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Billet de blog 13 juin 2020

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SNU : le mauvais retour!

Comme si le pays n'avait rien d'autre à faire avec et pour une jeunesse inquiète, victime plus que jamais des inégalités scolaires et sociales et au lieu de solliciter son imagination et son engagement , le gouvernement persiste à vouloir la mettre au pas.

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Le SNU fait l'unanimité des organisations syndicales contre lui.

Le projet de décret porte sur la période transitoire.

Paru dans  "Tout'Educ"Périscolaire le vendredi 12 juin 2020.

Un projet de décret relatif au SNU, service national universel a été présenté au comité technique ministériel de l’Education nationale le 20 mai, et "le résultat fut sans appel : vote contre à l’unanimité de toutes les organisations syndicales représentatives", indique l'UNSA-éducaton. Second vote le 2 juin avec le même résultat, et à nouveau le 5 juin au CTM Jeunesse et sports, toujours selon l'UNSA.

Le projet, présenté par le ministère des armées et par celui de l'Education nationale, part du principe que "le renforcement de la cohésion nationale doit s’appuyer sur l’expérience de la mixité sociale et territoriale comme sur la valorisation des territoires, le développement d’une culture de l’engagement ainsi que l’accompagnement de l’insertion sociale et professionnelle". Il précise que le SNU "remplacera, au terme de son extension à l’ensemble d’une classe d’âge, la Journée Défense et Citoyenneté". Il comprend une première phase "d’information préalable et un temps de préparation" qui sera mise en oeuvre au sein des collèges et lycées, en particulier dans le cadre de l’enseignement moral et civique. "Un séjour de cohésion de deux semaines, obligatoire à terme", "réalisé en hébergement collectif l’année qui suit la classe de troisième", constitue la deuxième phase, la troisième comprend "une mission d’intérêt général, obligatoire à terme", tandis que "la possibilité d’un engagement volontaire d’au moins 3 mois" constitue la 4ème, étant entendu que "cet engagement s’articule principalement autour des formes de volontariat existantes"

Le projet de décret crée "un nouveau type d’accueil collectif de mineurs à caractère éducatif" (le texte précise que "les Français recensés (...) peuvent, dans la limite des capacités d’accueil, participer à un séjour de cohésion organisé par l’Etat. Ce séjour consiste en une période de vie collective avec hébergement."). Il "modifie les missions des services de l’Etat (...) pour leur permettre (...) d’engager des personnels participant à des fonctions d'animation ou de direction de séjours de cohésion" (le projet de décret prévoit que le recteur "gère la participation occasionnelle de personnes physiques à des fonctions d'animation ou de direction du séjour de cohésion").

Il modifie également le code du service national afin de simplifier le recensement pour les mairies, et il crée "une réserve thématique de la réserve civique (...) permettant aux jeunes âgés de quinze ans révolus de participer, à titre bénévole et occasionnel, à la réalisation d’une mission d'intérêt général". Il prévoit encore "une période transitoire permettant la gestion de la montée en charge du service national universel avant le 1er juin 2020".

L'UNSA Éducation (comme de nombreuses autres organisations, ndlr) "s’oppose au caractère obligatoire du SNU", considérant que "cet engagement ne peut qu’être volontaire". Elle dénonce le rythme imposé de la mise en œuvre du dispositif "qui ne permet aux personnels ni d’adhérer à ces nouvelles missions, ni de poursuivre dans le même temps celles qu’ils effectuent habituellement", d'autant que ce projet ne bénéficie pas de "l’expertise des personnels concernés". L'UNSA prédit un échec si le Gouvernement "passe en force".

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