Le plan Macron pour sortir de la gangue jaune.

Cet épuisement ou ce discrédit arrivé, dans un second temps, l'heure serait enfin venu de consulter le peuple par voie référendaire, et à travers un questionnaire orienté, lui faire porter à lui le peuple, la responsabilité de sa politique initiale.

Ce Dimanche 17 février nous fêterons le troisième mois de l'irruption violente des masses en gilets jaunes, dans ce domaine ou se règlent leurs propres destinées.

D’ordinaire, l’histoire est faite par des spécialistes du métier : présidents autocrates, sinistres ministres, bureaucrates syndicaux, parlementaires godillots, journalistes menteurs, chefs politiciens véreux. Mais aux tournants décisifs, quand un vieux régime devient intolérable pour les masses, celles-ci brisent les palissades qui les séparent de l’arène politique, renversent leurs représentants traditionnels et, en intervenant ainsi, créent une position de départ pour un nouveau régime. 

Ainsi parlait approximativement Trotsky: 

"...Qu’il en soit bien ou mal, aux moralistes d’en juger. Quant à nous, nous prenons les faits tels qu’ils se présentent, dans leur développement objectif. L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine ou se règlent leurs propres destinées..." ( préface de l'ouvrage " histoire de la révolution russe" de Trotsky )

Ainsi aujourd'hui se comporte-t-elle de nouveau cette histoire de la lutte des classes sous nos yeux. 

L'impérialisme français, un impérialisme de troisième ordre au abois, qui durant ces quarante dernières années à pu, avec ses partenaires sociaux, réformes libérales se succédants, et cela quelque soit la couleur politique des gouvernements, revenir sur à peu près toutes les grandes conquêtes sociales de la Libération, ce 17 novembre 2018, cette bourgeoisie sûr d'elle même la veille encore, dans sa morgue insolente, dans sa marche triomphante, se laissait-elle surprendre et envelopper dans une gangue en jaune. 

Le gouvernement Macron-Philippe se voyait obligé de faire une pause dans ses réformes libérales, d'élaborer une vaste stratégie politique en urgence, en vue de tenter de surmonter l'obstacle ouvrier se dressant devant lui.

Cette stratégie se composerait premièrement d'un gel de sa politique durant trois mois. Un laps de temps où il engagerait un simulacre de grand débat pour donner le change, et espérait-il, qui laisserait au mouvement de contestation suffisamment de temps, pour s'épuiser, et s'il ne s'épuisait pas, se discréditer aux yeux du plus grand nombre. 

Cet épuisement ou ce discrédit arrivé, dans un second temps, l'heure serait enfin venu de consulter le peuple par voie référendaire, et à travers un questionnaire orienté, lui faire porter à lui le peuple, la responsabilité de sa politique initiale.

Cette politique, après avoir par les Lois Travail I et II , réduit à rien les garanties collectives du Travail, consiste à faire payer aux travailleurs et aux chômeurs la crise financière de 2008. Cette politique c'est la réforme de l'Unedic, la réforme des Retraites et la réforme de l'Etat, avec à la clef la fin des services publics. Accessoirement faire payer au peuple la transition énergétique, plutôt qu'au patronat, lui le véritable pollueur. 

Ces réformes libérales, Macron ne pouvant plus espérer les voir portées par ses partenaires sociaux, peut être même plus par sa majorité à l'assemblée nationale, il va tout faire pour les faire passer avant l'été par référendum.

Mais cette intelligente stratégie politique, encore faut-il qu'elle soit de bout en bout portée par les directions des organisations ouvrières. Sans elles, pour la bourgeoisie, rien n'est possible.

Sans la participation du PS et du PCF au grand débat, jamais celui ci n'aurait pu voir le jour.

Sans la participation des partis d'extrême gauche, se refusant absolument de se mettre un pas devant le mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes, afin de les aider à se structurer de bas en haut dans une coordination nationale, jamais Macron ne pourrait avoir le temps de mettre en place sa stratégie.

Sans la participation maintenue des directions syndicales aux concertations-négociations de l'élaboration des réformes en cours, à la mise en place de celles déjà votées comme par exemple celle de la loi ferroviaire, jamais Macron ne pourrait espérer diriger un seul jour, le pays d'une main de fer comme actuellement.

Enfin sans l'immense confusion véhiculé par ce faux mouvement de gauche, que ce mouvement de la France Insoumise de Mélenchon, embrouillant plus les esprits ouvriers, avec son apologie constante du référendum populaire et de la perspective d'une Constituante, plus que les éclaircissant, jamais la bourgeoisie ne pourrait se donner le beau rôle de démocrate, en présentant les gilets jaunes comme, au mieux des populistes de gauche idolâtres d'un Maduro, au pire des populistes de droites non moins idolâtres d'un Bolsonaro.

La confusion politique règne et elle pèse de tout son poids.

Ce dimanche 17 février, comme un canard sans tête, par défaut le mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes, suit la stratégie débile des anarchistes, les menant de samedis en samedis, sans but autre que jouer au chat et à la souris avec les forces bourgeoises répressives.

D'un côté une stratégie politique intelligente. De l'autre une stratégie politique débile. 

La résultante de ce bras de fer est hélas peu douteux. Sans l'existence d'une avant garde révolutionnaire, sans un parti communiste comme Lénine et Trotsky le préconisent, le prolétariat travaillant en France va droit vers une défaite historique et dramatique.

Honte aux directions de LO, NPA, POI, POID.

Pas une de ces directions de partis ouvriers révolutionnaires soit disant trotskystes, n'arrivent à la cheville de Lénine. 

Ce trimestre passé est indiscutablement et de manière irréversible leur linceul !

Il y a la même différence entre les savants et les ignorants qu'entre les vivants et les morts ( Aristote ) 

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