Scandales et crimes d'Etat du 10 au 13 janvier

10 JANVIER

10 janvier 1809 : nouveau bombardement français de Saragosse, après l’échec du premier siège (juin-août 1808). Les Espagnols se rendront après deux mois de résistance acharnée.

10 janvier 1870 : Victor Noir, journaliste âgé de 21 ans, est tué par le prince Pierre Bonaparte (neveu de l’empereur), dans une querelle de presse. Les obsèques sont suivies par 100 à 200 000 personnes en colère. L’insurrection était toute proche. Arrêté le soir même, Pierre Bonaparte est rapidement acquitté (l’empereur s’implique dans l’histoire mais Pierre est condamné par la Haute Cour à verser des dommages-intérêts aux parents du défunt). Les journalistes de La Marseillaise Henri Rochefort, Olivier Pain, Wilfrid de Fonvielle et Paschal Grousset, eux sont condamnés pour outrage envers l'Empereur durant le procès et emprisonnés à la prison Sainte-Pélagie.

10 janvier 1960 : Si Salah (colonel de ALN – Armée de Libération Nationale algérienne) se rend à l'Elysée pour négocier un cessez-le-feu. De Gaulle le trahit en le faisant exécuter l'année suivante.

10 janvier 2020 : manif anticoloniale à Bamako

france-degage

 

11 JANVIER

11 janvier 1850 : décret présidentiel de Louis-Napoléon Bonaparte créant une colonie de Mahonais (émigrants de l'île de Minorque) à 18 kilomètres d'Alger.

11 janvier 1923 : occupation de la Ruhr, base de la puissance industrielle allemande. Une vague d’indignation secoue alors le Reich vaincu. Le chancelier allemand Wilhelm Cuno proteste et appelle ses concitoyens à la « résistance passive » face à l’occupation. Mais les Français ripostent en faisant tirer sur des grévistes et en instaurant une barrière douanière entre la Ruhr et le reste de l’Allemagne. En France, plusieurs leaders communistes opposés à l'humiliation de l'Allemagne sont inculpés pour « attentat contre la sureté extérieure et intérieure

11 janvier 1944 : publication du manifeste de l’Istiqlal, parti indépendantiste marocain, avec le soutien du sultan Mohammed Ben Youssef. Le « régime d’administration directe et d’arbitraire » est dénoncé. Le résident Gabriel Puaux voit rouge et met une grosse pression sur le sultan, déclenchant des émeutes.

11 janvier 1951 : mort de l’amiral Jean-Pierre Esteva, à 70 ans. Premier jugé par la Haute Cour à la Libération... De Gaulle lui avait proposé de prendre la tête de la Résistance, il finit déchu de tous ses titres et condamné à la prison à vie (gracié peu avant sa mort). Comme Résident général à Tunis, il avait ouvrit sans combat la Tunisie aux forces de l'Axe. Il fut le 1er condamné (à la prison à perpétuité) par la Haute Cour à la Libération pour fait de trahison.

11 janvier 2011 : à l'Assemblée Nationale, trois jours avant la chute de Ben Ali et alors que la Tunise s'embrase, Michèle Alliot-Marie réagit en proposant que « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type »

11 janvier 2012 : à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Abdel 25 ans meurt « d’une crise cardiaque » lors d’un contrôle.

11 janvier 2013 : au Mali, la France lance l'opération Serval, pour "sauver" Bamako des djihadistes, en violation de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les groupes armées djihadistes et touaregs sont à 1000km de la capitale ; ils menacent de prendre l'aéroport et le QG de l'armée malienne à Sévaré. La lettre de demande d'intervention du président par intérim Traoré à la France est une demande française.

 

12 JANVIER

12-janvier-1794

12 janvier 1794 : première des 9 fusillades de prisonniers Vendéens à Avrillé, près d’Angers. Il y aura 9 fusillades, la dernière le 16 avril. En tout, 863 noms ont été identifiés, mais il y eût probablement 2 ou 3000 exécutés, après un jugement sommaire.

12 janvier 1864, Sénégal : Après la défaite des Français et de leur vassal Madiodio à Ngolgol, le colonel Faidherbe charge Pinet-Laprade de débusquer les Tiédos (guerriers) de Lat Dior. La bataille à lieu près de Loro, ou l'armée de Lat Dior (4000 ho.) est disposée sur un mamelon. Français et alliés (3000 ho.), grâce à la portée de tir de leurs armes, font des ravages dans l'armée de Lat Dior. Madiodio Déguène Codou est réinstallé au pouvoir. Avec lui, les Français annexent le Cayor en 1865. Accusé de "piraterie", Madiodio est vite éjecté. Le Cayor sera divisé en cantons placés sous l’autorité de chefs nommés par le gouverneur.

