Qui autem resistunt, ipsi sibi damnationem acquirunt..

Le Dieu contemporain c'est le Capital ! En France le Christ de la " pierre angulaire " de ce Capital, c'est Macron. Malheur à ses faux opposants, à ceux qui s'inscrivent dans une opposition du Prince !



Et ceux qui résistent de la sorte attirent sur eux-mêmes la condamnation, disait on du côté des saintes écritures, de ceux qui feignaient, de ceux qui refusaient avec entêtement de ce donner les moyens de leur politique, de construire les conditions objectives de leur victoire .

Il en est, en effet, qui pensent qu'il n'est pas opportun de résister de front à l'iniquité puissante et dominante, de peur, disent-ils, que la lutte n'exaspère davantage les méchants, alors ils feignent. Depuis bientôt deux mille ans il est démontré à quel point est vraie la parole de l'Ecriture, qu'il n'y aura jamais de paix pour celui qui résiste à Dieu, car seul le Christ est la " pierre angulaire ".

Le Dieu contemporain c'est le Capital ! En France le Christ de la " pierre angulaire " de ce Capital, c'est Macron. Malheur à ses faux opposants, à ceux qui s'inscrivent dans une opposition du Prince !

C'est sans doute en pensant profondément à ce type d'avertissement céleste, que les officieux portes paroles des gilets jaunes, paradoxalement aussi anarchistes que autocrates, ils fuient toute mise en place d'une structure démocratique, ils fuient tout débat contradictoire, ils fuient tout mandat et tous contrôle de la base, appellent via une vidéo, les gilets jaunes du pays à monter sur Paris le 16 mars.

Une vidéo d'ailleurs pleine de fraîcheur et d'enthousiasme, de mille travailleurs gilets jaunes invitant leur collègues à se bouger et monter sur Paris, très bien faite sur le plan technique et politique.

https://www.google.com/search?biw=1366&bih=576&tbm=isch&sa=1&ei=EmVxXM_JIoeKlwTEx5HIBg&q=ultimatum+16+mars+2019+gilets+jaunes+&oq=ultimatum+16+mars+2019+gilets+jaunes+&gs_l=img.3...11179.19254..21121...0.0..0.125.1207.12j3......1....1..gws-wiz-img.JwNf-knb3tg#imgrc=XuaD3dGkir-HIM:

"...Acte 18 - Ultimatum - la France entière à Paris
Nous lançons un ultimatum au président Macron et au gouvernement, si le 15 mars à minuit nos revendications ne sont pas respectées, nous appelons toute la France à monter sur Paris.

Notre débat à nous a commencé dès la mi-novembre, et rien de ce que nous avons proposé n'a été entendu !
Nous n'avons eu pour seul réponse que la violence des forces de l'ordre et le mépris des élites.

Pour que la liberté, l'égalité et la fraternité triomphent du gouvernement et des puissants, le 16 mars organisons-nous et envahissons Paris..."


Ils nous expliquent, que le grand débat du pouvoir se terminant mi mars, le mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes doit monter sur Paris. Devant le Palais de l'Elysée ? Devant l'Assemblée Nationale ? Sur l'esplanade du Trocadéro ? Sur la Place de la Nation ? Cela ils ne le précisent pas, cela ne semblant pas une urgence politique, le lieu du rassemblement national et central de cette montée sur Paris !

A quoi bon, puisque ces résistants, ne voulant surtout pas s'attirer une moindre condamnation de Jupiter, considérant opportun de résister à l'iniquité dominante de la macronie , mais pas au point d’exaspérer davantage sa méchanceté, poussent les gilets jaunes, non pas à monter sur Paris pour dégager Macron, mais à monter sur Paris pour lui fixer un ultimatum, un énième ultimatum, pourrions nous ajouter si nous voulions être méchants.

Sans doute en cheville avec les principales directions ouvrières ( partis et syndicats ), ces directions dans l'ombre du mouvement de contestation, ouvertement vent debout en défense de la V République, menacée comme chacun sait par des hordes de sauvages et d'antisémites, en ce sens et pour cela, ayant le mardi 19 février dernier, scellées de nouveau une union sacrée avec nos exploiteurs et nos oppresseurs, certaines personnalités médiatiques des gilets jaunes, fixent un ultimatum à Macron.

Essayons de comprendre le sens politique de cette doléance, de cet étonnant ultimatum, en direction d'un Macron, ne manquant pas une occasion d'affirmer qu'il avait un cap, et qu'il s'y tiendrait ?

