ETOILE HIER

Il fallait être sur la Place de l'Etoile hier, pour voir ces milliers et ces milliers de jeunes travailleurs, interdits et bras ballants, ne sachant que faire !

Le mouvement gilets jaunes dès le début s'est structuré sur les deux revendications phares de justice sociale et de justice fiscale.

A partir du moment où le pouvoir pour toute réponse, s'est mis à lui taper dessus, très vite est apparu dans le peuple, que le moindre pas en avant vers la justice, cela se ferait sans Macron. 

D'où la revendication centrale aujourd'hui du "Dégage Macron ! "

Cette revendication spontanée populaire, personne à gauche ou à droite ne l'a reprend à son compte.

Les deux partis les plus en pointe dans le mouvement, le RN et la FI, demande des élections législatives, une cohabitation avec Macron. Ils ne sont pas au diapason des gilets jaunes, ils ne demandent pas la tête de Macron. Cela réduit à peu de chose leur souhait de sixième république.

Les autres ( sauf le NPA ) demandent la paix, et la fin de ce mouvement, en vue de préparer dans le calme les élections européennes.

L'ensemble des directions syndicales sont plutôt derrière les plus calmes des partis politiques. Elles veulent la paix, et calmement, après avoir été quelques semaine paratonnerres de Macron, redevenir des partenaires des réformes libérales.

A l'intérieur de cet océan de conformisme et de conservatisme chez les directions politiques et syndicales, en un mot de trahison, pointent ça et là des velléités révolutionnaires.

Ce sont les bases syndicales d'abord qui se dressent devant leurs directions respectives, et se solidarisent avec le mouvement, parce que disent-elles, ce mouvement est un mouvement composé dans sa presque totalité de salariés, parce que au delà de ce que les médias veulent montrer, les revendications et les espoirs des gilets jaunes sont sociales, parce que selon la conception qu'elles se font du syndicalisme, le syndicalisme ouvrier doit systématiquement et inconditionnellement se mettre à la tête des masses, lorsque ces masses se mettent en mouvement.

Cette base syndicale rencontre plus ou moins de succès. Aucune par exemple à FO, total dans le syndicat Solidaire. Le syndicat Solidaire est le premier à avoir rompu avec Macron ( mettant la direction de la CGT sur le grill ), la centrale ouvrière FO par contre est étonnement absente, au vue de son Congrès vindicatif du printemps dernier.

Comment pouvons-nous expliquer ce positionnement radicalement à l'opposé ? 

Nous pensons que cela est consécutif à l'activité des militants politiques dans les syndicats. C'est un secret de polichinelle à affirmer que le syndicat Solidaire est corseté par les militants du NPA. Celui de FO par les militants des partis PS, POI et POID. La CGT elle, reste la chose du PCF ( et en partie de la FI ), un syndicat bien corseté par LO aussi.

Le seul parti à la pointe du mouvement de contestation des gilets jaunes c'est le NPA, et comme par hasard le syndicat Solidaire rompt avec Macron.

Les autres partis politiques composent avec Macron, et autre hasard, les syndicats CGT et FO ne sont pas au rendez vous, ils restent l'arme au pied.

De là à considérer que les directions PS-PCF-FI-POI-POID- LO portent une lourde, très lourde responsabilité du fait de savoir, si le syndicalisme ouvrier doit systématiquement et inconditionnellement se mettre à la tête des masses, lorsque ces masses se mettent en mouvement ? 

La réponse est comprise dans cette question.

Les directions de cette gauche qui ronronne nous disent, qu'elles ne peuvent pas se mettre à la tête d'un mouvement populaire, pouvant très bien devenir le marche pied des ambitions de l'extrême droite.

Pensent-elles ces directions, que continuer à se comporter comme elles le font actuellement, faire front avec Macron et ses flics contre Lepen, cela peut être de nature à combattre réellement cette perspective réactionnaire ?

C'est un mensonge éhonté chez eux d'affirmer que le mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes est génétiquement un mouvement marchant au pas de l'oie. Certes des leaders auto-programmés, très médiatisés, tentent de le tirer vers la droite. Mais ils le peuvent d'autant plus facilement, que à part le NPA, la gauche est absente. 

En réalité le mouvement des gilets jaunes est un mouvement politiquement orphelin, c'est un mouvement de contestation sans tête. 

Il fallait être sur la Place de l'Etoile hier, pour voir ces milliers et ces milliers de jeunes travailleurs, interdits et bras ballants, ne sachant que faire, faute d'une orientation politique, faute de consignes, faute de chefs ! 

Si les directions des partis et syndicats de gauche rompaient avec la politique qu'elles suivent depuis trente ans, une politique rejetée par les masses ouvrières, puisque de moins en moins d'électeurs de gauche votent pour la gauche, puisque de moins en moins de salariés se syndiquent, en quoi cette rupture politique qui devrait être radicale, à la gauche de Macron, favoriserait-elle Lepen ?

C'est justement parce que la gauche rejette le radicalisme, au moment où les masses se passionnent pour lui, que le pseudo radicalisme de l'extrême droite peut un temps faire illusion dans l'esprit de certain gilets jaunes. Un temps illusion, parce que dès qu'un gilet jaune parle d'augmenter les salaires ou de virer Macron, les Lepen et Cie longent les murs !

Que la gauche redevienne la gauche. Que la gauche s'unisse et appelle à un rassemblement central, national, unitaire et radical sur la Place de la Concorde, sur la Place de la Révolution, et il en est finit des fadaises réactionnaires de l'extrême droite !

Il est crucial que les directions ouvrières ( partis syndicats ) s'unissent dans un Front Unique Ouvrier, et exige la fin de la V République, la fin de Macron. Qu'elles renouent avec les traditions radicales de la gauche historique.

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