Football, la nouvelle corruption

Le 25 septembre, la Fédération international de football (FIFA) a confirmé à l’échelle internationale, les sanctions prises par la Fédération Estonienne et par la Fédération Slovaque de Football. Au total 13 Estoniens et 2 Slovaques ont été suspendus pour cause de manipulation de match. Loin d’être un cas isolé, cantonné aux actions de terrain, la corruption sportive est plus que jamais d’actualité, agrémentant le football de scandales au quotidien. Elle apparaît pourtant désormais sous un nouveau visage. Autrefois cloisonnée par des frontières, la corruption s’internationalise, dynamisée par Internet et les paris en ligne. 

Le 25 septembre, la Fédération international de football (FIFA) a confirmé à l’échelle internationale, les sanctions prises par la Fédération Estonienne et par la Fédération Slovaque de Football. Au total 13 Estoniens et 2 Slovaques ont été suspendus pour cause de manipulation de match. Loin d’être un cas isolé, cantonné aux actions de terrain, la corruption sportive est plus que jamais d’actualité, agrémentant le football de scandales au quotidien. Elle apparaît pourtant désormais sous un nouveau visage. Autrefois cloisonnée par des frontières, la corruption s’internationalise, dynamisée par Internet et les paris en ligne. 






Un phénomène qui se globalise

L’année dernière, l’office européen de police Europol, a révélé une enquête qui a secoué le monde du football international. Un réseau criminel basé en Asie aurait truqué 380 matches de football, sur une période allant de 2008 à 2011 et cela dans 15 pays. Pas moins de 500 personnes arrêtées, des centaines d’arbitres soupçonnés et des championnats de haut niveau (Ligue des champions et Coupe du monde) entachés par cette série de scandales.

La corruption ne date certes pas d’hier et l’histoire s’est chargée de nous prouver qu’elle touchait beaucoup de sports. Le football semble pour autant être une cible privilégiée de ce genre de pratiques. Sport fédérateur, numéro un dans de nombreux pays, le football génère une couverture médiatique lui garantissant une plus grande exposition que n’importe quelle autre discipline. Une popularité qui lui vaut également d’être l’épicentre de mauvaises intentions.

Si les actions de lutte contre la corruption se multiplient et permettent d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène, il n’est cependant pas évident de savoir si cette corruption est aujourd’hui plus ou moins importante qu’avant. Ce qui est certain, c’est qu’elle a commencé à opérer depuis quelques années une inquiétante mutation.

D’une portée nationale, la corruption traverse dorénavant les frontières pour devenir au final un virus aux conséquences mondiales. L’essor des marchés de paris en ligne a décuplé la force de frappe des mafias qui n’hésitent pas à sauter sur cette opportunité pour blanchir de l’argent. Une circulation monétaire aisée et favorisée par un Internet aveugle de toute règles et de toute morale. Un espace libre qui augmente les « chances » de corruption.

Un sport à la fois « exemplaire » et pourtant bien malade  

La prolifération des plateformes de paris en ligne ne peut être tenue pour seule responsable du développement de la corruption internationale. Elle sert principalement de support à des agissements de magouilleurs modernes, s’en mettant plein les poches sur le dos d’une institution qui a souvent du mal à faire aveu d’échec et reconnaître ses failles, se défendant de tout comportement clandestin.

« Depuis que nous avons engagé des réformes, nous sommes une organisation exemplaire en termes d’éthique. Nous avons deux chambres, sous la responsabilité de deux présidents indépendants. Nous sommes la seule organisation sportive qui dispose de ce moyen de contrôle. Personne d’autre, pas même le Comité international olympique. Ce qui est déterminant, ces deux chambres sont totalement indépendantes, parce qu’elles ont été élues par le congrès », déclarait il y a quelques jours Sepp Blatter, Président de le FIFA, alors que le Fédération est actuellement impliquée dans plusieurs affaires de corruption.

L’exemplarité du football, telle que revendiquée par Sepp Blatter, est pourtant mise à mal jour après jour par des voleurs de matches qui dénaturent au final ce sport de sa substance de compétition. Allemagne, Italie, Turquie, etc. La corruption parle toutes les langues et ceux qui la font n’hésitent parfois pas à verrouiller la presse afin d’agir en toute « discrétion ». Tel semble être le cas du Président du FC Olympiakos, Evangelos Marinakis, fortement soupçonné de jouer de son influence pour manipuler des matches en coulisses, et d’avoir recours à l’intimidation pour faire taire les journalistes. Agrémentez ces pratiques de relations à des postes stratégiques et vous aurez le portrait d’un homme dont « l’exemplarité »  à elle seule servirait à illustrer les prochaines études sur la corruption.

Cancer difficilement curable, la corruption est une maladie qui peut néanmoins être freinée. En développant des organismes de régulation efficaces capable d’enrayer les dérives liées au développement des marchés en ligne, en instaurant une entente internationale entre les institutions pour sanctionner les abus et veiller à purger ce sport de trucages nauséabonds. Il va de sa crédibilité et de son honneur.

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