Emmanuelle Favier
Autrice, pigiste culture
Journaliste à Mediapart

31 Billets

1 Éditions

Billet de blog 24 août 2019

Emmanuelle Favier
Autrice, pigiste culture
Journaliste à Mediapart

Le festival Idéklic a célébré ses 30 ans

Du 10 au 13 juillet s'est tenue la 30e édition du festival de théâtre jeune public Idéklic, à Moirans-en-Montagne (Jura). Depuis qu'elle a repris la programmation en 2018, sa directrice Sylvie Martin-Lahmani a fait le pari d'une programmation toujours plus exigeante, dans un cadre qui demeure bon enfant et familial. Retour en images sur quatre jours foisonnants.

Emmanuelle Favier
Autrice, pigiste culture
Journaliste à Mediapart

Près de 20 000 spectateurs se sont réjouis, émus, étonnés au cours de ces quatre jours en assistant à des créations de haute tenue et en participant à divers ateliers artistiques, spécificité de ce festival devenu parmi les plus importants du genre.

« Mini », compagnie TPO.

La compagnie italienne TPO présente Mini. Sur scène, des figures géométriques suspendues figurent les éléments d’un mobile. Deux personnages-danseurs naissent de ces formes : l’un rond, l’autre pointu, l’un bleu, l’autre rouge. À travers l’opposition de leurs mouvements et caractères, ils se présentent, se rencontrent, se heurtent ; ils sont en même temps effrayés et attirés l’un par l’autre. Pour Mini, quinze très jeunes enfants, accompagnés chacun d’un adulte, participent à la représentation avec les deux artistes.

Le bal Pernette a fait danser les festivaliers.

Depuis plusieurs années, la compagnie Pernette invente des formes ludiques permettant à tous les publics d’approcher et d’apprécier les pièces chorégraphiques. Une désacralisation de la danse contemporaine, un vrai recul des peurs et un bel enthousiasme ! Ce bal, accessible aux grands comme aux plus jeunes, permet de vivre autrement sa relation de parents et d'enfants dans un joyeux renversement des rôles… et de vivre, deux heures durant, dans le jeu et le plaisir du mouvement.

« La Queue de Monsieur Kat », compagnie Mecanika/Paulo Duarte.

Dans cette adaptation visuelle et sonore d’un album haut en couleurs de l’auteur flamand Tjalling Houkema, trois interprètes jouent de concert et explorent leurs univers complémentaires. De la vidéo à la musique, des installations à la manipulation, la magie opère et le récit prend forme. Plusieurs personnages-oiseaux cheminent ainsi le long d’une curieuse ligne rouge et blanche. À la fin de cette ligne, un personnage se dévoile avec un sourire énigmatique : Monsieur Kat !

« Un soir chez Boris », Olivier Debelhoir & Pierre Deaux.

Boris, artiste de cirque, trappeur des banlieues, amoureux des ours et des chansons d’amour des années 80, est seul dans sa yourte et plein dans sa tête. Son ami Boris, c’est l’autre, dans sa tête, peut-être celui de la soirée disco, qui toque à la porte du chapiteau. La solitude que Boris se construit au milieu des spectateurs, se décline à travers différents tableaux de musique et reprises de chanson française, de logorrhée, de cirque et performance.

« Images flottantes », de Patrick Corillon, production Le Corridor.

La compagnie belge Le Corridor offre à voir deux spectacles dans le cadre du festival. Dans « Images flottantes », Patrick Corillon propose une heure de voyage dans le monde des images sans jamais nous en montrer une. Il raconte l’histoire d’un petit garçon transporté dans ce monde imaginaire. Il apprendra, grâce à un stage d’initiation à la peinture dans un musée d’Art moderne, à sortir de lui-même et en quelque sorte à sortir du cadre pour découvrir le monde. L’artiste prend le spectateur par la main et par le cœur, pour le sortir du monde des images imposées et lui donner tout pouvoir d’inventer lui-même de nouvelles histoires.

« L'Ombre du scarabée » de Patrick Corillon. © Raoul Lhermitte

« L’Ombre du scarabée », plongée au centre de l’imaginaire pur, nous emmène au pays des hommes-crocodiles avaleurs de sabres, des rats rongeurs de chaînes, des funambules aux serpents ou de l’enfant à la main qui voit. Patrick Corillon revisite les tours des bonimenteurs, fabulateurs et autres baratineurs de fêtes foraines. Se dévoile un monde d’illusions et de projections qui ne sont pas anodines : ce sont elles qui nous aident à construire les images de nos peurs les plus profondes, de nos sentiments les plus enfouis.

« Fil Fil », compagnie Jeanne Mordoj.

Deux acrobates et une fildefériste, inspirés par la gestuelle, l’espièglerie et l’irrévérence des jeunes enfants, se jouent des choses simples pour qu’elles deviennent aventureuses, absurdes, étonnantes, ludiques. Le fil de la funambule se met à valser ! Les T-shirts s’échangent et se partagent pour créer d’étonnantes chimères et chacun prend un malin plaisir à pousser le jeu et l’imagination tout en douceur.

