A GAUCHE : LA SOLUTION A LA QUESTION DU POUVOIR

Entre la survie de l'Europe anti ouvrière et la survie des statuts et régimes spéciaux,  du système de retraite par répartition, des quelques acquis sociaux restants, l'ensemble des directions ouvrières sont entrain de faire leur choix.

FRONDE SYNDICALE A LA BASE


COORDINATION OUVRIÈRE NATIONALE UNITAIRE ET INTERPRO

A GAUCHE : LA SOLUTION A LA QUESTION DU POUVOIR

Il en va toujours ainsi. C’est toujours au moment où apparaît une situation pré-révolutionnaire pouvant se transformer en situation révolutionnaire ouverte, que pèse sur les organisations qui se réclament de la défense des travailleurs, tout le poids de la société bourgeoise.

Les contradictions qu’elles recèlent prennent toutes leurs forces. Les mille liens qui les attachent à la société bourgeoise se tendent et l’enserrent. Il est donc inévitable qu’à une coudée du début de la grève illimitée du 05 décembre, vu les contraintes de la survie de l'Europe libérale, vu la crise financière monstrueuse qui menace, vu la situation catastrophique du capitalisme français, les directions syndicales et les directions des partis politiques de gauche, des plus modérées aux plus radicales, soient soumises à une pression gigantesque, que ses contradictions se tendent et les liens qui les lient à la société bourgeoise se resserrent.

C'est exactement ce que dit le ministre Delevoye du gouvernement Macron-Philippe  lorsqu'il appelle au secours les directions syndicales et les responsables politiques de la gauche.

« Il faut être attentif à ne pas transformer ce 5 décembre en match mortifère. On a besoin des syndicats. Les responsables politiques et syndicaux savent qu'il faudra dépasser ce conflit et en sortir. »

C’est exactement pour cette raison que depuis trois mois les directions ouvrières se montrent d’une grande, d’une très grande discrétion politique. On ne les entend pas ou si peu !

C’est le syndrome " Tsipras ", en référence à ce chef d'Etat issue de la gauche radicale grec,  ayant dû un soir de Bruxelles manger son chapeau sous peine de voir son pays se faire éjecter de l'Europe.

En France, on en est là ! Entre la survie de l'Europe anti ouvrière et la survie des statuts et régimes spéciaux,  du système de retraite par répartition, des quelques acquis sociaux restants, l'ensemble des directions ouvrières sont entrain de faire leur choix. Elles négocient la survie du Capital, et parallèlement à cela et au nom de cela, elles ne peuvent pas ne pas essayer de bousiller en grand le mouvement révolutionnaire du Travail qui arrive.

Maintenir atomisée, réduire à l’impuissance la puissante vague ouvrière de grève qui s’apprête à déferler sur le pays, après d’ailleurs avoir fait exactement la même chose vis-à-vis de la première vague  importante des gilets jaunes, voilà le carnet de route de ces faux progressistes .

Certes la jeunesse et le prolétariat, les gilets jaunes, ne l'entendent pas de cette oreille, et ne partage pas forcément le choix de ces couards. Mais comment se dégager de cette digue ?

Qui n’a pas lu la justification fallacieuse des directions NPA, LO, POI et POID, martelant de l’impossibilité de radicaliser la grève, durcir leurs positions sous peine de diviser et de s’isoler ?

Il faut prendre en compte le préjugé des masses nous disent prudemment ces piètres et pusillanimes organisateurs. Nous pourrons convaincre les grévistes de la nécessité d'AG démocratiques, de comités de grève, d'un comité central de grève, d’une Coordination Ouvrière Interpro, que si nous parvenons à montrer que c'est indispensable à la gagne. Pour l’instant les travailleurs font confiance aux Martinez et Mélenchon, nous ne pouvons pas brusquer les choses !

Et si 40 ans de défaites des Martinez et Cie dans la rue avaient déjà opéré dans les esprits ouvriers l’assimilation de ces leçons ? Et si les trois gouvernements de gauche des Mitterrand- Fiterman, des Jospin-Buffet-Mélenchon, des Hollande-Valls avaient déjà suffisamment écœurés les travailleurs, du suffrage universel à la sauce de la démocratie électorale à la mode bourgeoise ?

Dans tous les pays, le prolétariat est saisi d'une profonde angoisse. Des masses de millions de travailleurs s'engagent sans cesse sur la voie de la révolution. Mais, chaque fois, elles s'y heurtent à leurs propres appareils bureaucratiques conservateurs. Voilà la vérité !

« Les bavardages de toutes sortes selon lesquels les conditions historiques ne seraient pas encore "mûres" pour le socialisme ne sont que le produit de l'ignorance ou d'une tromperie consciente. Les prémisses objectives de la révolution prolétarienne ne sont pas seulement mûres ; elles ont même commencé à pourrir. Sans révolution socialiste, et cela dans la prochaine période historique, la civilisation humaine tout entière est menacée d'être emportée dans une catastrophe. Tout dépend du prolétariat, c'est-à-dire au premier chef de son avant-garde révolutionnaire. La crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire. »

Proclament haut et fort les révolutionnaires ouvriers du monde entier, en fronde ouverte contre leurs directions conservatrices, en dernière analyse dernier rempart du Capital face au mécontentement général du Travail, une gauche vent debout contre tout progrès social et humain.

Les frondeurs à la base de la CGT ne disent rien d’autre, lorsque ils militent pour la centralisation et la structuration de la grève illimitée qui débute le 05 décembre pour le retrait pur et simple du projet de loi Macron-Delevoye, pour qu’existe une Coordination Ouvrière Nationale, Unitaire et Interprofessionnelle, une vraie gauche, qui réorganisera totalement et radicalement la société française, à l’avantage des travailleurs sous l’autorité d’un Comité de Salut Ouvrier.


La dictature du Capital se meurt, place à la dictature du Travail !


Les frondeurs CGT de la RATP   
                                                                                                                                               03 décembre 2019

 

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