Éditorial du numéro 79 : vers l'Europe et au-delà

Les élections européennes approchent. L’actualité en est pleine. Mais les livres aussi nous permettent de nous faire des idées, de décortiquer des mécanismes et des discours. Ainsi, cette semaine, Jean-Yves Potel nous aide à décrypter des points de vue différents sur Viktor Orbán, et la hantise que fait peser sur l’Europe la trajectoire d’un dissident devenu démagogue populiste et autoritaire.

Au-delà de l’Europe, la vigilance politique s’exerce aussi : comme lorsque le romancier Gao Ertai, dans un grand roman paru à Taïwan en 2009, rappelle la politique de violence calculée mise en place, étape par étape et sous des appellations toujours plus imagées, par le président Mao. « C’est l’ABC du totalitarisme, écrit à son propos Maurice Mourier : chacun est l’ennemi de chacun et la somme des ignominies individuelles garantit l’irresponsabilité de tous. »

Encore plus loin, il y a les mondes possibles ouverts par la science-fiction. Celui proposé par Les furtifs d’Alain Damasio, dont on attendait le livre depuis quinze ans, offre un miroir où observer les questions sociales et politiques actuelles. Dystopie, utopie, les non-humains y côtoient les humains et modifient en passant leur langage. Pour repérer et célébrer les relations entre la littérature et l’imagination, ou encore un grand roman comme celui-ci, Sébastien Omont ouvre dans En attendant Nadeau une nouvelle chronique, intitulée « Hypermondes : chronique de la science-fiction, du fantastique et des mondes futurs ».

On ira aussi sur « la Lune », avec Gilbert Lascaux qui évoque l’exposition du Grand-Palais, en Indonésie avec Linda Lê, au Japon avec Marc Lebiez et… dans l’Antiquité, elle aussi bien dépaysante, avec Claire Paulian. Bons voyages.

T. S., 8 mai 2019

www.en-attendant-nadeau.fr

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