LA PANNE D'EAU À THESSALONIQUE RÉSULTAT DE DÉTÉRIORATION DÉLIBÉRÉE DU SERVICE PUBLIC

Une coupure d'eau de 5 jours touchant une ville de 1,5 millions apparaît de France vision apocalyptique d'un monde lointain. Mais c’est juste le résultat de politiques de marchandisation et détérioration conséquente des services publics dictées par l'Union Européenne. Restons sensibilisés, à l'heure où la lutte des cheminot-e-s et des autres salarié-e-s pourrait faire barrage à la politique Macron

Thessalonique a soif d'eau et de justice sociale! Thessalonique a soif d'eau et de justice sociale!

Au moment où nous publions la traduction de ce communiqué le procureur de Thessalonique s'est déjà saisi de l'affaire et l'alimentation en eau se rétablit dans les quartiers touchés. L’affaire n’est cependant pas terminée car ses causes sont toujours agissantes. Suez, dont le patron Jean-Louis Chaussade accompagnait Emmanuel Macron, lors de sa dernière visite officielle en Grèce, continue à convoiter le marché de l’eau de Thessalonique.  L'intérêt de cet épisode reste toujours d’actualité.

 

Source: https://rproject.gr/article/i-vlavi-stin-eyath-synepeia-tis-apaxiosis-tis-na-apodothoyn-oi-eythynes-politikes-kai

Communiqué d'Unité Populaire, section de Thessalonique, 1ère circo :

La panne prolongée du réseau d'eau à Thessalonique est le résultat d'une détérioration délibérée de la situation de la Compagnie des Eaux (EYATH). Les responsabilités politiques et juridiques doivent être attribuées aux fautifs.

Le 01/04/2018

Les cinq jours - comptés aujourd'hui - de coupure d'eau à Thessalonique, en raison de la panne de la principale conduite d'alimentation du réseau, en provenance d'Aravissos ( panne déclarée le jour du fiasco du Congrès sur le développement régional), marquent de manière fracassante, les conséquences dévastatrices des politiques des mémorandums et de privatisation, mises en œuvre par tous les gouvernements grecs successifs : Nouvelle Démocratie, PASOK, SYRIZA-ANEL.

Depuis que le gouvernement PASOK a introduit la Compagnie des Eaux et d'assainissement de Thessalonique (EYATH) à la Bourse d'Athènes, sa privatisation a été mise en route, et elle aurait déjà été achevée s'il n'y avait pas eu un grand mouvement populaire dans la ville de Thessalonique s'y opposant, ainsi qu'un référendum citoyen local rejetant, en 2014 le projet à une majorité écrasante. Ces actions ont réussi à ce jour d'arrêter le processus de vente de la Compagnie des Eaux (EYATH).

Les salarié-e-s d'EYATH luttent à Thessalonique pour leurs emplois et la défense du service public de l'eau Les salarié-e-s d'EYATH luttent à Thessalonique pour leurs emplois et la défense du service public de l'eau

Cependant, la marche vers la privatisation a eu pour conséquences, comme de coutume dans le néolibéralisme, des investissements minimes et la réduction accélérée du personnel de la Compagnie. À cela se sont rajoutées les politiques des mémorandums réduisant les budgets des ministères en charge du service, de sorte que le réseau d'eau potable et le réseau des égouts, ne soient pas rénovés depuis 1970 avec toutes les conséquences imaginables sur la salubrité de l'eau  et l'approvisionnement de la ville en eau de qualité et quantité acceptables. Une telle situation est davantage choquante, lorsqu'il est connu qu'EYATH SA a enregistré un bénéfice avant impôts de 24,9 millions d'euros en 2017 contre 21,77 millions d'euros l'année précédente, soit une augmentation de 14,52% et des réserves de trésorerie de 65,2 millions d'euros, augmentées de 15%!

Le gouvernement refuse donc d'investir et de rénover un réseau problématique et dangereux, il licencie les salarié-e-s contractuel-le-s pour livrer au futur investisseur une entreprise aux profits amplifiés, aux fonds de trésorerie augmentés, usant de la même stratégie appliquée à l'Organisme du port de Thessalonique.

Lors du référendum citoyen de 2014, plus de 93% des participants ont rejeté la privatisation du Srvice de l'eau de Thessalonique Lors du référendum citoyen de 2014, plus de 93% des participants ont rejeté la privatisation du Srvice de l'eau de Thessalonique

Les  responsabilités de la précédente administration d'EYATH, comme de l'actuelle, ainsi que des ministres en charge du dossier sont énormes  car leur choix ont conduit une grande partie d'une ville très peuplée à la pénurie d'eau, engendrant des risques graves pour la santé publique, le chute de l'activité économique déjà en souffrance avant cela, l'augmentation des coûts pour le nettoyage et pour la consommation d'eau potable. Ces responsabilités doivent être attribuées aux fautifs, aussi bien sur le plan politique que sur le plan juridique. Ce dernier aspect relève  de l'intervention directe du procureur. D'autant plus qu'un épisode similaire est susceptible de se reproduire, car la rénovation du réseau n'est pas prévue dans un proche avenir.

La réunion « urgente » organisée par la directrice du cabinet du Premier Ministre le cinquième (!!!) jour de la coupure d'eau, sa visite à la station de pompage de Dendropotamos pour s’assurer de la pureté de l'eau au cinquième (!!) jour de la coupure, les déclarations anodines de la ministre en charge Mme Kollias à la sortie de cette réunion, prétendant  qu’une solution du problème serait en route, ne font que susciter de l’exaspération chez nos concitoyen-ne-s déjà fatigué-e-s qui, au-delà de l’incurie à l'égard de ce service public, de l’évitement des responsabilités découlant de politiques coupables, entendent de l’ironie à leur encontre de la part des dirigeants.

Unité Populaire exige du gouvernement et de l'administration d’EYATH l’arrêt de tout processus de vente du service. Elle déclare qu'elle continuera sans relâche sa lutte pour que l'eau, bien social, ne soit pas privatisée. Pour que la Compagnie des Eaux et d'assainissement de Thessalonique (EYATH) reste un service public, pour sa reconstruction et sa gestion sociale, dans l’intérêt des habitants de la ville, avec la protection du travail et l’amélioration de ses conditions.

La reconstruction démocratique de l'administration publique mais aussi de tous les services publics est nécessaire, rejetant les  pratiques clientélistes, pour qu’ils puissent répondre efficacement aux besoins de la société et de la reconstruction de l'économie, au service de la qualité et non du profit.

Macron, je ne veux pas que tu boives à ma santé Macron, je ne veux pas que tu boives à ma santé

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