LA HAINE DE CLASSE DES CHEFS OUVRIERS EN QUESTION

Désolé de le dire, mais les travailleurs renvoient dos à dos, aussi bien les grèves "saute mouton" des directions syndicales, que les projets de grèves à l'arrache des gauchistes !  Pour nos gauchistes il semblerait que la grève ne soit pas un moyen mais un but.

Nous l'avons déjà dit, nous le redisons :

Le mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes est né dans la rue, il trouvera son apogée dans la rue.

C'est le prolétariat, confronté à la précarité et à l'arbitraire au travail, qui n'a pu à un moment, qu'aller bloquer les axes routiers, pour exister politiquement. Immédiatement il s'est dirigé vers l'Elysée, et à présent chaque samedi, il tente vaillamment et admirablement de renouer avec les grandes heures des révolutions françaises. 

Il mène seul le combat contre la tyrannie de la cinquième république ! Et ça politiquement c'est loin d'être normal, c'est loin d'être acceptable !

La peur bleue de la bourgeoisie, de la caste politique et syndicale, de Macron, c'est la jonction du prolétariat dans la précarité, avec le prolétariat en voie de l'être. 

Les meilleurs éléments politiques et syndicaux de ce prolétariat que l'on nomme "aristocratie ouvrière", convaincus de la justesse et du bon droit des gilets jaunes, veut que cette jonction ce fasse dans la grève. Pourquoi absolument dans la grève, et de toute façon de quelle type de grève ?

Les directions ouvrières ( sauf le NPA et Solidaires dernièrement ) bloquent toutes initiatives ouvrières, que ce soit la manifestation ou la grève. Elles font bloc derrière Macron et la cinquième république, et vainement chaque jour, minimise les exactions de ce pouvoir. 

Il faut vaincre avant toute chose cette bureaucratie ouvrière politique et syndicale traître.

Contre la mauvaise volonté des directions syndicales, il faudrait une énorme et puissante vague révolutionnaire de l'aristocratie ouvrière pour imposer la grève partout, la grève générale, la seule susceptible de vaincre.

Cette énergie existe-t-elle en latence dans l'aristocratie ouvrière ? Non elle n'existe pas, beaucoup de raisons politiques et sociales peuvent l'expliquer en long, en large et en travers. 

Les salariés relativement encore protégés sont ils pour autant les alliés objectifs de Macron ? Sont ils satisfait de leur sort ? Sont-ils une couche sociale stable pour le pouvoir ? Evidemment non ! Le simple fait que Macron affirme chaque jour vouloir tenir le cap d'une politique, consistant à attaquer conventions, statuts et retraites, jeter l'aristocratie ouvrière dans la précarité, crée une inquiétude, une fébrilité, une haine de classe, une prédisposition à rejoindre les gilets jaunes en masse.

La haine chez nos collègues existe c'est certain, la gène existant aussi, nous n'avons aucun mal à les convaincre que la grève aujourd'hui est une affaire sérieuse, devant être menée par des gens sérieux, pour une perspective sérieuse. 

Nos collègues de travail, qui sont aussi pour la plupart propriétaires d'un petit bien, n'ont tout simplement pas les moyens financiers, des ambitions folles de ceux les appelant chaque matin à la généralisation de la grève et à l'action tout azimut, action en dépit du bon sens, sur de vagues revendications quantitatives, jamais sur La revendication qui devrait faire pourtant l'unanimité : "Macron Dégage ! ".

Désolé de le dire, mais les travailleurs renvoient dos à dos, aussi bien les grèves "saute mouton" des directions syndicales, que les projets de grèves à l'arrache des gauchistes ! 

Pour nos gauchistes il semblerait que la grève ne soit pas un moyen mais un but. 

Par leur immobilisme actuel les salariés leurs répondent qu'ils pensent eux tout le contraire. La grève oui. La grève générale oui. Mais la grève pour un but de guerre bien précis. Pas la grève pour la grève ! 

La haine de classe au sein des directions ouvrières d’extrême gauche, nous appelant à leurs sempiternelles même grèves impuissantes depuis trente ans, existe-t-elle vraiment ?

Que ces directions nous le montrent, nous le démontrent !

- Qu'elles se mettent au diapason des gilets jaunes, et qu'elles se prononcent elles pour le départ de Macron. Chose qu'elles ne font pas.

- Qu'elles se mettent enfin à dénoncer , et nous appellent à combattre par tous les moyens, les directions ouvrières traîtres des grandes organisations politiques et syndicales. Elles ne le font pas non plus.

- Qu'elles se constituent en un front révolutionnaire, et qu'elles se mettent vraiment au service du mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes. Samedi dernier sauf le NPA, il n'y avait pas un drapeau rouge dehors.

- Qu'elles aident politiquement et financièrement les gilets jaunes à se structurer politiquement de bas en haut , jusqu'à une assemblée des assemblée qui se tiendra les 26 et 27 janvier prochain à Commercy.

- Qu'elles lancent toutes leur force dans la bataille chaque samedi dans les cortèges des gilets jaunes, qu'elles aident les gilets jaunes à pendre le dernier des CRS avec les tripes du dernier fachos qui pointera. Immédiatement qu'elles mettent en place avec les gilets jaunes des milices ouvrières d'auto défense.

- Qu'elles popularisent dans les masses l'idée d'un rassemblement central, national, unitaire et révolutionnaire, à l'appel de la gauche unie, sur la place de la Concorde, sur la Place de la Révolution, sur le mot ordre : 

"La jeunesse et le prolétariat doit virer Macron, pacifiquement dans la mesure du possible, violemment si cela s’avère nécessaire !".

Ce rassemblement devra être comme sur la Place Maïdan, comme sur la Place Tahrir, en Place jusqu'à satisfaction ! Un meeting nuit et jour debout, avec podium et prise de parole de nos révolutionnaires pour exalter les foules gilets jaunes, en Place jusqu'au départ de Macron ! 

Qu'elles dirigent enfin la base syndicale lutte des classes, vers les bureaux syndicaux, qu'elles incitent le prolétariat à se syndiquer et se resyndiquer, pour qu'avec la base syndicale combative actuelle, tous ensemble, nous puissions immédiatement foutre en dehors de nos syndicats , les partenaires de Macron, que nous puissions mettre à la tête des syndicats une nouvelle direction lutte des classes élue et mandatée.

Que les directions ouvrières de l'extrême gauche, avant toute agitation sur la grève "tâche d'huile", viennent nous parler un peu de tout cela. 

Et les travailleurs sauront ce qu'ils doivent faire.

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