Sexe sans consentement: femmes dans le monde des hommes

Le film de Delphine Dhilly et Blandine Grosjean interroge la notion de consentement à travers les récits de six femmes violées "sans menaces physiques, sans violence, sans cris" par des hommes qui ont ignoré leur refus. L’une d’elles pose cette question: "Pourquoi est-ce que le mec, quand il se retrouve face à une meuf qui ne bouge pas, il se dit “Ah ouais, trop bien, je vais continuer”?"

France 2 a diffusé, le 6 mars dernier, « Sexe sans consentement », un documentaire réalisé par Delphine Dhilly et Blandine Grosjean. Les réalisatrices ont exploré le sens de la notion de consentement en interrogeant des femmes qui ont été forcées à des relations sexuelles malgré le refus qu’elles avaient exprimé. Elles ont également interrogé de jeunes hommes sur leur conception du consentement, de la séduction et de la verbalisation – qu’ils préfèrent inexistante –du désir sexuel et amoureux.

Les témoignages de ces six femmes nous permettent de prendre conscience de la réalité que recouvrent les statistiques faisant état de dizaines de milliers de viols (90 000 ?) chaque année en France. Ces viols se déroulent bien souvent, comme l’expriment bien les réalisatrices, « sans menaces physiques, sans violence et sans cris ». C’est le cas de ceux subis par les femmes interrogées dans le documentaire, qui racontent comment elles ont été violées après une soirée, par un compagnon de voyage ou encore avec un partenaire qui était seul à avoir envie.

Sans menaces physiques, sans violence, sans cris 

Faut-il voir dans le caractère « silencieux » de ces viols le signe que ces femmes se sont « laissées faire » ? Qu’au fond, elles n’étaient pas si opposées que cela à une relation sexuelle avec leur violeur ? Nombreux sont ceux qui, dans la France des années 2010, adhèrent à une telle conception.

Une étude menée par l’institut Ipsos en 2015 (référence !) a ainsi relevé que 21% des personnes, hommes et femmes, interrogées ne qualifiaient pas de « viol » un « rapport sexuel avec une personne qui a clairement dit être non consentante mais qui cède quand on la force ». Ce pourcentage montait à 24% lorsqu’on remplace « rapport sexuel » par « acte de pénétration avec le doigt », et à 33% pour une fellation. Les menaces ne changent pas grand chose à cette perception : 34% ne qualifient pas de viol l’acte de « menacer une personne pour qu’elle accepte après coup d’avoir des relations sexuelles sans résistance ». 

Ces chiffres révèlent la persistance d’une conception, consciente ou non, selon laquelle il ne peut y avoir viol que lorsque la victime est physiquement contrainte, par une arme ou par la force de son agresseur. Les témoignages de ces femmes nous disent autre chose.

Céder pour en finir, d’abord : acculées, harcelées, les victimes finissent par se résoudre au viol pour mettre fin à cette situation. Ainsi Floriane, qui résume cela ainsi : « Vaut mieux faire ça vite, après tu t’en vas, c’est mieux que s’opposer ». Célia, quant à elle, raconte comment ce jeune homme, très confiant en ses capacités de séduction, s’est invité chez elle en obtenant son adresse auprès de connaissances lors d’une soirée : épuisée, ne désirant rien d’autre que dormir, elle finit par accepter qu’il s’allonge dans son lit. Plus tard, il la violera. 

Céder, aussi, pour éviter pire encore et des violences physiques supplémentaires, toujours possibles. Floriane et Juliette racontent ainsi, chacune avec ses mots, leur crainte d’être forcées si elles persistaient dans leur refus : « Si le mec s’est déjà permis de te toucher sans te demander, peut-être que si tu lui dis non il va te forcer, et là c’est encore pire ». De leurs témoignages, et notamment de celui de Floriane, ressort au demeurant un constat. Les femmes, victimes, n’en sont pas moins censées se comporter dans ces situations en ne faisant pas la moindre « erreur » : sans mouvements brusques, sans réactions pouvant « vexer » l’agresseur. Lorsqu’elle raconte comment elle a fait part de son refus au jeune homme qui l’embrassait et commençait à la déshabiller, Floriane se sent ainsi obligée de préciser : « Mais [à ce moment-là] je m’écarte doucement, gentiment ». Dans notre inconscient collectif, une femme qui s’écarterait brutalement, qui humilierait l’homme et porterait ainsi atteinte à sa virilité, lui fournirait une justification implicite au recours à la violence comme moyen de rétablir cette dernière. 

