Éditorial du n°23: bonne année

2016 a été l’année de création du journal en ligne En attendant Nadeau (en janvier). Notre lectorat pionnier nous a été fidèle et a été rejoint par de très nombreux lecteurs : 21.886 visiteurs uniques en novembre, près de 200.000 pages vues !

Certaines visites restent encore trop brèves, mais 4.000 dans le mois ont duré plus d’une demi-heure, ce qui prouve aussi (au-delà des chiffres) que notre contenu intéresse. Nous sommes lus majoritairement en France (60 % du lectorat) mais aussi dans 25 autres pays : cela nous fait plaisir de réunir ainsi les francophones du monde entier, des petits pays comme des grands pays, autour de nos lectures, nos recensions, nos propositions. Il nous fait plaisir aussi de partager avec vous, comme un cadeau de Noël, ces chiffres qui indiquent que nous avons su trouver une place dans le pays, réel et virtuel, de la critique littéraire, de la vie des idées et de la scène des arts.

Le dernier numéro de l’année est substantiel et s’enrichira régulièrement jusqu’au prochain de nouveaux articles. Le mercredi 4 janvier, nous vous présenterons une première sélection parmi les livres de la rentrée de janvier. En attendant (le numéro 24, Nadeau, la nouvelle année…), vous pourrez voyager (avec la littérature mondiale lusophone, dont deux représentants majeurs, João Guimarães Rosa pour le Brésil et Mia Couto pour le Mozambique, sont ici recensés). Vous pourrez aussi rejoindre la Russie de Tchekhov et le Japon de Bashô. Vous visiterez en averti l’exposition Hergé et vous aurez peut-être un avis sur les dessins de Van Gogh. Vous irez peut-être voir les inoubliables mises en scène de Krystian Lupa. Et même si vous ne pouvez pas faire tout cela, parce que vous vivez en Bretagne ou en Géorgie, parce que vous lisez peu ou que vous ne vous déplacez guère, En attendant Nadeau vous en donnera une idée ou un bref éclat, sur votre ordinateur, dans le voyage autour de votre chambre.

Parce que nous essayons de réfléchir à la portée du geste critique, nous mettons à la Une les recensions de deux ouvrages qui pensent avec la littérature. Ils illustrent les chemins divergents de la critique actuelle : l’un soumis aux impératifs de l’économie et de la technologie, ce qu’on appelle désormais partout les « Humanités numériques » et qui tente d’en faire une puissance stimulante (Franco Moretti) ; l’autre, selon un programme tout aussi ambitieux mais à rebours du précédent, qui s’emploie à montrer comment l’éthique peut-être renouvelée par la prise en compte de formes d’individuation où la notion de style et les conduites littéraires fournissent un cadre (Marielle Macé). On trouvera des échos de cette singularisation par la littérature dans Postscript de Gérard Genette. Et le grand livre de Jean-Claude Milner, Relire la révolution, examine autrement, mais en rejoignant parfois certains de ses constats, les possibles relances d’un projet émancipateur.

T.S., 21 décembre 2016

www.en-attendant-nadeau.fr

 

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