Rejouons « Game of thrones » avec des politiciens français comme interprètes … (lol)

Sans aucun message politique ni avéré ni subliminal mais dans le seul objectif de rire un peu, cet article propose un casting de politiciens français pour une version hexagonale de la fameuse série Game of thrones....

La série « Game of thrones » met en scène une multitude d’appétits voraces pour la conquête du trône de fer, c'est à dire du pouvoir. Comme le jeu des acteurs est franchement limité, il devrait être possible de tourner une nouvelle version sans professionnels du cinéma. Imaginons donc un casting avec des hommes politiques français dans les rôles principaux de la série.

Les caractéristiques des premiers rois de la série devraient permettre à trois anciens chefs de l’État français de retrouver la place prépondérante qu'ils regrettent :

Le vieux roi Robert Baratheon est un lutteur. Brillant dans les combats, jamais aussi percutant que lorsqu'il est au cœur de la mêlée et capable de retourner une situation désespérée, il est en revanche totalement inapte à l'exercice du pouvoir et n'occupe le trône que pour en jouir, faire bonne chère et assouvir ses appétits sexuels. Quoiqu'il ne lui convienne en rien, ce rôle serait l'occasion pour Jacques Chirac de remonter sur scène.

Premier fils de Cersei Lannister, Joffrey Baratheon est l'héritier naturel du précédent monarque. Un tantinet déséquilibré par un ego maladif, totalement imprévisible, sujet à des excitations aussi fugaces qu'inconséquentes, il ne laisse guère de traces dans l'Histoire. Ce rôle doit être joué par un homme physiquement petit. Bien qu'il ne ressemble aucunement à ce personnage finalement haï de tous, Nicolas Sarkozy pourrait être contacté pour ce rôle.

Deuxième fils de Cersei Lannister et successeur de Joffrey, Tommen Baratheon dispose d'une inimitable incompétence molle, d'une incapacité notoire à décider, d'une certaine paresse aussi morale que physique. Il finit néanmoins par se croire roi et il accumule alors les décisions stupides sans même être fidèle à ses amours. En l'absence de tout candidat qui puisse jouer avec conviction ce rôle assez facile, il nous faudrait l'offrir à François Hollande.

Les sept royaumes sont menacés par un danger mortel : les marcheurs blancs. Création des enfants de la forêt auxquels ils ont échappé, les marcheurs blancs ont été jadis à l'origine d'un long conflit appelé la Longue Nuit. Vaincus lors de cette guerre, les marcheurs blancs aux yeux bleus réapparaissent et ils sont parfaitement décidés à éradiquer ceux qui ne sont pas comme eux. Et le mur qui devait les contenir hors de la société n'est plus défendu par personne. Quoique nul ne réponde aux critères exigés pour le rôle de leader des marcheurs blancs, le hasard nous suggère de le proposer à Marine Le Pen.

Westeros, le continent des sept royaumes, doit faire face à un autre danger : Daenerys Targaryen, la reine des Dragons. Le personnage veut incarner la jeunesse mais aussi le nouveau monde qui doit être créé sur les ruines de l'ancien. Soucieuse de réorganiser en profondeur la société bien imparfaite des sept Royaumes, Daenerys n'hésite cependant pas à utiliser pour ce faire les plus violentes et les plus brutales des méthodes du monde qu'elle prétend détruire. Elle s'appuie sur ses dragons, figures allégoriques de la brutalité la plus ancestrale. Elle dispose de partisans fanatisés qu'elle a au demeurant achetés. Elle libère les pays dont elle crucifie joyeusement les notables sans manquer de verser une larme émouvante sur la douleur des parents éplorés par la disparition de leurs enfants dévorés par ses dragons. Sa soif de pouvoir dévoile peu à peu sous la jeune et sympathique réformiste une fanatique autoritaire pour laquelle certains hommes ne sont sans doute rien et qui considère tout opposant comme un ennemi. Bien que rien ne permette d'associer les deux caractères, il pourrait être envisagé de faire appel à Emmanuel Macron pour ce rôle.

Personnage central de la série, Jon Snow est particulièrement difficile à interpréter. Il est ennuyeux à mourir et nul ne souhaiterait partir en week-end avec lui. Il est sans cesse torturé par la moindre problématique qui ne peut s'expliquer qu'en cinquante points. Il est miné par la recherche maladive d'une perfection inaccessible. Il est expert dans l'art de se faire des ennemis et d'échouer sous les meilleurs auspices. Il accepte toutes les positions subalternes sans tout à fait renoncer au pouvoir. Il est longtemps écartelé entre son destin auquel il a cru et l’allégeance à une force supérieure à la sienne. Au nom de sa fidélité, il avale nombre de couleuvres mais il prend finalement conscience de la monstruosité du pouvoir qu'il sert. A défaut de trouver un politicien qui colle à ce rôle, il pourrait être proposé à François Bayrou.

En voilà un qui traverse les épisodes sans faire trop parler de lui. : Brandon Stark. Il est en fait au dessus des partis. Il a des visions qui lui indiquent ce qui va arriver. Il est le seul être au monde à voir les choses sans forcément les comprendre ni sans vraiment savoir comment éviter les cataclysmes annoncés.  Il détient néanmoins la Vérité. Il faut donc un prétendant qui ignore la modestie tout en croyant en son génie. Faute de candidat crédible, il faudrait peut-être contacter Jacques Attali.

