Barcelone: l’acte de naissance de la génération du 14 octobre

Des étudiant.e.s campent sur la place de l’université de Barcelone. Contre le verdict de la Cour Suprême, qui a condamné le 14 octobre les prisonniers politiques catalans à un total de 100 ans de prison, et contre la répression d’État subie depuis par les manifestants, ils revendiquent un avenir de dignité démocratique. Ce manifeste est l’acte de naissance politique de la génération du 14 octobre.

Manifeste: occupation de la place de l’Université

#Generació14o

Affiche du camping / campement étudiant devant l'université de Barcelone Affiche du camping / campement étudiant devant l'université de Barcelone

Nous sommes une génération sans avenir. La génération de la précarité. Celle qui n’a pas accès au logement, qui est victime d’un système menaçant l’existence même de notre planète. Cette génération à qui on a volé ses droits sociaux et ses droits dans le monde du travail les plus élémentaires. Celle qui a accompagné nos grands-mères pour voter le 1er octobre [pour le référendum de 2017]. Celle qui a vu convertir la Méditerranée en un cimetière, et dont la vie sera pire que celle de ses pères et mères. Celle qui a vu comment, jour après jour, des hommes assassinent nos grands-mères, nos mères, nos compagnes et amies. Cette génération dont la Cour Suprême a condamné tous les droits civils et politiques.

Mais nous sommes aussi la génération du 14 octobre [2019, jour du verdict catalan]. Celle qui finalement a dit : assez. Celle qui impose à ses représentants politiques la responsabilité de lui garantir un avenir digne. Celle qui n’admettra pas 100 ans de prison [le total des peines prononcées par la Cour Suprême le 14 octobre] pour avoir exercé ses droits. Celle qui paralysera le monde jusqu’à la garantie d’une pleine égalité entre hommes et femmes, et qui ne s’arrêtera pas avant d’avoir changé le cours de l’urgence climatique. Nous sommes celles-là.

Durant ces 17 derniers jours, malgré la criminalisation sans précédent que nous avons subie, nous n’avons pas reculé d’un pas. Mais la réponse de l’État a été plus de VIOLENCE. Plus de RÉPRESSION.

48 prisonnières et prisonniers politiques

plus de 200 personnes arrêtées

3 migrant.e.s en cours d’expulsion

plus de 600 blessé.e.s, dont 4 ont perdu un œil.

C’est pourquoi, réuni.e.s en assemblée, nous avons décidé de faire front, en faisant appel à tous les jeunes du pays, pour occuper et camper sur la place de l’Université en EXIGEANT :

Premièrement, que cesse immédiatement la répression contre les membres d’une génération qui est sortie dans la rue pour défendre ses droits et libertés, qu’une enquête soit menée pour établir les responsabilités au sein de la police nationale et de la garde civile, ainsi que de la police catalane (Mossos d’Esquadra).

Deuxièmement, que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, condamne la répression et la violence policière, et qu’avec la même responsabilité qu’on exige de nous, il vienne s’asseoir pour négocier un référendum d’autodétermination qui donne une voix aux citoyennes et citoyens.

Troisièmement, que soit garantie une amnistie complète pour les prisonnières et prisonniers politiques.

Quatrièmement, que soient garantis les droits civils et politiques qui ont été remis en cause et bafoués par le verdict de la Cour Suprême.

Cinquièmement, que soit garanti à notre génération un avenir digne : l’accès au logement social, la pleine égalité entre femmes et hommes, l’adoption de mesures réelles pour enrayer l’urgence climatique, et la garantie des droits sociaux qui nous ont été volés.

En même temps, nous voulons remercier les collectifs de jeunes du reste de l’Espagne pour la tendresse solidaire que nous avons reçue pendant ces dernières semaines et nous leur lançons un appel à occuper leurs propres places pour obtenir gain de cause dans nos revendications, dont nous avons la conviction qu’elles sont aussi les leurs.

30 octobre 2019, place de l’Université, Barcelone

@AcampadaUni

Les joves #EnsPlantem!

Manifeste des étudiant.e.s qui "campent" devant l'université de Barcelone Manifeste des étudiant.e.s qui "campent" devant l'université de Barcelone

 

 

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