​Pacifique, Eric Michel, le mot de Didier Daeninckx

En moins de dix années, trois insurrections ont ébranlé l'Empire français : une en son centre capital, une autre dans sa colonie la plus proche, la dernière dans sa possession des antipodes. La Commune de Paris de 1871, la révolte kabyle des Mokrani, le soulèvement kanak de 1878.

En moins de dix années, trois insurrections ont ébranlé l'Empire français : une en son centre capital, une autre dans sa colonie la plus proche, la dernière dans sa possession des antipodes. La Commune de Paris de 1871, la révolte kabyle des Mokrani, le soulèvement kanak de 1878.

Ce qui frappe aujourd'hui en regardant les documents d'époque, c'est l'écho qu'ils font vibrer avec les images d'Amérique dont nous avons été abreuvés.

Et si le "western" a usé jusqu'à la corde les mythologies des conquêtes, des massacres d'Indiens et de la guerre civile, on ne peut pas dire que ces trois événements essentiels ont nourri l'imaginaire français et la réflexion sur ce qui nous en a été légué.

Éric Michel comble pour une part ce manque en imaginant deux destins rebelles, ceux de Malaterre le Communard et d'Akli le Kabyle, que fera se croiser la déportation en Calédonie. Leur trajectoire romanesque les amènera à côtoyer Ataï, le grand stratège de la révolte kanak, mais ils ne pourront infléchir le cours de l'Histoire.

Pacifique" porte la lumière  sur les solidarités fragiles qui s'ébauchent entre trois personnages issus de trois continents, sur les chemins chaotiques qu'emprunte la prise de conscience."

Didier Daeninckx

 

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