Ce 16 mars va-t-il se fixer comme objectif d'instaurer un rapport de force susceptible de faire dévier Macron de sa trajectoire ?

Si cela était le cas, pourquoi alors les initiateurs de cette montée sur Paris, n'interpellent-ils pas les directions ouvrières, pour que elles prennent en charge cette mobilisation générale ?

Pourquoi ne dénoncent-ils pas le mutisme de ces directions ouvrières, et n'exigent-ils pas d'elles, quelles se constituent en un front unique ouvrier, que elles et personne d'autre, revendiquent un rattrapage immédiat des salaires et pensions ( leur indexation ), le rétablissement de l'ISF, le remboursement du CICE, la nationalisation des autoroutes sans indemnités ni rachat pour les actionnaires, L'échelle mobile des heures de travail et une politique de grands travaux dans le but de commencer réellement à résorber le chômage ?

Nul doute ! Un tel appel à l'initiative des directions ouvrières ( partis et syndicats ), s'engageant de plus à aider financièrement cette masse de travailleurs pauvres et précaires en gilets jaunes à monter sur Paris, aurait fatalement un immense écho dans la jeunesse et le prolétariat. Il serait de plus, La solution à la crise politique que traverse notre pays, et la peur panique chez certains, de s'imaginer que toute résistance faite à Macron profite à la droite et à l'extrême droite. 

Les directions ouvrières, constituées en un front unique ouvrier, et fixant à Macron cet ultimatum : "fait cracher la bourgeoise ou dégage !" , réglerait immédiatement la crise politique, en étant lui ce front unique ouvrier, Le débouché naturel politique et gouvernemental.

Comment les millions et les millions de jeunes, de travailleurs, de retraités en gilets jaunes, ne pourraient pas ne pas aller voter pour ce front unique ouvrier, venant à leur aide, et décidé enfin à être à leur aise quant aux revendications sociales et radicales, radicales parce que sociales, dans l'éventualité d'une consultation électorale ?

Mais au lieu de ça, les initiateurs anarchistes du 16 mars, dans leur petit couloir et de manière on ne peut plus doctrinaire, vont pousser le mouvement ouvrier révolutionnaire des gilets jaunes, dans leur sens, et hélas je le pense dans une impasse totale et fatale.

Pour capter l'attention des travailleurs en gilets jaunes, les porte-paroles anarchistes du moment, sont bien obligés de faire dans la démagogie, et aller caresser dans le sens du poil les masses. 

Ces masses, complètement désorientées politiquement, du fait qu'il n'existe pas dans le pays un front unique ouvrier, encore moins un parti communiste avant gardiste, sont sous la coupe idéologique de la classe dominante, ne serait ce qu'à travers cette immense caisse assourdissante et débilitante des médias, assez déstabilisante pour réussir à leur faire croire que La solution ce serait la prise en compte des référendums d'initiatives citoyens ou populaires.

Et lorsque le 16 mars invite les gilets jaunes à fixer un ultimatum à Macron à l'issue du grand débat, c'est bien entendu sur la question référendaire, et sans doute de manière plus précise, sur le choix des questions devant être poser au peuple, que porte cet ultimatum.

Macron sans surprise, puisque désormais privé de partenaire sociaux, voudra sans nul doute faire passer sa politique, consistant en ses reformes libérales, en les faisant plébisciter par le peuple et par voie référendaire.

Ses opposants, ses faux opposants bien plutôt, que veulent-il faire à partir du 16 mars, sinon contester à Macron le choix des questions à poser !

De belles émissions politiques télévisuelles en perspective donc pour le printemps :

Les français veulent pouvoir avoir l'initiative citoyenne de décider : si il est normal que des travailleurs partent plus tôt que d'autres à la retraite, si il est tolérable de maintenir des impôts insupportables, sous le prétexte que le chômage ne cesse de peser sur le budget de l'Etat, qu'il y a pléthore de fonctionnaires d'Etat.

Le principe référendaire, tout type de référendum, n'est il pas tout compte fait, cette punition du prolétariat, dont Trotsky dans ses écrits parle ?

Il n'est évidemment jamais trop tard pour bien faire, et ce XV samedi massif des gilets jaunes est là pour le prouver, mais anticiper, fixer un ultimatum à Macron, à l'échéance du 16 mars, il fallait oser quand même !

Qui autem resistunt, ipsi sibi damnationem acquirunt..

 

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