débat organisé par Périphérie, association dédiée à la pratique et à la transmission du cinéma documentaire, et se tenant dans le cadre de la 23e édition du Festival Côté Court à Pantin. Intitulé « Education à l'image : pourquoi faire ? », celui-ci réunissait deux philosophes, Marie-José Mondzain et Jacques Rancière.

J'ai assuré vendredi 13 juin dernier la modération d'un débat organisé par Périphérie, association dédiée à la pratique et à la transmission du cinéma documentaire, et se tenant dans le cadre de la 23e édition du Festival Côté Court à Pantin. Intitulé « Education à l'image : pourquoi faire ? », celui-ci réunissait deux philosophes, Marie-José Mondzain et Jacques Rancière.

Directrice de recherche au CNRS, Marie-José Mondzain a consacré plusieurs ouvrages aux origines et à l'histoire de l'image. Dans un livre paru en 2008, Qu'est-ce que tu vois ? (Gallimard Jeunesse), elle relate son expérience de vision et de partage des images avec des élèves et des classes rencontrés dans toute la France. Professeur émérite à l'Université de Paris VIII, Jacques Rancière est – notamment – l'auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma, ainsi que de Le Maître ignorant – Cinq leçons sur l'émancipation intellectuelle, paru en 1987 et consacré à l'enseignement de Joseph Jacotot, mais dont l'influence n'a cessé de croître avec les années.

Le débat (dont l'essentiel peut être regardé dans les vidéos ci-dessous) eut plusieurs temps. Mondzain et Rancière ont d'abord raconté comment eut lieu leur propre éducation à l'image en général et au cinéma en particulier. Ils ont ensuite évoqué leur expérience respective d'« éducateurs ». Puis la conversation a roulé sur la place de l'image aujourd'hui, sur le statut du mot « éducation » dans l'expression « éducation à l'image » et sur la nécessité d'en trouver un autre, fût-ce simplement parce que l'image étant quelque chose que chacun connaît voire pratique, vouloir y éduquer pourrait tenir du contre-sens, ou de l'erreur de méthode.

Plusieurs extraits de films ont été projetés au cours de l'après-midi. Les premières minutes de L'Esprit de la ruche (1973) de Victor Erice, où l'on voit un cinéma ambulant arriver dans un village espagnol pour une projection du Frankenstein (1931) de James Whale, ont ouvert le débat. A cause de leur admiration pour le film, de la place qu'y tient le cinéma – y compris comme mauvais objet, objet dangereux… – et du scénario d'ensemble, où l'émancipation a sa place, Mondzain et Rancière se sont souvent référés, par la suite, au chef d'œuvre d'Erice. Riches, les échanges se sont clos par des questions venues de la salle.

Un grand merci à Béatrice Guyot, Julien Pornet et Philippe Troyon pour la préparation du débat et la captation de ces vidéos.

1- Introduction

(1/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

 2- Philosophie et image

(2/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

3- L'émancipation

(3/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

4- Dire ce qu'on voit

(4/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

5- Le renversement

(5/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

6- Voir et croire

(6/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

7- Extraits des questions de la salle

(7/7) Marie-José Mondzain et Jacques Rancière : Education à l'image, pour quoi faire ? © Mediapart

 

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