12 janvier 1985 : Assassinat des militants indépendantiste kanaks Eloi Machoro et Marcel Nonnaro par le GIGN. Le Haut-Commissaire de la République de l’époque Edgard Pisani dira que l’ordre était de « neutraliser » et non pas de « tuer ». D’après un gendarme, Lahouari Bouhout, aucun coup de feu n’a été tiré par les Kanaks. Ce même gendarme affirmera plus tard que les ordres étaient précis « la gendarmerie devait tuer trois hommes. On nous a demandé de tenir secret et de dire que c’était un accident. » La troisième cible serait François Burck d’après les indépendantistes. Les camarades de Machoro racontent que les gendarmes auraient fait feu avec les armes des indépendantistes après les avoir abattus pour simuler une fusillade, et auraient frappé les survivants pour les obliger à signer des témoignages en ce sens (ce qu’ils ont refusé de faire). L’État d'urgence est décrété selon Pisani afin de créer un choc qui stoppe l'insurrection kanak et désolidarise les caldoches de la police.

https://survie.org/billets-d-afrique/2018/273-decembre-2017-janvier-2018/article/12-janvier-1985-assassinat-de-machoro-et-etat-d-urgence-en-kanaky

12 janvier 1994 : dévaluation de 50 % du FCFA. Cette décision imposée par Paris pour plaire au FMI et à la Banque Mondiale relança le débat sur la souveraineté des 15 pays africains liés à la Banque de France. Le Franc comorien est dévalué de 33 %. Trois dirigeants hostiles à la dévaluation seront sanctionnés. Le président Comorien Djohar, officiellement sous protection française, subira un coup d'état de l'équipe sous-équipée du mercenaire finissant Bob Denard... Le nigérien Mahamane Ousmane, remplacé par un laquais... le putschiste Ibrahim Baïré Maïnassara appliquera la doctrine austéritaire avec zèle et rendra hommage à Chirac et Foccart. En 1994-1995, il effectue un stage au collège interarmées de défense à Paris avant d'être nommé colonel en janvier 1995 puis de prendre le pouvoir en janvier 1996. Il est tué le 9 avril 1999 lors d’un coup d'État orchestré par les éléments de sa garde personnelle. Enfin, le centrafricain Patassé fut aussi déstabilisé par la chute des recettes, le mettant à la merci des rallonges budgétaires françaises pour payer ses soldats... Déstabilisé par les mutineries, il dut ravaler ses sentiments nationalistes pour prolonger pouvoir. En résumé, écrit Nicolas Agbohou : « La perte de valeur du F CFA est un succès pour les dirigeants du Nord, mais un succès cynique parce qu’elle contribue à accroître le taux de mortalité et à diminuer par conséquent la population africaine tant redoutée. » Pascal Airault note : « Et puis, Paris s’est aussi assis sur ses promesses initiales. L’équipe économique de la BCEAO, du temps du projet, avait travaillé au rattachement du FCFA à un panier de monnaie. » https://www.lopinion.fr/edition/international/12-janvier-1994-mitterrand-balladur-imposent-devaluation-franc-cfa-57999

12 janvier 1997 : mort de l'écrivain Jean-Edern Hallier, officiellement d'une crise cardiaque en faisant du vélo. Dominique Lacout, avec qui il passait le week-end, n'a pas pu voir le corps du fondateur de l’Idiot international. Corps emmené aussitôt à Paris. Pas d'autopsie...

12 janvier 2019 : Olivier Beziade, manifestant équipé d’un simple gilet fluo, était touché à la tête par un tireur au LBD. Il était de dos et s'éloignait des policiers. Il fait une hémorragie cérébrale et doit être plongé dans le coma artificiel.

 

13 JANVIER

13 janvier 1899 : Voulet et Chanoine font brûler Sansanné-Haoussa (10 000hbts) "le lendemain, pour avoir blessé un spahi, le village de Karma fut passé au sabre.". Ils seront arrêtés par Paris, pas tant pour les atrocités que pour leur projet de se tailler un empire personnel.

13 janvier 1942 : mort de André Matswa, en prison. Il est une « figure légendaire de la contestation coloniale française » (Philippe Moukoko) et une figure marquante du Congo Brazzaville. Il créa l’Amicale (Association des Originaires de l’AEF) dans l’Hexagone. Envoya une critique du code de l’indigénat au Président du Conseil Raymond Poincaré en 1928. Son association fut interdite en 1929. Il fut souvent condamné et contraint à la clandestinité. Il fut condamné à perpétuité le 8 février 1941.

13 janvier 1963 : coup d’État et assassinat du président togolais Sylvanus Olympio, traqué jusqu'à l'ambassade américaine… Il menait une politique indépendantiste, notamment sur le plan monétaire, qui plaisait peu à la France.

13 janvier 1967 : le sergent Etienne Gnassingbé Eyadema, qui a déjà participé au coup d’État contre Olympio, renverse et remplace Nicolas Grunitzky à la tête du Togo. Grunitzky meurt dans un accident de la route à Paris deux ans plus tard.

13 janvier 1973 : un mois après l'assassinat du Mossad en France du représentant de l'OLP Mahmoud Hamchari, F.Mitterand, chef du PS reçoit Golda Meir, Premier Ministre israélien travailliste lors de la Conférence des leaders de l'Internationale à Paris. Une manifestation réunie 300 personnes.

13 janvier 2020 : le préfet de Martinique Franck Robine empêche le public d'accéder au procès des sept participants au blocage des supermarchés du Groupe Bernard Hayot afin de réclamer que ceux qui ont importé et utilisé le chlordécone dans les plantations de bananes de 1972 à 1993 soient désignés et jugés.

13-janvier-2020

13 janvier 2020 : un arrêté classe l'hydroxychloroquine sur la liste II des substances vénéneuses... Affaire à suivre...

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