Cédric Herrou a été jugé pour l’exemple – pour décourager celles et ceux qui continuent de se mobiliser pour les droits humains, dans la vallée de la Roya, à Calais et partout en France. Or Cédric Herrou aura été exemplaire – au point d’encourager celles et ceux qui refusent de se démobiliser, dans la vallée de la Roya, à Calais et partout en France. C’est un exemple de responsabilité, face à des responsables irresponsables. C’est un exemple d’humanité, contre l’inhumanité des pouvoirs publics. C’est un exemple de solidarité, dans un pays où la solidarité reste un délit.

C’est aussi un exemple, parce qu’il nous aide à penser politiquement contre la dérive politique qui nous menace. À ceux (qu’ils s’en vantent ou pas) qui préfèrent leur famille à leurs voisins, et leurs voisins aux étrangers, sa mère a magnifiquement répondu : « Pour que vous compreniez… nous avons été “famille d’accueil” pendant 25 ans. Alors quand Cédric vous dit que ces enfants qu’il voit sur nos chemins et nos routes de la Roya, ce sont ses frères et ses sœurs, il ne vous ment pas. »

Cédric Herrou rappelle à l’ordre les pouvoirs publics qui n’invoquent la loi que pour faire oublier qu’ils ne la respectent pas. Et à nous toutes et tous, il rappelle, coûte que coûte, que nous ne sommes pas condamnés, même au risque d’une condamnation judiciaire,  à accepter l’inacceptable, à nous résigner à la France telle qu’elle va, c’est-à-dire bien mal. Pour ce double rappel, comme nous toutes et tous, et au nom de nous toutes et tous, je lui dis ma, notre gratitude.

Aujourd’hui, un jugement est rendu à Nice. Mais ce qui restera, au tribunal de l’histoire, c’est le témoignage exemplaire d’un homme qui a fait preuve d’humanité en se battant pour les droits humains ; tandis que ceux qui traitent les migrants comme des déchets finiront dans les poubelles de notre histoire nationale. Voilà à qui nous avons affaire, pour le meilleur, avec Cédric Herrou, ou pour le pire, avec ceux qui le persécutent.

 

 

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