Éditorial du numéro 90

Nous voici au numéro 90 d’En attendant Nadeau qui, bonne nouvelle, a été reconnu d’utilité publique !

Cela veut dire deux choses : que la diffusion des idées entreprise par notre journal depuis bientôt quatre ans rayonne dans l’espace social, et que les dons de nos lectrices et de nos lecteurs sont éligibles au rescrit fiscal (donc déductibles des impôts). Ces dons sont essentiels pour conserver un contenu indépendant et gratuit.


À la Une de ce numéro, trois livres qui montrent comme les Lumières insistent encore dans notre présent. Celui d’Antoine Lilti, au cœur de l’article de Pascal Engel, fait aussi l’objet d’une recension par Maïté Bouyssy. Les trois défis que les contemporains ont adressés aux Lumières, l’universalisme, la tolérance et le rationalisme, y font l’objet d’une impressionnante étude. Le livre de Francis Wolff, Plaidoyer pour l’universel, témoigne philosophiquement de cet héritage.


La littérature étrangère est bien présente, avec le grand roman de Mircea Cărtărescu, Solénoïde, qui confirme la place de l’écrivain roumain dans la littérature mondiale. Plus périphériques, un roman albanais écrit en grec de Gazmend Kapllani, inspiré de son propre exil, et Sender le bouffon, un grand roman inédit en français de Karl Emil Franzos sur les passages de la culture du ghetto à la culture allemande, méritent pourtant toute notre attention.


Bonnes et moins bonnes surprises dans la littérature française, avec Tanguy Viel, Brigitte Giraud, Nathacha Appanah et Pierre Péju… Norbert Czarny rend compte de deux livres sur les dangers du numérique et Maurice Mourier du livre de Tim Flannery sur le crétacé en Europe ; le scientifique australien prône un réensauvagement du continent pour combattre la sixième extinction déjà bien engagée.


Enfin, mais ce n’est pas tout, nos collaborateurs s’engagent vivement aux côtés des peintres  défendus par Félix Fénéon : Signac, Seurat, Bonnard, à voir au Musée de l’Orangerie à Paris ; et aux côtés de la surprenante charge anticapitaliste proposée par le Joker de Todd Phillips, à voir un peu partout au cinéma.


T. S., 6 novembre 2019

www.en-attendant-nadeau.fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.