Covid-19 - Des traitements existent : exemples d'études scientifiques publiées.

Même si les autorités sanitaires et politiques françaises continuent de dire "qu'il n'y a pas de traitement" contre le Covid-19, de nombreuses études scientifiques soulignent l'efficacité de plusieurs molécules, notamment en traitement préventif ou précoce.

Face aux Covid-19, divers traitements sont envisagés par des équipes de recherche médicale, en cherchant à cibler divers stades de la maladie.

Les traitements préventifs (ou prophylactiques) sont administrés avant que l'on tombe malade. Ils visent à réduire les risques de contamination lorsqu’on rencontre le virus.

Ils peuvent être proposés à des patients sans qu’un risque d'exposition au virus ait déjà été identifié (prophylaxie pré-exposition, ou PrEP), ou à des patients qui ont été exposés à un risque (prophylaxie post-exposition, ou PEP)

Les traitements précoces, dispensés aux patients infectés (testés positifs et/ou présentant les premiers symptômes de la maladie maladie), visent à empêcher que la maladie n’évolue vers des formes sévères nécessitant une hospitalisation.

Les traitements tardifs, dispensés à des malades déjà assez atteints pour nécessiter une hospitalisation, visent à éviter que la maladie évolue vers une phase critique nécessitant un admission en réanimation, ou vers un décès.

La recherche scientifique a cherché à évaluer l’efficacité de traitements dans chacun de ces cas, avec des molécules existant déjà (repositionnement) et dont les effets secondaires sont déjà bien connus.

Voici quelques exemples d’études dont le résultat était à lui seul statistiquement significatif.
(D'autres études, au résultat individuellement non significatif, peuvent être source de données utiles pour des méta-analyses.)

Prévention pré-exposition (PrEP)

Ivermectine

Une étude de Carvallo et al. menée auprès de 1195 personnels soignants en Argentine montre un puissant effet préventif d’un traitement à base d’Ivermectine et de carraghénane. Parmi le groupe contrôle de 407 soignants, 237 (58%) avaient été contaminés deux mois après le début de l’étude, mais aucun dans le groupe de 788 soignants traités.
(Article publié après validation par les pairs.)

Bernigaud et al. ont analysé la situation d’un EHPAD du Val de Marne, dans lequel une épidémie de gale en mars a conduit à traiter tous les pensionnaires et le personnel à l’Ivermectine, y compris les personnes déjà positives au Covid-19. Dans cet EHPAD, personne n’a développé de forme sévère, et aucun décès n’est intervenu.
(Article publié après validation par les pairs.)

Hellwig et Maia ont comparé le taux d’incidence du Covid-19 entre trois groupes de pays d’Afrique : ceux qui utilisent régulièrement l’Ivermectine en prévention des maladies parasitaires, ceux qui utilisent d’autres traitements préventifs contre les maladies parasitaires, et ceux qui n’ont pas de politique de prévention. La différence d’incidence du Covid-19 est statistiquement extrêmement significative : les pays distribuant régulièrement l’Ivermectine ont nettement moins de cas de Covid-19 que les pays n’ayant pas de prévention contre les parasites.
(Article publié après validation par les pairs.)

Hydroxychloroquine

(Remarque : les médias se sont largement faits l'écho d'études montrant l'inefficacité de l'hydroxychloroquine. Dans presque tous les cas, il s'agissait d'études concernant un traitement tardif, comme on l'a détaillé dans un précédent billet.)

Mathai et al. ont étudié le cas de deux groupes de personnels soignants, travaillant dans un même centre de soins, en Inde, auprès de malades atteints de Covid-19. Un groupe de 491 personnels soignant prenait de l’hydroxychloroquine de façon préventive, et un groupe de 113 personnels n’en prenait pas. L’étude a observé un taux d’infection de 19,4 % dans le groupe non traité (22 des 113 personnels ont attrapé le Covid-19), contre 2,1 % dans le groupe traité (10 personnels avaient été infectés parmi les 491 traités.) L’étude conclut à une efficacité de l’hydroxychloroquine en prophylaxie.
(Article publié après validation par les pairs.)

Alam et al. ont également étudié deux groupes de soignants dans un hôpital de Dhaka au Bangladesh durant 4 mois. Sur 58 soignants recevant une dose de 12mg d’Ivermectine par mois, 4 ont été testés positifs durant l’étude, contre 44 testés positifs parmi les 60 soignants du groupe contrôle sans traitement.
(Article publié après validation par les pairs.)