Et puis il y a le sage qui n'en reste pas moins humain : Samwell Tarly. C'est un érudit qui annonce le désastre à venir mais que tous ignorent, un prophète qui ne parvient pas à convaincre ni même à être entendu. Il est celui qui a raison car il ne parle que de ce qu'il connaît. C'est le seul personnage qui a un prétendant naturel : et si on appelait Thomas Piketty ?

Il est dans la série un personnage qui ne fait que passer mais qui marque les esprits : Le Grand Moineau. Paré des vertus indiscutables que confère l’ascétisme au moins apparent et la conviction religieuse, il est suivi par des adeptes qui ont foi en lui, qui vénèrent son infaillibilité et qui ne voient plus leur gourou tel qu'il est. C'est un révolutionnaire dont nul ne doute qu'il est en fait avide de pouvoir personnel. Compte tenu de sa prochaine disponibilité et bien qu'il ne lui convienne nullement, ce rôle pourrait être tenu par Jean-Luc Mélenchon.

Un autre personnage passe et souffre à travers les épisodes de la série: Theon Greyjoy. Jamais vraiment accepté par la famille des Stark qui n'est pas la sienne mais avec laquelle il a grandi par accident, néanmoins associé au pouvoir de cette famille qui s'effondre, malmené par tous, traître à tous ses engagements successifs, caricature du veule qui doit aux autres tout ce qu'il a, Theon Greyjoy joue volontiers au coq qui croit avoir l'envergure d'un aigle. Ce fils des Îles de Fer finit par aller tenter sa chance dans son pays d'origine avec le succès que l'on sait. Si d'aventure il revenait de Barcelone, Manuel Valls pourrait se forcer pour tenir ce rôle qui n'est aucunement le sien.

La série, consacrée à la lutte pour le pouvoir, regorge bien entendu de ces personnages secondaires qui trahissent sans cesse pour servir celui qui occupe le trône ou qui est le mieux placé pour le conquérir. Et ce sont en particulier Petyr Baelish ou Lord Varys qui incarnent cette engeance fort rare en politique hexagonale et plus encore en macronie. Ces deux personnages de la série sont des serviteurs inamovibles du pouvoir quel qu'il soit, des fourbes versatiles qui retournent leurs vestes à la première occasion afin de rester toujours du côté du manche et de se maintenir dans un luxueux palais. Autant dire qu'il n'y a quasiment personne en France pour jouer avec conviction ces rôles peu sympathiques. A défaut de candidat naturel, pourraient être proposés François de Rugis dans le rôle de Littlefinger et Bruno Le Maire dans celui de Lord Varys. Mais le casting pourrait aussi se contenter respectivement de Richard Ferrand et d'Édouard Philippe.

Plus rare encore est le versatile qui se justifie, comme ne cesse de la faire le nain Thirion Lannister. Il fut dans sa jeunesse haï par les imbéciles pour ce qu'il était de naissance. Il est membre d'une famille (politique) qu'il a ensuite trahi sans vergogne. D'aucuns lui ont reproché des attitudes morales controversées. Il est doté d'une intelligence manifeste mais aussi d'une appétence insatiable pour les cercles du pouvoir, sans souhaiter pour autant s'exposer au premier plan. Il passe donc d'un camp à l'autre sans cesser de prétendre que c'est le monde qui change et non lui (comme le disait Edgar Faure en son temps, ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent). Il se met finalement au service du camp qui gagne sans cesser de revendiquer une justification morale de chacun de ses choix. Comme ce rôle ne convient à personne, Daniel Cohn-Bendit accepterait peut-être de le prendre.

Le personnage de Jammy Lanister est secondaire mais important. Membre d'une grande famille associée au pouvoir depuis des générations, témoignant à l'égard du système qui a enrichi sa lignée d' une fidélité qui frise l’imbécillité et ne modifiant jamais son cap, même s'il sait que celui-ci le conduit au naufrage et précipitera le pays dans le chaos. Bref, on ne voit pas personnage plus éloigné de cette description que Jean-Louis Debré qui devrait pouvoir jouer ce rôle assez facile.

Ce casting est bien entendu incomplet et chacun est invité à l'enrichir et/ou l'amender. Il y manque surtout le personnage de Cersei Lannister. Compte tenu du casting ci-dessus, il est en effet difficile de trouver une candidate qui puisse endosser avec conviction les rôles concomitants de femme de Jacques Chirac, de mère de Sarkozy et de Hollande, de sœur de Daniel Cohn-Bendit et de Debré dont elle serait aussi l'idole et de manipulatrice maladroite de Mélanchon. Peut-être faudrait-il incarner l'ENA pour ce rôle ? Quelques petits rôles restent aussi à attribuer comme ceux de fondés de pouvoir de la Banque de Fer (qui iraient aussi mal à François Pinault  qu'à Bernard Arnault), ceux de la famille Tyrel qui parviennent à tout perdre avec une aisance confondante (peut-être les membres encore debout du Parti Socialiste?) ou ceux de la famille Martell de la principauté de Dorne qui s'entre assassinent avec une ferveur tout à fait remarquable (les apparatchiks des Républicains?).

Quel beau film ce pourrait-être !

PS: Inutile de préciser que cet article n'a aucune prétention politique et qu'il n'a d'autre objet que d'amuser ceux qui voudront bien le lire...

 

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