Et maintenant, régularisez les!

Jeudi 15 octobre, de nombreux lycées du département de Seine-Saint-Denis organisaient des rassemblement pour dénoncer la situation des lycéens qui ne parviennent pas, malgré leurs efforts, à obtenir un rendez-vous à la préfecture pour déposer leur dossier de régularisation.

Ils et elles sont plusieurs centaines dans le département de Seine-Saint-Denis. 

Arrivé.e.s et scolarisé.e.s depuis plusieurs années en France, ces jeunes ne ménagent pas leurs efforts pour construire un parcours de réussite exemplaire. Certain.e.s sont en CAP, d'autres en Bac Pro en Bac général et technologique. Tous et toutes se projettent, après le lycée, dans des formations exigeantes : apprentissage en menuiserie ou en maçonnerie, formation en alternance, école d'informatique... 

C'est évident pour tout le monde autour d'eux, leur parcours se construit en France, leur vie est en France et leur avenir aussi. 

Alors le jour de leurs 18 ans, comme la loi les y obligent, ils préparent un dossier pour obtenir un titre de séjour. Sauf que ce dossier... ils ne peuvent jamais le déposer. 

La seule voie possible est de prendre rendez-vous sur le site de la préfecture de Bobigny qui, systématiquement, indique qu'il n'y a pas de places disponibles. Certain.e.s ont entamé des démarche l'année dernière et n'ont toujours pas réussi à être reçus. 

D'un seul coup, tout s'arrête. 

Sans possibilité de déposer son dossier, pas de titre de séjour, pas d'autorisation de travail, pas d'alternance ni d'apprentissage possible. Ils et elles sont déjà des dizaines à avoir du renoncer à commencer une formation qui les avait pourtant acceptée sur dossier. L'inactivité forcée à la place d'une poursuite d'étude, voilà ce que l'État propose à ces jeunes. 

Nous n'en pouvons plus de leur expliquer qu'ils doivent renoncer à tout et qu'ils n'y sont pour rien.

Nous n'en pouvons plus de regarder leur parcours, dans lequel nous avons investi tant d'efforts, stoppé brutalement parce que le nombre de rendez-vous proposé par la préfecture est trop faible.

Nous n'en pouvons plus de les laisser partir vers l'inconnu, la peur au ventre de devoir quitter la France et tout ce qu'ils ont construit ici, alors que leur place est en classe, dans un amphithéatre ou dans un atelier. 

C'est ce que nous avons crié devant plusieurs lyceés de Seine Saint Denis ce jeudi 15 octobre. Le silence de la préfecture, mais aussi celui du rectorat devant la détresse de la communauté éducative est devenu insupportable. Depuis le début du mouvement initié en juin dernier, le nombre de collègues qui nous rejoignent ne cesse d'augmenter. Et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'auront pas l'assurance que chacun.e de nos élève aura la possibilité de continuer ce qu'il a commencé avec nous : construire son avenir en France, en faisant du mieux qu'il peut. 

Les photos des rassemblements sont disponibles ici : https://blogs.mediapart.fr/87508/blog/151020/monsieur-le-recteur-nabandonnez-pas-nos-eleves

Rassemblement du jeudi 15 octobre devant le lycée Charles De Gaulle à Rosny Sous Bois © J.M. Delarbre Rassemblement du jeudi 15 octobre devant le lycée Charles De Gaulle à Rosny Sous Bois © J.M. Delarbre

 

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