Du «mariage pour tous» à «la-théorie-du-genre» : nouveaux clivages, alliances nouvelles

Un après la loi Taubira, et en pleine polémique contre « la-théorie-du genre », le paysage politique français se révèle transformé : de nouveaux clivages se creusent (entre gauche et droite), et des alliances nouvelles se forgent (entre droite et extrême droite, entre courants laïques et religieux). Le 19 mai au théâtre de la Colline, avec Mediapart, une discussion ébauchera cette cartographie.


Un après la loi Taubira, et en pleine polémique contre « la-théorie-du genre », le paysage politique français se révèle transformé : de nouveaux clivages se creusent (entre gauche et droite), et des alliances nouvelles se forgent (entre droite et extrême droite, entre courants laïques et religieux). Le 19 mai au théâtre de la Colline, avec Mediapart, une discussion ébauchera cette cartographie.


Du « mariage pour tous » à « la-théorie-du-genre » :

Nouveaux clivages, alliances nouvelles

  

Lundi 19 mai, 20h30, théâtre de la Colline

en partenariat avec Mediapart

 

La loi Taubira ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été promulguée le 17 mai 2013, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Sans doute l’égalité des droits en matière de filiation demeurait-elle incomplète, puisque l’accès des couples de femmes à la Procréation médicalement assistée était repoussé sine die. L’étape n’en était pas moins importante. On pouvait mesurer le chemin parcouru depuis les débats houleux autour du Pacte civil de solidarité, quinze années plus tôt, par la société et ensuite, malgré leurs atermoiements, par les responsables socialistes.

 

Un an après, qu’en est-il ? La droite qui avait déjà fortement occupé la rue contre cette loi semble avoir repris l’avantage dans l’espace public : en effet, au lieu de se définir seulement en réaction contre ce que nos gouvernants ont appelé le « mariage pour tous », désormais, c’est elle qui impose son langage en dénonçant ce qu’elle a baptisé « la-théorie-du-genre ».  Aujourd’hui, le gouvernement socialiste semble avoir renoncé à tout projet dit « sociétal » ; il n’est d’ailleurs pas certain qu’il célèbre avec éclat ce qui pourrait néanmoins rester dans l’histoire comme l’unique réforme clairement progressiste de la présidence de François Hollande. En revanche, l’opposition continue le combat. En même temps que la reconnaissance nouvelle de l’homosexualité, on constate ainsi le renouvellement d’une homophobie politiquement légitimée.

 

Reste à appréhender les transformations socio-politiques qui accompagnent cette mutation sociale : le ralliement massif de l’électorat de gauche à la réforme et les mobilisations de droite en opposition, mais aussi le silence des quartiers populaires et le bruit des beaux quartiers, la résurgence politique d’une France catholique et le retour d’une extrême droite décomplexée. Se creusent ainsi de nouveaux clivages (entre gauche et droite), tandis que se forgent des alliances nouvelles (entre droite et extrême droite, mais aussi entre courants laïques et religieux). D’autres configurations restent incertaines : le succès médiatisé de la Journée de retrait de l’école auprès de certains musulmans et l’accueil bienveillant que lui a réservé la droite gouvernementale augure-t-il de rapprochements, de récupérations et de retournements hier encore improbables ?  

 

Du « mariage pour tous » à « la-théorie-du-genre », c’est le paysage politique tout entier qui se recompose sous nos yeux. Cette soirée de débat en ébauchera la cartographie.

 

Discussion avec les sociologues :

Houda Asal (Université McGill / Équipe de Recherche sur les Inégalités Sociales ERIS, CMH-ENS)

Céline Béraud (Université de Caen, Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux, CEIRF- EHESS)

et Éric Fassin (Université Paris 8, LabTop / CRESPPA, coordination) 

Soirée animée par Edwy Plenel (Mediapart)

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