Célia, Natacha et Juliette racontent comment elles se sont trouvées tétanisées sous les mains de leur violeur : elles ont « freezé », elles étaient « paralysées ». Juliette exprime cela ainsi : « Je suis allongée sur le dos et là, je ne peux pas bouger, je ne bouge pas, je ne dis rien, je ne fais rien. » Alors, est-ce que subir, c’est consentir ? Pour 27% des personnes interrogées par l’institut Ipsos en 2015, il semble que oui : pour eux, « lorsqu’une femme ne réagit pas et ne s’oppose pas, on ne peut en aucun cas parler de violences sexuelles ». 

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On entend déjà les voix qui s’interrogent benoîtement : mais enfin, pourquoi n’ont-elles pas crié, alerté, fait fuir cet homme qui était en train de les agresser ? Cela semble si simple… mais c’est compter sans la pression sociale qui pèse sur les femmes. Louise décrit ainsi l’attitude de son agresseur : « le mec était en mode “on est bien, on se prend pas la tête”… “C’est bon, fais pas chier”, en gros ». La victime qui s’opposerait à son agresseur « casserait l’ambiance » et s’afficherait, aux yeux d’une société qui exalte le mythe d’un sexe tout à la fois omniprésent, facile et sans conséquences, comme une « coincée », une « pisse-froid », une fille « pas cool ». C’est ce qu’a ressenti Célia, qui analyse sa réaction comme ayant en partie été déterminée par la crainte de « passer pour une nulle ». Juliette, agressée alors qu’elle dormait dans un coin d’une maison à l’issue d’une soirée, va dans le même sens : « Mais voilà, enfin… Tu es dans une maison, avec des gens que tu ne connais pas trop, les gens sont peut-être en train de dormir, tu ne sais pas, enfin… Je ne sais pas si je me serais vue crier, ou me lever, et aller dire à mon pote… Tu fais quoi ? Je m’en vais ? J’appelle mes parents ? Je leur dis quoi ? »

Après

Et après ? Parmi les femmes interrogées, Louise et Floriane évoquent d’abord cette sensation de dégoût qui les poursuit, et se manifeste par des « flashes de dégoût » pour Louise. Au-delà du dégoût, le viol dont elles ont été victimes les a traumatisées, à des degrés divers : Louise fond en larmes lorsqu’elle raconte comment, isolée en Tunisie avec le garçon avec lequel elle voyageait et qui l’a violée, elle aurait voulu que sa mère vienne la chercher ; Célia explique qu’elle ne dort plus dans une pièce qui n’est pas fermée ; Floriane raconte que son viol a été suivi d’une période où elle voyait toute initiative d’un garçon comme une menace.

