Sur Moix, Soral, Nabe, Zemmour… et aussi Valls !

Jamais lu Moix, ce n'est pas une fierté : peut-être a-t-il du talent à l'écrit…

Ce qui me fait sourire, ce sont ces journalistes qui semblent découvrir, ce que tout Français suivant un peu les réseaux sociaux savait : il a été proche de gens d'extrême-droite. Je savais seulement qu'il avait préfacé Blanrue, et découvre ses autres fréquentations : Soral, Nabe… que je n'ai jamais lus non plus, hélas. Hélas, car j'aimerais trouver leurs livres dans les bibliothèques, pour me faire une idée de leur prose sans avoir à dépenser un kopeck.

Je trouve ça bien que Moix soit dans toutes les médiathèques. J'espère qu'on ne mettra pas ses livres au pilon, mais je pense qu'on lui pardonnera : sa résipiscence semble toucher ses nouveaux amis du show-biz. Moix a seulement fait parler de lui un peu plus que ce qu'il n'espérait… c'est le risque quand on veut vendre du livre.

Je découvre à l'occasion que Nabe édite désormais des livres de photographies en noir et blanc de sa bite. Voilà à quoi on est contraint quant le système médiatique nous a lâché. Zemmour n'en a pas eu besoin jusque-là, l'islamophobie étant une maladie assez courante dans les médias. J'ai lu deux livres de lui, il y a dix ans. Je sais maintenant que c'est aussi mal écrit que stupide.

J'ai beaucoup regardé de vidéos de Soral à la même époque, notamment avant de l'interviewer. Hors antenne, j'avais essayé de discuter son racialisme… Je sais maintenant que c'est un type agressif, ne souffrant pas la contradiction. J'avais joué une minute à faire tourner mon doigt sur le verre à vin, et il m'a calmé en le saisissant brutalement. Lui avait demandé de l'eau au bar. Mon ami et co-intervieweur dit qu'il avait un comportement d'ancien toxico. Je crois me souvenir qu'il y avait encore des livres de lui à la BU de Brest, mais je ne les avais pas empruntés, hélas… Maintenant il n'y sont plus, d'après le catalogue en ligne… Mais il y en a à Rennes ! Peut-être lirai-je un jour Comprendre l'empire, à la BU, sans pouvoir rougir en l'empruntant, car je ne suis plus étudiant !

Le cas Moix me fait penser à celui de Valls. Valls n'a jamais versé dans l'antisémitisme, mais il était pro-palestinien avant de s'engager avec ferveur pour Israël. A Evry, en 2008, il plantait encore un olivier pour la paix… et parlait de ses amis gazaouis vivant une « situation infernale », critiquait « le mur de la honte », la colonisation, la théorie américaine du choc des civilisations...

Les questions sans réponse qui me viennent à l'esprit maintenant sont les suivantes. Ces gens sont-ils purement opportunistes ou ont-ils des convictions ? S'ils ont des convictions, c'est qu'ils ont connu, un moment donné, une sorte de conversion mystique. Alors ils devraient s'en expliquer. Ou bien sont-ils tenus par des puissants capables de les faire chanter ? Je préfère encore penser que ces starlettes, artistes ou politiciens, ne vivent que pour la lumière, et sont prêts à tout pour monétiser leurs lignes politiques et produits culturels. Tous savent capitaliser sur les haines, avec une constance remarquable pour les uns, et un retournement de veste spectaculaire pour les autres.

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