Bruxelles met en doute les engagements budgétaires du gouvernement français

   Mauvaise nouvelle pour le gouvernement de François Hollande, après la Cour des comptes, c’est désormais la Commission européenne qui remet en cause un de ses plus grands engagements : ramener le déficit de la France sous la barre des 3% du PIB d’ici la fin 2015. La Commission se base sur ses prévisions économiques publiées ce mardi 25 février et indique que le déficit devrait être de 3,9% en 2015, un déficit supérieur à la moyenne de la zone euro et de l’Union européenne.

Commission européenne

« La France a une trajectoire des finances publiques qu’elle a présenté à la Commission européenne et elle s’y tient » a déclaré Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur, en réaction à cette annonce. Avec cette déclaration, le ministre fait allusion au délai de deux ans accordé l’an dernier par Bruxelles pour se conformer aux engagements auxquels sont soumis les États-membres de l’Union européenne dont un déficit public ne dépassant pas les 3%. Néanmoins, lors de son intervention, Pierre Moscovici n’a pas cité de chiffre mais dit rester confiant. En effet, selon lui, ces prévisions sont réalisées « à politique constante » et ne tiennent donc pas compte « des mesures qui seront prises dans le cadre du pacte de stabilité, ni des réductions dans la dépense publique annoncées d’ici 2017 ». De plus, Bruxelles ne prévoit pas de baisse du chômage d’ici deux ans qui devrait toujours être de 11% en 2015, un nouveau coup dur pour l’exécutif français.

En cours de négociation, ce pacte de responsabilité, engagement de François Hollande, prévoit un allégement de 30 milliards d’euros des charges payées par les entreprises d’ici 2017, cela devant améliorer leur compétitivité. D’après la Commission européenne, ce pacte n’est « pas suffisamment détaillé » et ne peut pas encore être pris en compte. Autrement dit, cette prévision n’est valable que si le gouvernement ne prend aucune mesure de redressement budgétaire d’ici 2015. Pour la Commission, la croissance française connaitra une « timide reprise de la demande intérieure, sur fond d’amélioration de la confiance […] L’activité devrait ralentir au premier trimestre 2014, avant de repartir à la hausse, stimulée d’abord par une demande externe plus forte, relayée ensuite par la consommation des ménages ».

La situation de la France est tout de même inquiétante et ne doit pas être minimisée par l’évocation d’éventuelles mesures à venir. Contrairement à la France, la Commission européenne est optimiste pour la zone euro. Effectivement, les prévisions présentées mardi 25 février tablent sur une augmentation de la croissance en Europe. En 2015, l’activité économique devrait connaître une croissance de 2% dans l’Union européenne et 1,8% dans la zone euro.

Eric Freymond

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