Une étude de Zhong et al a été menée en mars 2020 dans le Hubei, sur des patients atteints de maladies rhumatismales dont un membre de l’entourage était atteint de Covid-19. Parmi les divers traitements contre ces maladies, seule l’HCQ a eu un effet statistiquement significatif sur la réduction du nombre de patients contaminés au Covid-19.
(Article publié après validation par les pairs.)

Vitamine D

De nombreuses études montrent une corrélation entre la déficience en vitamine D et l'apparition de divers degrés de sévérité du Covid-19 (contamination, hospitalisation, soins intensifs, décès.) Plusieurs études permettent d’écarter l’hypothèse que, par exemple, ce soit le Covid-19 qui soit responsable d’une baisse du taux de vitamine D, et viennent donc renforcer l'hypothèse d'une causalité, selon laquelle la déficience en vitamine D représenterait un facteur de risque face au Covid-19 :

Jain et al. ont étudié les données médicales de 987849 habitants de Floride de 2015 à 2020. Une analyse statistique menée à partir des dossiers de patients déficients en vitamine D montre qu’ils avaient 4,6 fois plus de chances d’être testés positifs au Covid-19.
(Article publié après validation par les pairs.)

G. Annweiler et al. ont étudié les cas de 93 patients âgés admis à l’hôpital universitaire d’Angers pour un Covid-19. Certains recevaient une supplémentation en vitamine D depuis un an (groupe 1), d’autres ont reçu de la vitamine D après leur contamination (groupe 2), et d’autres aucune supplémentation en vitamine D (groupe 3). De façon statistiquement significative, les patients du groupe 1 ont moins évolué vers des formes sévères et ont compté moins de décès que les autres groupes.
(Article publié après validation par les pairs.)

C. Annweiler et al. ont mené une étude dans un EHPAD du Rhône. Parmi 66 pensionnaires diagnostiqués positif au Covid-19, la mortalité a été nettement plus faible (17,5%) chez les patients ayant reçu une supplémentation en vitamine D juste avant ou pendant le Covid-19, que chez les patients n’en ayant pas reçu (55,6%).
(Article publié après validation par les pairs.)

Prévention post-exposition (PEP)

Ivermectine

Shouman et al. ont mené en Égypte un essai randomisé sur 304 cas contacts de personnes atteintes de Covid-19. Parmi elles, 203 cas contacts ont reçu un traitement préventif d’Ivermectine (2 doses, calculées selon le poids du patient, administrées aux jours 1 et 3), et les 101 personnes du groupe contrôle n’ont pas reçu de traitement. Au jour 14, 58,4 % du groupe contrôle avait développé une forme symptomatique de Covid-19, contre 7,4 % du groupe traité.
(Article en attente de validation par les pairs.)

Hydroxychloroquine :

La première étude publiée est menée en Corée, par Lee et al. Après une exposition à un risque élevé de contamination par le SARS-CoV2 dans un centre de soin, 211 personnes ont été mises en quarantaine et traitée à l’hydroxychloroquine. Après 14 jours de quarantaine, toutes avaient un test PCR négatif.
(Article publié après validation par les pairs.)

Dhibar et al. ont mené une étude incluant des personnes mises en quarantaine pendant 14 jours après avoir probablement été en contact avec le virus. Un groupe de 132 personnes a reçu un traitement préventif  : 800mg d’HCQ le premier jour et 400mg d’HCQ chaque semaine pendant 3 semaines. Le groupe contrôle de 185 personne ne recevait pas de traitement. Au bout de 4 semaines, le groupe contrôle avait compté 19,5 % de cas déclarés de Covid-19 (15, % de Covid-19 confirmés par PCR et 4,3 % de cas présumés), tandis que le groupe traité comptait 10,6 % de cas de Covid-19 (7,6 % confirmés par PCR et 3 % présumés.) Ces résultats étaient statistiquement significatifs.
(Article publié après validation par les pairs.)

Simova et al. ont mené une étude sur des personnels soignants en Bulgarie, en proposant un traitement prophylactique à 204 personnels soignants de l’Institut Bulgare de Cardiologie (BCI) ayant été au proche contact de patients atteints de Covid-19. Parmi les 156 personnels ayant pris le traitement (200mg d’HCQ + 50mg zinc par jour pendant 14 jours), aucun n’avait été testé positif à la fin de l’étude, contre 3 positifs parmi les 48 personnels ayant refusé le traitement.
(Article publié après validation par les pairs.)
Depuis cette étude, le BCI propose une prophylaxie a tous ses membres, sous forme d’une alternance : un mois sur deux avec prise de 200mg d’hydroxychloroquine par jour, et un mois sur deux sans traitement.

