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Billet de blog 26 oct. 2021

Big Pharma, les bénéfices du (non-) doute

Où l'on réalise, à la faveur de la description d'un documentaire consacré à Big Pharma, que le covid-19 a remis au goût du jour l'ardoise magique... On efface tout... et on recommence ?

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Tout ce qui ne remonte pas en conscience revient sous forme de destin.

C.G. Jung

Ce mardi soir 26/10 sur Arte, à 20h55,  est proposée la rediffusion d'un documentaire de 2020, réalisé par Luc Hermann et Claire Lasko, intitulé Big Pharma, labos tout-puissants. Voici ce qu'on peut lire à son sujet dans Télérama n° 3745, sous la plume de Marc Belpois, et que je reproduis in extenso, cela en vaut la peine (avertissement indispensable : malgré les apparences, qui ne peuvent bien sûr frapper que les esprits faibles, et/ou les mauvais esprits, ce qui suit n'a a priori pas été écrit avec la situation actuelle en tête ; toute ressemblance avec celle-ci, etc. etc.) :

« Où se situe le juste prix d'un médicament, qui peut sauver des vies ? Tout là-haut, seuls répondent les labos pharmaceutiques. Ce que montre cette enquête par des exemples plus ahurissants et choquants les uns que les autres. Un traitement contre l'hépatite C, qui permet d'éliminer le virus en quelques semaines, est facturé... 84 000 dollars aux États-Unis et 24 000 euros en France après intervention de l’État. Et son générique 80 dollars dans les pays en voie de développement. Le pire : rassemblant des témoignages de patients, de médecins et d'anciens ministres, les journalistes et réalisateurs Luc Hermann et Claire Lasko ne pointent pas des excès épars, ils mettent au jour un dévoiement (quasi) généralisé. Des labos minimisent sciemment les effets secondaires de leurs comprimés, se partagent le monde pour se réserver des monopoles juteux, pillent la recherche publique... La liste des forfaits de ces sociétés plus puissantes que les États est aussi longue qu'une notice de médicament. " On vit une époque de folie totale, résume Jean-Paul Vernant, professeur hématologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le souci de l'industrie pharmaceutique n'est plus le malade, mais son actionnaire. Il faut qu'il gagne beaucoup." »

C'était hier...

J'espère que l'honnête lecteur ou lectrice a pu reprendre son souffle. Je veux parler bien sûr de celui ou celle qui considère que les États, leurs gouvernants, savent mettre le holà à ce genre de dérives, pour le bien de leurs populations, unique souci de leurs mandats et leitmotiv sacré de leurs décisions. De toute façon, ce qui la ou le rassure, l'honnête citoyen(ne)-lecteur/trice, c'est la pensée que tous ces méfaits sont identifiés, dénoncés, consignés, marginalisés, punis, ou en voie de l'être, sous l'impulsion de la courageuse et opiniâtre volonté des dirigeants, et de la pression exercée, si besoin était, par tous les acteurs de la démocratie, que ce soit sur le plan politique, médiatique, scientifique, culturel, associatif... Car bien sûr, dans une démocratie, comment douter du fait que c'est la recherche de la vérité, et elle seule, qui guide les responsables politiques, médiatiques, scientifiques, culturels, associatifs...

Voilà donc l'honnête citoyen(ne) lecteur/trice soulagé(e). Le nécessaire a été fait, les structures démocratiques de nos pays veillent au grain. C'est triste pour les victimes, ces malheureux patients, mais, ouf, c'est du passé. Les méchants ont été punis, et on leur a fait passer l'envie de nuire. Oui, c'est bien triste, mais c'est du passé. Tournée, la page du désastre, définitivement tournée. Comme pour la guerre, ou toutes ces dictatures, à l'Est, à l'Ouest, ou ailleurs : c'est terrible, on ne les oublie pas, on se les remémore, et on commémore, on commémore, on commémore... C'est qu'il y en a tant, des pages sombres, mais au moins, on écrit un nouveau livre maintenant ; on sait que c'est derrière nous, on regarde devant, on le répète : plus jamais ça. On est fort de notre certitude d'avoir tiré les leçons de l'histoire (de l'industrie pharmaceutique) et de l'Histoire (des dérives autoritaires qui nous ont conduits au pire). Quel soulagement, quelle chance de pouvoir vivre dans des pays libres, affranchis de toute pression financière, de toute influence idéologique, dont l'indépendance, désormais, parce que nous avons appris, parce que nous avons grandi, est gravée à tout jamais dans le marbre de la démocratie. Les pauvres, en Chine, ils ont un crédit social, une vraie techno-dictature, heureusement ce n'est pas ici que ça risque d'arriver. On a tout compris ici, on est tellement vigilant désormais. Et vive la France, à jamais patrie des droits de l'Homme, et vive l'Europe, fervente protectrice de ces mêmes droits fondamentaux, inaliénables.

