Et Cahuzac de réapparaître… à Cayenne

Le recrutement de Jerôme Cahuzac par le centre hospitalier de Cayenne est-il vraiment opportun ?

Le Huffington post nous l’apprend : Cahuzac va aller à Cayenne !

Qu’on se rassure, le bagne n’a pas été remis en service pour ce délinquant particulier (et nous nous en félicitons). L’histoire est plus banale sans l’être tout à fait. Rappelons que l’ex-ministre de l’économie et des finances avait été condamné pour fraude fiscale à trois ans de prison ferme en 2016. Cette peine a été « aggravée » en appel en 2018 puisqu’elle est passée de trois à quatre ans de prison mais aussi singulièrement allégée puisque la prison ferme a été ramenée de trois à deux ans… ce qui permet au condamné de bénéficier d’un aménagement de la peine et donc d’éviter la prison.

L’aménagement de peine n’a toutefois pas été prononcé avec le verdict et il dépend donc du juge d’application des peines… qui ne manquera donc pas d’en faire bénéficier l’ancien ministre, au vu de son admirable engagement (limité à un mois, il ne faut quand même pas exagérer) au service de la population amérindienne de la Guyane. La réputation du condamné auprès du public pourrait même bénéficier de cette démarche altruiste et généreuse.

Et il n’y aura que les esprits chagrins pour considérer que le recrutement de Cahuzac par l’hôpital de Cayenne n’améliorera guère l’image de  la Guyane. Ce département, pourtant très attachant par la diversité de sa population comme par la richesse unique de son environnement, souffre déjà d’être associé à l’histoire du bagne. Il n’était pas peut-être pas utile de mobiliser ses services de santé pour recycler un condamné.

Et il n’y aura sans doute aussi que les grincheux pour s’interroger sur les compétences du Docteur Cahuzac qui, après avoir fait fortune dans l’implant capillaire, a eu la carrière politique que l’on sait. Sans doute est-il docteur en médecine et inscrit au conseil de l’ordre mais quand a-t-il vu son dernier malade ? Les Amérindiens de Guyane ne sont pas des citoyens de seconde zone et ils ont le droit d’être traités par des patriciens compétents.   

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