Pourquoi les comités de grève ?

Seule une instance vraiment représentative de tout le personnel peut prétendre représenter et diriger la grève illimitée qui va débuter le 05 décembre à la RATP.

FRONDE SYNDICALE A LA BASE

 

Pourquoi les comités de grève ? 

 

Les temps ont changé et les organisations syndicales aujourd’hui sont bien loin de leur splendeur passée !

Inutile ici de développer sur le pourquoi du comment de cette dégénérescence avancée du syndicalisme ouvrier, et contentons nous du constat objectif attestant que dans une entreprise comme la RATP, le taux de syndicalisation est extrêmement bas. Bien pire, non seulement les syndicats sont à la peine dans leur recrutement, mais de plus ils ne font plus recette à l’occasion des élections professionnelles.

Certaines directions syndicales à la RATP, pour ne pas la nommer l’UNSA, se gargarise d’être le premier syndicat à la RATP. Que disent les chiffres sinon que ce syndicat est borgne dans le royaume des aveugles !

« …Les élections professionnelles à la RATP ont bouleversé le paysage syndical au sein de la régie avec l'Unsa qui gagne la première place avec 30,19 % des voix (…) ce scrutin a également été marqué par une faible participation, avec un taux de 45,13 % (contre 65 % en 2014)… » Nous dit le site du journal « Le Point.fr » daté du 29.11.18. 

Quelle est la représentativité réelle de ce syndicat ? Relative sinon ridicule !

Moins de 50% de participation, cela ramène le 30 % de l’UNSA à 15 %. Sur les 45 783 agents de la RATP  ayant élus leurs représentants au sein des CSE de la RATP, seulement 19 817 agents ont participé au scrutin, et seulement un gros 5000 collègues a voté pour l’UNSA ! 

Devons-nous accepter que 5000 de nos collègues, leurs élus, dirigent la grève qui vient, et que les 40 000 camarades restants comptent les points, où mieux qu’ils se réunissent le matin en assemblée générale pour organiser le barbecue du midi ?

Non ! Seule une instance vraiment représentative de tout le personnel peut prétendre représenter et diriger la grève illimitée qui va débuter le 05 décembre à la RATP.

Les organisations syndicales toutes réunies ne sont pas même représentatives de la majorité des agents de la RATP.  Nous ne pouvons que conseiller à leurs directions d’être humbles, et que plutôt que d’essayer de « dialoguer » en notre nom avec le pouvoir, qu’elles commencent à nous proposer leur service, histoire ne serait ce de reconquérir une confiance perdue.

Avec les travailleurs et à leur service, les directions syndicales doivent aider à mettre en place des comités de grève à la base, un Comité de grève Central au sommet de  la RATP.

Le travail ne va pas manquer !

Un comité de grève, à partir du moment où il est l’émanation de la volonté d’une très grosse majorité d’un personnel gréviste donné, est le patron dans la tôle !

Il en a tous les attributs, les responsabilités aussi ! 

Un comité ouvrier dans une entreprise à l’arrêt, c’est avant toute chose organiser les grévistes et les diriger dans un but déterminé en assemblée du personnel.

Il faut neutraliser absolument la direction locale, et bien lui faire comprendre qu’il ne sert à rien de faire venir des huissiers dans l’entreprise pour un oui ou pour un non.

Il faut sélectionner parmi les grévistes les plus jeunes et les plus sportifs les éléments pour mettre en place un service d’ordre, un service d’ordre qui sera là pour protéger les grévistes, pour annihiler aussi tout désordre, même ceux qui potentiellement surgiraient de nos rangs.

Pas touche à l’outil de travail sans l’aval d’un consensus en assemblée générale !

Bien plutôt, un comité peut et doit, si des ordres viennent de plus haut, d’un Comité Central par exemple, jouir comme il l’entend de cet outil, faire sortir les bus, faire rouler les métros, pour amener des manifestants là où il faut et quand il le faudra.

Il faut enfin que le comité de grève se soucie des plus faibles d’entres nous. Partant du principe que la force d’une chaine est dans son maillon le plus faible, un comité ouvrier doit solliciter la caisse des syndicats pour aider les camarades à tenir la grève le temps qu’il faut.

Les directions syndicales ne devraient pas avoir trop de mal à aider financièrement, elles ont obtenus 83 millions de subventions du contribuable en 2016 (le site « Capital.Fr » du 07.12 .18).   

L’élection des comités de base partout doit avoir  lieu le plus tôt possible, le 05 décembre ce sera très bien. Chaque jour de grève nous coûte à nous, moins à eux les bureaucrates. 

Plus vite il sera possible de former nos bataillons, avec à la tête de nos comités de base, des délégués probes et inspirés, plus vite cette grève sera faite à l’économie ! 

Le non moindre de la responsabilité de ces délégués (élus, mandatés et révocables à tout moment par une assemblée générale souveraine) réunis dans un comité de base, sera d’envoyer une délégation élire dans une assemblée des assemblées centrale,  un comité central des travailleurs de la RATP, seule instance représentative apte à négocier ou non, avec Macron et sa bande de prévaricateurs.    

C’est réunis que les charbons brûlent ; c’est en se séparant que les charbons s’éteignent.

Les frondeurs CGT de la RATP                                                                                                                                              26 novembre 2019

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