La pensée neuve de l’alternative entre magie et rationalité bousculait nos certitudes et nous faisait voir autrement nos gestes. Dans La fin du monde, publié posthume en 1977 chez Einaudi mais dont l’édition française qui vient de paraître aux éditions de l’EHESS constitue l’édition de référence, fait assez rare pour être signalé, il traite des apocalypses et montre que la volonté de destruction d’un monde devenu insensé relance la vie du temps, pousse à l’action transformatrice. Un livre qui pourrait être l’occasion de faire une place, en France et dans le monde, à ce grand anthropologue italien.
Maurice Olender semble lui aussi obéir au commandement de l’apocalypse (manger le livre). Un enfant qui refusait de lire tombe un jour avec fièvre dans les traces du passé, le conduisant à lire inlassablement et à écrire soi-même. C’est son histoire qu’il nous raconte, mais ce n’est pas seulement la sienne.
Pour les amoureux des choses rares, la correspondance entre Henri Thomas et Georges Perros, dont les Papiers collés ont enchanté leurs lecteurs, sera un moment de légèreté, de distance, de tragique et de pudeur.
Plus impitoyables, les nouvelles de Jean-François Haas et le roman de Chrìstos Ikonòmou s’intéressent aux faibles raisons d’espérer qui subsistent dans notre monde, pour en montrer l’inanité parfois, mais dans une langue fraternelle.
Soyez vigilants. Nous renouvelons notre Une tous les quatre jours. Vous pourrez avoir les belles surprises, dans les quinze jours qui viennent, de retrouver des auteurs que vous aimez, Danilo Kiš, Thomas Bernhard et Nathalie Sarraute !
T.S., 24 mai 2017
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