En Moselle, quatre sortes de maires

En Moselle comme ailleurs, il y a les maires normaux qui font leur travail, il y a les cabotins fascistes, il y a les double face et, en quatrième catégorie, les élus qui ont le sens de l’honneur et méritent qu’on les salue.

La famille H…, arrivée du Monténégro en 2015, a pu expérimenter quatre sortes de politiques municipales en Moselle. Je suis très heureux d’annoncer ici (voir billet précédent) que le meilleur arrive pour la fin. Et je suis très fier d’y être pour quelque chose.

Voici donc les quatre catégories de maire, dans l’ordre exact de leur découverte par la famille H…

Première catégorie, les maires normaux

Il y a la catégorie majoritaire, les maires normaux qui appliquent la loi sans tambour ni trompette. Ils assurent pour tous les enfants la scolarisation I.C.I, Immédiate, Continue et Inconditionnelle. Ils ne communiquent pas dans les journaux sur le sujet soi-disant « sensible » des enfants allophones. Ils leur donnent les moyens de se familiariser à la poésie de notre langue et à ses truculences. Ensuite, très vite, nos enfants du monde se fondent dans la masse comme l’ont fait avant eux des générations d’Italiens, Portugais, Polonais, Algériens, Marocains, Tunisiens, Martiens, etc.

Tels sont les maires de Montigny-lès-Metz, Rosselange, Sarreguemines, où les enfants de la famille H… ont fréquenté l’école normalement.

Seconde catégorie, les maires tonitruants

Il y a les maires tonitruants, fascistes d’opérette, qui grillent du cochon sous les fenêtres des musulmans, reconduisent les rois mages noirs à la frontière, déversent des seaux de peinture bleue marine sur les monuments, voient du « communiste » et du « pro migrants » partout et se font rétamer en Justice quand ils en font trop.

Tel est Fabien Engelmann, maire d’Hayange. Il rêve d’une France où les enfants étrangers seraient mis à la rue mais ne pousse pas la témérité jusqu’à passer aux actes. Quand la famille H… est transférée sur sa commune, il prend le jour même l’inscription des enfants à l’école et tout se passe pour le mieux.

Troisième catégorie, les maires double face

En troisième catégorie viennent ces maires qui se font élire et réélire par les voix de la gauche. Ils tiennent des discours humanistes. Ils se posent en rempart pour protéger le peuple contre le « populisme ». La méthode ? Elle consiste à devancer le croquemitaine lepéniste en réalisant ses rêves les plus fous.

Tel est Dominique Gros, maire de Metz. Lorsque  la famille H… est transférée sur le territoire de sa commune, il refuse ostensiblement l’inscription des enfants à l’école. Il ne trouve rien à redire au fait que des enfants présents sur le sol français depuis 2015 (dont trois nés en France) se voient refuser l’école maternelle ou relégués dans un simulacre d’UPE2A sans le moindre moyen matériel.

Quatrième catégorie, les maires qui nous font honneur

Il existe une quatrième catégorie de maires, ceux qui ont le sens de l’honneur, à la manière de Damien Carême, à Grande-Synthe dans le Nord. On se souvient de son initiative face à l’arrivée de milliers de migrants. Au lieu de geindre ou de hurler au loup, il construit un camp humanitaire avec les moyens de sa commune.

A une échelle plus modeste, il existe des maires de cette trempe en Moselle. Tel est Dany Kocher, maire de Phalsbourg. C’est lui qui lance des appels répétés au préfet de Moselle pour lui signaler qu’il dispose sur sa commune d’un lieu en capacité d’accueillir 75 demandeurs d’asile. Il ne reçoit aucune réponse et prend à partie la presse. Trois mois plus tard, en janvier 2018, le préfet consent à convertir le centre aéré Mathilde-Salomon de Phalsbourg en lieu d’accueil pour les demandeurs d’asile.

Conclusion heureuse

Aujourd’hui, 28 janvier 2018, la famille H… est transférée à Phalsbourg. La scolarité des enfants interrompue par la décision de Dominique Gros va reprendre son cours. Ici, à Phalsbourg, ils pourront apprécier un certain visage de la France, un visage souriant, grâce à Dany Kocher qui mérite qu’on le salue.

De toute évidence, la décision, prise à l’arrache, résulte de nos démarches auprès de l’inspecteur d’académie et du maire qui ont eu connaissance de l’action en justice que nous sommes en train de monter. Ce transfert précipité leur permet d’y échapper.

C’est une bonne nouvelle pour la famille H… Mais l’action continue pour les trois autres familles qui nous demandent de soutenir leur droit fondamental à l’éducation, en espérant qu’une victoire aura des retombées positives pour toutes les autres.

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