A cela s’ajoute un puissant sentiment de culpabilité, entretenu par certains et certaines des proches auxquels elles parlent de ce qu’elles ont subi. Floriane rapporte ainsi comment les amies auxquelles elle a parlé de son viol ne la croyaient pas et lui répondaient des choses telles que « tu l’as bien voulu un peu », considérant que puisqu’elle était allée avec ce jeune homme chez lui pour dîner, elle n’était pas pour rien dans la relation sexuelle forcée qui a suivi. Natacha intériorisait cette culpabilité, pensant qu’au fond, c’était elle qui avait « un peu déconné à un moment ». C’est d’ailleurs la crainte de se voir renvoyer à la figure cette culpabilité qui l’a dissuadée de porter plainte. Rien de surprenant à cela, tant est toujours présente dans notre inconscient collectif l’idée selon laquelle l’ « attitude » de la victime doit être examinée pour savoir si le violeur était « vraiment » pleinement responsable. L’enquête menée en 2015 par Ipsos a ainsi conclu qu’une proportion importante des personnes interrogées estimait que les circonstances suivantes déresponsabilisaient en partie le violeur : « la victime se promène dans la rue en tenue « très sexy » (27%), « la victime avait déjà eu une relation sexuelle avec le violeur » (27%), « la victime a accepté d’aller seule chez un inconnu » (36%), « la victime adolescente a eu une attitude séductrice avec des hommes adultes » (36%), « la victime a flirté sans vouloir avoir de relations sexuelles » (38%) ou encore « la victime a eu une attitude « provocante » en public » (40%). Au fond, une femme violée est forcément coupable : son attitude était ambiguë, sa jupe était trop courte, elle avait bu, etc. 39% des personnes interrogées étaient d’accord avec la formulation suivante : « S’il est aussi difficile de se remettre d’un viol, c’est que l’on sait que l’on a toujours une petite part de culpabilité dans ce qui nous est arrivé ». D’ailleurs, la victime n’avait qu’à faire attention : pour 25% des personnes interrogées, « lorsque l’on respecte certaines règles simples de précaution, on n’a quasiment aucun risque d’être victime d’un viol ».

Cette culpabilisation est aussi une injonction au silence : Natacha explique qu’elle n’a pas eu envie de porter plainte, car dans sa petite ville, tout le monde l’aurait rapidement su. Et si « ça se sait », c’est forcément infamant pour la victime, dont on chuchotera dans les rues de Clochemerle qu’elle est une « fille facile » qui n’a pas assez fait attention, une « allumeuse » qui est mal tombée ou, pire, une « traînée ».

Juliette finit par remettre les choses à leur place : « Ça, c’est fou, parce que finalement c’est à toi qu’on va dire “Ah, mais pourquoi tu n’as pas répondu ? Pourquoi quand tu t’es faite violer, quand tu t’es faite agresser, tu n’as pas réagi ?” alors que la vraie question, c’est : pourquoi est-ce que le mec, quand il se retrouve face à une meuf qui ne bouge pas, il se dit “Ah ouais, trop bien, je vais continuer” ? » En effet.

Face une société encore trop souvent prompte à culpabiliser les victimes, ces dernières sont donc nombreuses à choisir le silence pour ne pas s’exposer. D’ailleurs, en 2015, 28% des personnes interrogées par l’Ipsos étaient d’accord pour dire que « pour aller mieux, les victimes de viol devraient passer à autre chose et arrêter de se victimiser ». Comme l’exprime Juliette, les femmes sont poussées à « digérer » leur viol elles-mêmes, sans en parler et sans « faire de vagues ».

Rompre ce silence peut prendre du temps. Faute de pouvoir en parler et obtenir une « validation » extérieure de la nature de ce viol qu’elles ressentent comme tel depuis qu’il leur est arrivé, les victimes peuvent passer longtemps à souffrir en silence. Floriane se souvient ainsi que c’est lorsqu’une cousine lui a dit que son agresseur « n’avait pas le droit » de la violer qu’elle s’est senti soulagée et s’est dit qu’elle « n’était pas folle ». De même, c’est lorsque le père de Natacha, apprenant ce qui était arrivé à sa fille, lui a dit que c’était « super grave » et « super dur » que cette dernière a pu pleinement l’accepter comme tel. Ce que racontent ces jeunes femmes à travers leurs récits, c’est la difficulté d’accepter d’attacher le terme de « viol » à leur expérience, tant l’image la plus répandue du viol est celle du viol « sur le pavé », « un truc sordide », selon les termes employés par Célia. Natacha explique avoir mis beaucoup de temps pour accepter son viol en tant que tel après que quelqu’un ait fini par lui dire « Tu sais, c’était un viol ». Pour Natacha, utiliser le terme de viol revenait à « usurper » une place de victime à laquelle elle n’avait pas droit puisque n’ayant pas vécu ce que d’autres jeunes femmes ont vécu : on retrouve ici l’un des effets pervers induits par notre conception collective qui tend à minorer la responsabilité du violeur dans nombre de situations, ce qui sous-entend qu’il existerait une hiérarchie entre les viols, c’est-à-dire des viols un peu moins « viols » que d’autres. Il est pourtant crucial, comme l’analyse Louise, que les victimes parviennent à accepter ce terme de « viol » afin de mettre en adéquation les mots employés pour décrire ce qu’elles ressentent, depuis qu’elles en ont été victimes, comme un viol et rien d’autre.

