La francophonie, vouée à jouer un rôle accru dans le développement économique de l’Afrique

Les prévisions économiques offrent de belles perspectives à moyen et long terme au continent africain. La langue française, atout jusqu’ici insuffisamment exploité, promet de favoriser encore le développement économique du continent, du fait d’une propension accrue des différents pays à en user pour faciliter leurs relations commerciales. C’est du moins ce que laisse espérer le dernier rapport l'Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). 

Les prévisions économiques offrent de belles perspectives à moyen et long terme au continent africain. La langue française, atout jusqu’ici insuffisamment exploité, promet de favoriser encore le développement économique du continent, du fait d’une propension accrue des différents pays à en user pour faciliter leurs relations commerciales. C’est du moins ce que laisse espérer le dernier rapport l'Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). 

Les dernières perspectives économiques du continent africain, si elles sont bien évidemment à différencier en fonction des situations propres à chaque pays, restent indéniablement encourageantes. Le taux de croissance moyen est d’environ 4 %, soit une performance supérieure à celle de l’économie mondiale qui est de 3%. A moyen terme, la croissance moyenne du continent devrait même s’accélérer pour avoisiner les 5 % en 2014 et se situer entre 5 % et 6 % en 2015.  

La langue française dans l’économie africaine : un rôle majeur

Dans ce contexte, la langue française constitue un atout considérable à mettre en avant. Si le français est parlé sur tous les continents, il occupe une place prépondérante en Afrique, vouée d’ailleurs à considérablement croître dans les années à venir. Selon une étude menée par la banque Natixis, 36 % desfrancophones vivront en Afrique subsaharienne en 2050.  

En Afrique subsaharienne en effet, la langue française est traditionnellement la langue de l’administration et de l’enseignement. De fait, elle est également une langue privilégiée pour entretenir des relations économiques inter-africaines et internationales, toujours sous réserve de considérer les différences qui peuvent exister en fonction des différentes zones concernées. En l’occurrence, le français est la langue privilégiée en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale pour parler affaires.

Langue officielle, mais encore trop peu usitée dans les activités économiques quotidiennes 

Jusqu’ici néanmoins, ce tableau a toujours eu besoin d’être nuancé. Car dans certains pays d’Afrique, si la langue française est nationale, elle n’est pas forcément la plus parlée. Henry Tourneux, directeur de recherche au CNRS, en explique l’usage de manière plus approfondie dans son ouvrage « Langues, cultures et développement en Afrique ». De manière générale, les pays d’Afrique noirefrancophone utilisent plusieurs langues se répartissant de façon fonctionnelle entre une langue officielle, une ou plusieurs langues véhiculaires et des langues ethniques.

En ce qui concerne les activités économiques quotidiennes, elle n’est malheureusement utilisée que comme langue d’appoint dans les nombreux pays possédant des langues véhiculaires de grande extension (Dakar Bamako, Ouagadougou, Niamey, N’Djaména), selon le spécialiste des langues africaines. Bien que langue institutionnelle, les avantages de la langue française ne sont donc pas optimisés dans son usage économique.

Les observations encourageantes de l’OIF

Le facteur langue est donc manifestement encore sous-exploité pour l’économie des pays africains. C’est d’ailleurs l’un  des objets de préoccupation d’Abdou Diouf,secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). « Le français n'est pas seulement le porte-étendard de la diversité culturelle, c'est aussi la langue du développement. Elle est utile. La plupart des investisseurs en Afrique l'apprennent. Même les Chinois (…) Si nous voulons garder le français fort, il faut que les gens y trouvent un bénéfice économique », faisait-il valoir dans un entretien accordé au Figaro.

Les conclusions du dernier rapport de l'Observatoire de la langue française de l’OIF, intitulé « La langue française dans le monde » et publié le 6 novembre 2014 en vue du Sommet de la Francophonie organisé à Dakar du 28 au 30 novembre, sont à cet égard des plus encourageantes et laissent espérer que cet atout linguistique soit davantage mis à profit. En effet, le Français se développe et se réinvente en Afrique subsaharienne, les populations se réappropriant progressivement la langue.

Au Sénégal, où les populations lui préfèrent pourtant le wolof, l’Observatoire a noté une augmentation de 15% de locuteurs francophones. Cette croissance a été de 30%, en moyenne au Bénin, au Burkina Faso, au Burundi, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Gabon et au Sénégal. 

Ce faisant, les Africains améliorent leurs chances de pouvoir communiquer et développer leurs relations inter-africaines dans le domaine économique. Ces chiffres permettent donc de fonder les perspectives de croissance sur des atouts linguistiques en bonne et due forme. S’ils ne sont pas tout, on connaît leur importance dans le développement des relations commerciales et donc dans le développement économique des territoires.

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