Traitements précoces

Azithromycine + Hydroxychloroquine + Zinc

Simova et al. ont proposé un traitement à base d’hydroxychloroquine (600mg/j) + azithromycine (500mg/jour) + zinc (50mg/jour) aux 38 membres du personnel soignant de l’Institut Bulgare de Cardiologie (BCI) testés positifs au Covid-19 entre mars et octobre 2020. Chez les 33 membres ayant suivi le traitement, les symptômes avaient disparu après 2 à 4 jours de traitement, aucun n’a dû être hospitalisé, et tous étaient négatifs 14 jours après le début du traitement. Parmi les 5 ayant refusé le traitement, 3 étaient encore positifs au jour 14, et 2 ont dû être hospitalisés.
(Article publié après validation par les pairs.)

Derwand et al. ont mené une étude rétrospective sur des patients testés positifs au Covid-19. Le groupe de 141 patients traités (par 500mg d’azithromycine + 400mg d’HCQ + 50mg de zinc pendant 5 jours) était constitué de patients de + de 60 ans, symptomatiques ou non, et de patients de – de 60 ans s’ils avaient certaines comorbidités ou le souffle court. Le traitement débutait en moyenne 4 jours après l’apparition des symptômes. Le groupe contrôle, non traité, était constitué rétrospectivement à partir de dossiers médicaux de 377 patients issus de la même communauté new-yorkaise que les patients traités. Dans le groupe traité, 2,8 % des patients ont été hospitalisés, contre 15,4 % de ceux du groupe non traité. Parmi les 141 patients traités, un seul (0,7%) est décédé, après avoir été hospitalisé dès le lendemain du premier jour de traitement ; dans le groupe contrôle, 13 décès (3,4%) étaient recensés.
(Article publié après validation par les pairs.)

Vitamine D

C. Annweiler et al. ont mené une étude dans un EHPAD du Rhône. Parmi 66 pensionnaires diagnostiqués positif au Covid-19, la mortalité a été nettement plus faible (17,5%) chez les patients ayant reçu une supplémentation en vitamine D juste avant ou pendant le Covid-19, que chez les patients n’en ayant pas reçu (55,6%).
(Article publié après validation par les pairs.)

Ivermectine + Azithromycine + Vitamine D

Espitia-Hernadez et al. ont mené une étude sur 35 patients testés positifs à Mexico. Un groupe de 28 personnes a été traité par une combinaison d’azithromycine (500mg/j pendant 4 jours) + Ivermectine (4 fois 6mg/j aux jours 0, 1, 7 et 8) et vitamine D (pendant 30 jours). Les 7 autres patients constituaient le groupe contrôle. Une amélioration des symptômes était observée dès 3 jours en moyenne pour le groupe traité contre 10 jours en moyenne pour le groupe contrôle. Et 100 % du groupe traité était redevenu négatif au jour 10, tandis que 100 % du groupe contrôle était encore positif.
(Article publié après validation par les pairs.)

 

Ce ne sont ici que quelques exemples. Des centaines d'autres études, moins robustes statistiquement, ou non encore validées, vont dans le sens d'une efficacité de l'Ivermectine (en traitement préventif, précoce ou tardif), de l'azithromycine en traitement précoce, de l'hydroxychloroquine en traitement préventif ou précoce, de la vitamine D en traitement précoce... pour ne parler que de molécules déjà connues, bon marché et sans effets secondaires imprévisibles, que personne n'a intérêt à faire passer pour efficaces, puisqu'elles sont tombées dans le domaine public et qu'elles sont largement génériquées.

 

Ces traitements sont-ils adoptés par des médecins ? Par des états ?

Ces divers traitements, et d'autres encore, sont mis en œuvre à diverses échelles, et il peut être intéressant de se pencher sur la situation sanitaire des zones où ils sont largement adoptés : même si cela ne suffit pas à constituer une preuve scientifique, il se peut qu'on en tire des indices d'une efficacité ou d'une inefficacité.