Pourquoi ?

Parmi les raisons évoquées par les femmes interrogées pour expliquer cette absence de prise en considération de leur consentement, certaines tiennent au défaut d’éducation des jeunes à cette notion même. Comme l’exprime Célia à propos de celui qui l’a violée, « Ce n’était pas un prédateur sexuel, c’était juste un gars qui n’avait pas capté qu’il y avait une question de consentement et part du principe que parce qu’il est beau gosse, toutes les filles ont envie ». Juliette abonde en ce sens : il faut apprendre aux garçons que quand la fille ne bouge pas, « c’est un réflexe de défense, qu’il faut arrêter. Et que ça ne veut pas dire qu’il faut insister et essayer de la convaincre. Mais ça, personne ne leur dit ». On parle abondamment aux jeunes des risques de MST, des risques de grossesse, mais pas de consentement et des conséquences durables d’un viol. Cette éducation doit avant tout être celle des hommes : Marie Darrieussecq, qui apparaît également dans le documentaire, rappelle que l’histoire a placé les femmes dans la position de victimes de violences infligées par des hommes. Dans cette « zone grise » du consentement, c’est aux hommes de faire attention. A cet égard, la nonchalance avec laquelle un des jeunes hommes interrogés évoque le terme de « viol » lorsque le consentement de la fille n’est pas établi interpelle : « …sinon après, ça s’appelle du viol, et c’est pas cool ».

Cette éducation au consentement doit s’accompagner d’une transformation des idéaux de « la femme » et de « l’homme » transmis aux enfants dès leur plus jeune âge. D’un côté, les femmes, qui doivent être « gentilles » (Brel ne parlait-il pas, en chantant la première femme avec laquelle il avait eu un rapport sexuel, de « la première gentille » ?) : Louise souligne ainsi qu’on ne lui avait « jamais parlé » de sexe, et que dans sa tête la chose était avant tout « un truc d’hommes, c’était pour le garçon, il fallait d’abord lui faire plaisir ». Floriane emploie le terme de « politesse » pour expliquer qu’à chaque nouvelle étape franchie, elle se sentait de plus en plus « engagée » envers ce garçon qui allait finir par forcer son consentement, et que ne pas coucher avec lui « aurait été le trahir ». Marie Darrieussecq parle ainsi d’un « affreux malentendu » fondé sur ce mythe de la Belle au Bois dormant qui attend un homme pour commencer à vivre.

Repenser des « modèles » féminins qui donnent une place à l’expression de la volonté, positive ou négative, de la femme apparaît ainsi comme une condition de l’existence d’une notion effective de consentement. Célia résume bien cette idée lorsqu’elle explique qu’il faut d’abord que dire « oui » devienne plus naturel pour une femme : lorsque nous cesserons de prendre pour acquis le consentement des femmes, alors nous comprendrons que si elles ne disent pas explicitement oui, c’est non. 

Et les modèles masculins ? Notre imaginaire collectif reste structuré par d’innombrables modèles, au cinéma et à la télévision mais pas seulement, construits autour de la figure du « séducteur » qui « tombe les filles » comme si c’était naturel, sans verbalisation aucune du désir puisque, de toute façon, il est sous-entendu qu’elles comme lui n’attendent que ça. Il n’y a qu’à écouter les jeunes hommes interrogés : l’un d’eux, parlant de la décision de deux personnes de coucher ensemble, explique que « ça vient tout seul » ; un autre, interrogé sur la verbalisation par la femme de son désir, indique qu’il « préfère quand c’est sous-entendu. Un peu de théâtre, un peu de poésie, un peu de jeu… Sinon c’est pas drôle ». Lorsqu’on leur demande ce qui leur permet de savoir avec certitude qu’une fille veut coucher avec eux, d’autres expliquent que tout se joue « dans le regard », « dans le eye-contact », voire dans « le remettage de cheveux, c’est un bon indice ». Bref : les mots sont de trop, et ils gâchent la magie du moment. Pourtant, Louise nous rappelle que « dire les choses clairement » ne devrait pas être un frein au désir, chose qu’a bien exprimée Judith Duportail dans un article récent (en anglais).

