Scandales et coups tordus français des 4, 5 et 6 janvier

Liste non exhaustive

4 JANVIER

4 janvier 1794 : Massacre d'au moins 3000 prisonniers Vendéens de Noirmoutier. Le général Haxo obéit aux ordres de Carrier, qui écrivait le 11 décembre 1793: « il est bon que vous sachiez que ce sont les femmes, qui, avec les prêtres, ont soutenu et fomenté la guerre de la Vendée ».

4 janvier 1960 : Création du SAC, au 5, rue de Solférino dans un immeuble qui avait abrité le siège du RPF et le bureau du général de Gaulle. Le Service Action Civique est une police parallèle gaulliste créée par Charles Pasqua, Etienne Léandri et Alexandre Sanguinetti, et impliquée dans de nombreuses affaires de meurtres, d'escroqueries et de trafics de drogues. Le premier chef en titre est Pierre Debizet, mais il est vite remplacé, après l’épisode des barricades des pro-Algérie française, par Paul Comiti, un des 4 gardes du corps historiques du Général... Mais Foccart n’est jamais loin.

 

5 JANVIER

5 janvier 1676 : Au détour d'une lettre, la Marquise de Sévigné témoigne de la répression arbitraire de la révolte du papier timbré. « Pour nos soldats, ils s’amusent à voler ; ils mirent l’autre jour un petit enfant à la broche ». L’année précédente, de Bordeaux à Saint-Malo, les petits gens s’étaient révoltés contre la pression fiscale servant à financer la guerre de Louis XIV en Hollande. A cette occasion, les Bretons avaient rassemblé leurs revendications dans les codes bretons. Ils revendiquent une meilleure justice, la limitation des taxes (seule la taxe sur le vin est acceptée), y compris des prélèvements du clergé, et l’utilisation des rentrées fiscales à des fins redistributives, la limitation de la chasse (à courre) et l’interdiction des pigeonniers (signe de richesse, les pigeons mangent les céréales… nourriture de base des paysans)

5 janvier 1850 : « la destruction du repaire des habitants de Nara, dans la vallée de l’oued Abdi, aux gorges de l’Aourès, près de Batna, frappait de terreur les populations turbulentes de la province, qui le 10 avril, en la personne des Maadid, osent attaquer le commandant de Sétif qui marchait contre eux » écrit le savant et diplomate Victor Bérard

5 janvier 1973 : Confirmation de l'ordonnance de non-lieu par la Cour de Cassation dans l'affaire Jean-Pierre Thévenin, ouvrier-soudeur mort à 24 ans au commissariat de Chambéry. Arrêté en état d'ébriété, il se serait suicidé. Les parents n'y croient pas. En février 1971, le livre Les Dossiers noirs de la police française de Denis Langlois consacre 32 pages à cette affaire. Le Ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin, porte plainte pour « diffamation envers la police » contre l'auteur et son éditeur, qui seront relaxés pour le récit de l'affaire Thévenin.

 

6 JANVIER

6 janvier 1970 : « Dans une même nuit d’hiver, le 6 janvier, cinq travailleurs africains sont morts assassinés par le patronat français » écrit Jean Genêt dans « Procès d’un militant. FRANCAIS, ENCORE UN EFFORT ! »

6-janvier-1970

 

6 janvier 1981 : Annonce de la fusion du Tchad et de la Libye. La réaction française est coupable.

Giscard et les pays clefs de la Françafrique, l’Egypte, le Soudan et les Etats-Unis vont s’opposer à cette décision en soutenant le mouvement armé de Hissène Habré. Le président tchadien Goukouni Oueddei avait déjà obtenu l’aide de Kadhafi contre ce mouvement. La France soutient la rébellion, qui se réorganise au Darfour, à la frontière avec le Soudan. Khartoum et le Caire aident aussi Habré. A l’arrivée de Mitterand au pouvoir, la France soutient désormais officiellement le pouvoir légal de Oueddei, mais les services spéciaux continuent d’aider Habré. Le célèbre barbouze Bob Denard est même dépêché. Habré prendra la pouvoir en 1982. Il ne garde le pouvoir que 8 ans. Il fut condamné à la prison à perpétuité en appel 2017, pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture.

https://www.hrw.org/fr/report/2016/06/28/allie-de-la-france-condamne-par-lafrique/les-relations-entre-la-france-et-le#_ftn4

 

6 janvier 1997 : les bombardements en représailles à la mort de 2 soldats français tuent vingt et un rebelles et onze civils, selon un porte-parole des opposants armés au régime du président Ange-Félix Patassé. L'opération Almandin II visait à restaurer la stabilité de la République Centrafricaine ainsi quʼà protéger et évacuer les ressortissants français et étrangers menacés. Le président Ange-Félix Patassé, avait déjà été « sauvé » deux fois par Paris, en avril et en juin.

Un témoin (@ShoniFab666 sur Twitter) nous raconte :

« Pour les autorités françaises la 3ème mutinerie était celle de trop, donc l'armée française cherchait à tout prix mettre fin à cette énième mutinerie. Quant au nombre morts, on a aucune idée, aucune données là-dessus. Ce qui est certain c'est que les bombardements de représailles ont duré toute la nuit du 6 au 7 janvier, et on habitait juste à côté du camp Béal, le camp des EFAO et de ce camp des tirs au canon longue portée étaient effectués,tout le quartier tremblait. Mais en complément de ces tirs il y avait les hélicos (pumas) et les avions rafales qui bombardaient les quartiers rebelles, j'ajoute aussi que certaines positions reprises aux rebelles le furent par la ruse et non suite à des combats. Ruse consistant à endormir les rebelles par le biais des "repas" qui leur étaient "offerts" quelques heures avant le déclenchement des opérations (les rebelles gardaient le port pétrolier avec plusieurs bouteilles de gaz qu'ils menaçaient de faire sauter en cas d'attaque française).

En tout cas beaucoup s'étaient réveillés prisonniers (bien longtemps après l'opération française) surtout ceux du port pétrolier (propriété de Bolloré), alors qu'ils étaient déterminés à tout faire sauter en cas d'attaque, ce qui aurait détruit la moitié de la ville. Malheureusement il n'y aura aucune information là-dessus, parmi les mutins j'ai de la famille et beaucoup tenaient certains points de la ville le jour de l'opération. Il n'y a pas eu de victimes parmi les mutins qui tenaient le port pétrolier, mais pour les autres oui. En fait les mutins ont commis l'erreur de sympathiser quelques jours plutôt avec les soldats français qui voulaient intervenir mais ne savaient pas combien ils étaient, ils ont accepté les cigarettes et repas que leur offraient les soldats français en ignorant que c'était pour savoir à peu près combien ils étaient. »

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