Quelques exemples :

Si l'étude de Hellwig et Maia, mentionnée plus haut, s'est penchée sur le taux d'incidence du Covid-19 dans des pays qui utilisaient ou non l'Ivermectine en prévention d'autres maladies, on peut aussi se pencher sur le taux de mortalité de ces pays. En s'appuyant sur la figure fournie dans l'étude de Hellwig et Maia (Fig.1) et en se référant au site Worldometers.info, on peut constater qu'aucun des pays répertoriés comme utilisant l'Ivermectine en prévention régulière contre les maladies parasitaires n'a, au 18 décembre 2020, enregistré une mortalité supérieure à 32 décès par million d'habitants. (Rappelons qu'à cette date, la France a enregistré 912 décès par million d'habitants.)

Fig.1 : Pays utilisant ou non l'Ivermectine en prévention des maladies parasitaires © Hellwig et Maia Fig.1 : Pays utilisant ou non l'Ivermectine en prévention des maladies parasitaires © Hellwig et Maia

Un autre exemple vient du Mexique, où le Chiapas a mené en Juillet 2020 une campagne de dépistage volontariste, en envoyant 600 équipes faire du porte à porte pour repérer les cas de Covid-19, et donner un kit de traitement comprenant de l'Ivermectine, de l'azithromycine, du paracetamol, de l'oseltamivir et du calcium... Le Chiapas est le seul état du Mexique a avoir mené une telle campagne, le gouvernement central continuant à affirmer qu'aucun traitement n'existe. Le suivi du nombre de cas et du nombre de décès au Chiapas montre une évolution différente de celles des autres états (Fig. 2)

Fig.2 : Evolution du nombre de cas et de décès dus au Covid-19. Chiapas en vert vif vs autre états © Juan Chamie Fig.2 : Evolution du nombre de cas et de décès dus au Covid-19. Chiapas en vert vif vs autre états © Juan Chamie

L'Inde a préconisé l'hydroxychloroquine en traitement préventif pour les personnels soigants dès le mois de mars 2020, puis plus largement. L'état de l'Uttar Pradesh a révisé sa politique de prévention et de traitement en août 2020, en remplaçant l'hydroxychloroquine par l'Ivermectine.

L'hydroxychloroquine est largement utilisée, seule ou associée à d'autres molécule (azithromycine, zinc...) dans de nombreux pays, certains la recommandant officiellement. Un site fournit des indications sur l'utilisation d'hydroxychloroquine, en s'appuyant sur diverses sources, officielles, médiatiques ou autres, dont les liens sont indiqués, pays par pays.

On peut s'interroger sur l'évolution contrastée au fil du temps de la situation sanitaire de certains pays ayant officiellement adopté au mois de mars un traitement précoce à base d'hydroxychloroquine et d'azithromycine, tels que la Grèce, la Turquie ou le Maroc, qui ont semblé très protégés au printemps mais subissent une phase plus meurtrière depuis l'automne. Comment cela s'explique-t-il ? On peut soulever diverses hypothèses : faible bilan au printemps dû à d'autres facteurs que le traitement HCQ+azi ; moindre recours aux traitements cet automne ; apparition de mutants (ou variants) du virus résistants au traitement... On ne les examinera pas ici.

L'azithromycine, seule ou associée à d'autres molécules, est utilisée par de nombreux médecins en France, si l'on en croit l'analyse faite par le Dr Maudrux, qui constate que 100000 boîtes de plus de Zithromax ont été vendues en septembre 2020 par rapport à septembre 2019. Claude Escarguel se fait le porte-parole d'un collectif de médecins qui prescrivent l'azithromycine ou d'autres macrolides en traitement précoce, demandant que l'efficacité de cette piste thérapeutique soit prise en compte et évaluée par les autorités sanitaires.

D'autres traitements encore ont été promus : Madagascar a encouragé un traitement à base d'artemisia annua, plante utilisée depuis qulelques années contre le paludisme, et combattue par les laboratoires pharmaceutiques, au point d'obtenir son interdiction dans certains pays, dont la France. Au 18 décembre 2020 Madagascar avait enregistré 9 décès du Covid-19 par million d'habitants.

A l'inverse, certains pays ont interdit certains traitements. La prescription d'hydroxychloroquine a par exemple été interdite aux médecins en France en mars 2020, et en Italie en mai 2020. (En France, les décrets d'interdiction ont discrètement pris fin en juillet ; en italie, des médecins ont contesté l'interdiction devant le Conseils d'État et ont obtenu gain de cause le 11 décembre 2020.)

 

 

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