Soit la séduction est évidente et ne doit pas s’embarrasser de mots, soit elle ne l’est pas et alors tous les moyens sont permis. La fille n’est pas intéressée ? Qu’importe, j’y retourne, elle finira bien par céder ! Parmi tous les propos des hommes interrogés, le plus stupéfiant par sa franchise et son absence totale de réflexivité est celui du jeune homme qui explique : « Ça m’est déjà arrivé d’être dans cette situation où je voulais aller plus loin, et elle non, et donc on a fait la première partie, si vous voulez… et donc là, du coup : [voix de fausset] “Ah mais non, je veux pas…”, machin, et tout… Alors je l’ai relancée et au petit matin j’ai eu ce que je voulais ». Il ajoute : « C’est un peu un petit travail, comme ça, mais moi en fait j’aime bien les filles compliquées, donc du coup… dès qu’on me dit non, ça me motive encore plus », puis : « Moi pour moi le non d’une fille c’est limite… pas excitant mais ça motive en tout cas ». Bref, la difficulté (le refus de la fille) ne fait que renforcer la valeur de la conquête (le viol de la fille). De telles images sont évidemment abondamment véhiculées dans la culture de masse : combien avons-nous vu de films ou lu de livres où l’homme passe outre le refus de la fille (« Oh non ! Pas ici ! »), cette dernière finissant évidemment par se trouver bien aise des attentions dont la comble son soupirant qui n’aime pas soupirer trop longtemps. L’homme doit prendre ce qui lui est dû dans l’ordre naturel des choses, la femme doit être prise ; pour être viril, l’homme doit « bander dur, bander fort » et être conquérant. N’était-il pas viril, ce Napoléon qui viola Marie-Louise d’Autriche pour se reposer d’avoir fait la guerre à l’Europe entière ? En tout cas, l’enquête menée par l’Ipsos en 2015 a montré la sensibilité d’une part importante des personnes interrogées, hommes comme femmes, à ces charmes de la conquête : 20% des hommes et 22% des femmes interrogés estimaient ainsi que « lors d’une relation sexuelle, les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées », tandis que pour 22% des hommes et 17% des femmes interrogés, « lorsque l’on essaie d’avoir des relations sexuelles avec elles, beaucoup de femmes disent “non” mais ça veut dire “oui” ».

En somme, aux femmes de faire attention à ne pas trop susciter l’intérêt des hommes. Un des jeunes hommes interrogés nous explique qu’il préfère ne pas dormir dans le même lit qu’une fille parce qu’il « ne saurait pas se contrôler ». Natacha rapporte, pour sa part, la réaction du jeune homme qui allait la violer et qu’elle a voulu repousser : « Maintenant que tu m’as allumé, faut assumer ». Selon l’Ipsos, 61% des hommes et 65% des femmes interrogés estimaient en 2015 que « pour un homme, c’est plus difficile de maîtriser son désir sexuel que pour une femme ». Pour 29% des personnes interrogées, « si les hommes sont plus à même de commettre des viols, c’est à cause de la testostérone qui peut rendre leur sexualité incontrôlable ». Eh oui, ma fille, si tu t’es faite violer, c’est à cause de la nature, d’abord, et de ton imprudence, ensuite (ou l’inverse).

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Le documentaire est disponible, en intégralité, sur la chaîne youtube d’Infrarouge, le programme de France 2 : https://www.youtube.com/watch?v=8Lqye0w4MH8

A écouter également, l’épisode du podcast « Les Couilles sur la table », animé par la journaliste Victoire Tuaillon, qui s’est entretenue avec Delphine Dhilly à propos du documentaire et de la notion de consentement : https://www.youtube.com/watch?v=nGHWyQssF9w

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