« Compost », par Keep Company, avec Abby Neuberger et Luca Bernini.

« Compost », leçon de choses originale, pleine d’humour et de distance, invite à mieux regarder notre environnement. Ils sont deux, isolés, comme en état d’hibernation. Peu à peu, comme au sortir d’un long sommeil, ils se déploient au gré de l’énergie que leur dispense la lumière. Ils cherchent par leurs jeux acrobatiques à interagir avec le paysage. Mais un objet qui n’a rien de naturel surgit et bouleverse leur délicat équilibre.

« La rue sans tambour », compagnie À demi-mot.

Lucas chante à tout moment, chanter lui donne de la force et de la confiance. Mais dans sa ville, il y a une rue où il est interdit de faire de la musique, de chanter, où 130 enfants ont disparu : c’est la « rue Sans Tambour ». Dans le spectacle du même nom, la compagnie À demi-mot de Laurent Carudel revisite Le Joueur de flûte de Hamelin avec humour, tout en proposant une très belle initiation à la musique baroque.

« C/O », de Jorg Müller.

Jorg Müller, immergé dans un silo transparent, offre une danse aquatique virtuose à l’œil fasciné des enfants auxquels les projections d’eau arrachent des cris d'excitation, offrant à cette performance une singulière bande-son.

Florient Azoulay et Olivier Innocenti au café « Chez Fred ».

Florient Azoulay livre, dans une salle du musée du Jouet ou au café « Chez Fred », de truculents contes kalash du Pakistan, accompagné par le musicien Olivier Innocenti et son incroyable Eigenharp. Grâce aux retranscriptions de ces contes par les ethnologues Jean-Yves Loude et Viviane Lièvre, le public du festival découvre ce peuple fascinant qui vit au rythme de la nature et des saisons et maintient sa culture et ses traditions dans trois étroites vallées du Pakistan.

La Fanfarria de paseo.

Le public du festival réuni pour écouter la Fanfarria de Paseo sur la place de la mairie. Le quartet de rue “made in Argentine” déambule ou plutôt somnambule. Des touristes surpris à tous les coins de rue improvisent des situations rocambolesques. Et soudain, la nostalgie et le manque du pays du tango et du paysage litoraleño.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Accès à l’IVG : des progrès dans la loi, des galères sur le terrain
Alors que le droit à l’avortement est menacé dans le monde, des avancées ont été obtenues en France, dont l’allongement du délai légal. À la veille de la journée mondiale du droit à l’IVG, Mediapart a enquêté sur les freins persistants.
par Alexandre Léchenet et Rozenn Le Saint
Journal — France
À Saint-Étienne, le maire se barricade dans son conseil municipal
Pour le premier conseil municipal depuis le début de l’affaire du chantage à la sextape, le maire Gaël Perdriau a éludé les questions de l’opposition. Pendant que, devant l’hôtel de ville, des centaines de manifestants réclamaient sa démission.
par Antton Rouget
Journal — Budget
Le gouvernement veut trop vite tourner la page du « quoi qu’il en coûte »
Le prochain budget marquera la fin des mesures d’urgence pour l’économie et le système de santé qui dataient de la crise du Covid-19. Le clap de fin du « quoi qu’il en coûte » en somme, dont le gouvernement ne veut plus entendre parler pour résoudre la crise énergétique actuelle. Il pense qu’il pourra maîtriser les dépenses publiques sans pour autant risquer une récession. À tort. 
par Mathias Thépot
Journal — Europe
En Italie, l’abstention a fait le match
La victoire de la droite et de l’extrême droite en sièges cache une stabilité de son électorat. Le pays n’a pas tant viré à droite sur le plan électoral que dans une apathie et une dépolitisation dont le post-fascisme a su tirer profit.
par Romaric Godin et Donatien Huet

La sélection du Club

Billet de blog
Interroger le résultat des législatives italiennes à travers le regard d'auteur·rices
À quelques jours du centenaire de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, Giorgia Meloni arrive aux portes de la présidence du Conseil italien. Parfois l'Histoire à de drôles de manières de se rappeler à nous... Nous vous proposons une plongée dans la société italienne et son rapport conflictuel au fascisme en trois films, dont Grano Amaro, un film soutenu par Tënk et Médiapart.
par Tënk
Billet de blog
Italie : il était une fois l’antifascisme
On peut tergiverser sur le sens de la victoire des Fratelli d'Italia. Entre la revendication d'un héritage fasciste et les propos qui se veulent rassurants sur l'avenir de la démocratie, une page se tourne. La constitution italienne basée sur l'antifascisme est de fait remise en cause.
par Hugues Le Paige
Billet de blog
Giorgia Meloni et ses post-fascistes Italiens au pouvoir !
À l’opposé de ce qui est arrivé aux autres « messies » (Salvini, Grillo…), Giorgia Meloni et ses Fratelli d’Italia semblent - malheureusement - bien armés pour durer. La situation est donc grave et la menace terrible.
par yorgos mitralias
Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis