Un texte inachevé

Vous l'aurez compris, mon dernier texte ici en lien  a un  parfum d'inachevé. Je l'ai tronqué pour éviter d'être trop long, car le contexte est si chargé qu'il fait déborder mon éloquence, mais j'y reviendrai. D'ailleurs, je ne peux pas attendre mon prochain texte pour partager ce commentaire en marge de cette image.

La douleur sous la peau © Photo Trouvée sur le net et aprtagee par whastapp La douleur sous la peau © Photo Trouvée sur le net et aprtagee par whastapp

Image de la douleur qui continue de rythmer mon blues. Cette image est l’exemple vibrant du proverbe culte haïtien: Pito nou lèd nou la ( Mieux vaut être laid mais vivant). Il est pourchassé et frappé au lasso comme un animal, mais il refuse de lâcher son plat pour défendre son honneur. Mais au fond, quel honneur reste-t-il à celui qui se déracine pour survivre ?

Question qui fâche évidemment ! Car comme vous vous en doutez, son cas ne reflète pas l'indigence de son statut social. Lui, son déracinement est physique. Mais, il y a pire, le déracinement culturel et humain des élites haïtienne est en résonance avec cette image. En effet, cette image vaut autant pour les universitaires, les journalistes, les entrepreneurs, les ministres, les socioprofessionnels qui se taisent, se prostituent en marge de l’indigence pour protéger leurs accointances, leurs contrats, leur subvention, leurs bourses d'études et leurs succès précaires. Toute indigence se nourrit de silences et de redevances. Les gens qui vivent leur engagement à crédit,les peuples qui mettent en déshérence leur dignité et leur liberté ne récoltent que le déshonneur. C'est la règle du déracinement.

Et si par bonheur pour lui, une catastrophe venait à s’abattre sur Haïti pour forcer la main à ce que le Blanc lui octroie  le TPS, il aura son doctorat dans 5 ans au plus et sera envoyé comme expert en Haïti, un nouveau gestionnaire des fonds de l’USAID entre autres et peut-être même ministre, conseiller de ministre, membre du CSPJ et protecteur du citoyen…que sais-je ! Mais une chose est sûre, il sera reconnaissant éternellement envers le blanc. C’est comme cela que l'on fabrique l’indigence………Donner aux insignifiants du pouvoir, de la richesse et des artifices de connaissance pour aimer leur servitude.

Mais qu’il est beau ce contexte qui permet de révéler l’axiomatique de l’indigence dans sa congruence ! Et pourtant je l'ai annoncé bien longtemps cette saison comme dans ce texte dans lequel je disais :

Un peuple meurt sous le poids de ses indigences, l'histoire d'une épopée, celle de Vertières, se gomme sous le poids des impostures qui jalonnent l'existence de ceux et de celles qui ont hérité de l'indépendance. Non les peuples ne sont pas éternels, comme d’ailleurs les faits de gloire de leur passé.  Quand ceux-ci ne trouvent plus dans le présent des raisons d'être magnifiés, ils s'estompent et tombent dans l'oubli. Il en est ainsi pour les peuples. Ils meurent dans la mémoire humaine quand ils sont à court de dignité. Les peuples qui résistent et survivent sont ceux qui ont l'honorabilité et le courage de toujours maintenir leur dignité pour réinventer les faits de gloire de leur passé. Mais quand ils ne sont plus qu’impuissance et qu’insignifiance, ils dérivent dans l’espace-temps comme d’indigentes épaves que refusent tous les ports d’escale.

Non je ne suis pas prophète, je reste plus longtemps avec les problèmes et j'ai la patience pour apprendre. A bientôt pour la suite.......le récit n'a pas encore livré ses études de cas....Nous ne faisons que surfer sur le prétexte.

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