Voilà donc ce que se dit l'honnête citoyen(ne) lecteur/trice, socle de la majorité silencieuse, à la lecture des méfaits passés, oh forcément passés, des grands laboratoires pharmaceutiques désignés sous le nom de Big Pharma, et des dirigeants naïfs ou corrompus qui se sont rendus, en toute connaissance de cause ou - jurent-ils - à leur insu, complices de ces forfaits.

Depuis, ô miracle, quelque bonne fée a dû passer par là, il ne peut en être autrement, puisque nous vivons dorénavant dans un effort mondial conjoint afin de vaincre la pandémie par l'innovation vaccinale et techno-sanitaire, et que même Big Pharma est devenu philanthrope, développant très vite avec un succès inouï et voué au seul bien de l'humanité, depuis nos aînés jusqu'aux tout-petits, en passant par les femmes enceintes et les adolescent(e)s, des injections issues des thérapies géniques, si prometteuses qu'elles ouvrent la voie à mille autres "vaccins", l'ARNm étant promis à un éternel retour. "Vaccins" pour tous, à tous les âges, sur toute la surface du globe, pour toutes les maladies possibles et imaginables, et peut-être même pour le mal de vivre, qui sait ? Ah le radieux avenir ! Cette obsession pour le bien de tous et toutes, c'est d'ailleurs ce que l'on appelle le philanthrocapitalisme, comme dirait l'éco-féministe indienne Vandana Shiva à propos de Bill Gates, financier pour le moins conséquent de l'OMS. Mais... on dit que ce ne serait pas un compliment dans sa bouche ? Allons donc, comment est-ce possible ?

... Et c'est (déjà) demain

Maintenant imaginons un, ou en l'occurrence une, mauvais(e) citoyen(ne) - de ceux et celles qui ont eu un choc devant leur poste de télévision le 12 juillet à 20 heures et des poussières, qui n'ont pas fait exploser Doctolib le soir même, qui n'ont pas couru se faire vacciner dès le lendemain, ni les jours d'après, qui ne sont pas allé(e)s au vaccinodrome sur leur lieu de vacances, mais qui ont passé leur été et le début de l'automne à scander Liberté ! Liberté ! Résistance ! Résistance ! ou Ça pass' pas ! dans les rues, une pancarte citant George Orwell ou Eluard à la main, à (tenter) de publier des analyses et impressions dissidentes, "minoritaires", dans ces espaces qui n'étaient pas, loin s'en faut, acquis à la cause du débat d'idées sur ces épineuses (façon spike) questions. Et à se demander avec effarement si, là où nous croyions hier encore vivre sur la même planète, dans un même pays, un même espace-temps, nous n'avions pas définitivement basculé dans un monde inconnu, où il nous faudrait nous faire à l'idée de devoir désormais coexister dans des réalités parallèles... et les parallèles ne se coupent pas.

Imaginons, donc, un mauvais sujet au féminin qui se piquerait (pardon...) de jeter un regard de travers, ou tout au moins de biais, sur l'ensemble du descriptif du documentaire ci-dessus, et, au-delà, sur l'ensemble du narrative, comme diraient nos amis anglo-saxons, la jolie petite histoire qui nous est contée depuis plus de dix-huit mois et qui a emporté l'adhésion soulagée voire enthousiaste de la première catégorie de citoyen(ne)s. Puisque, comme le pass dit sanitaire ne cesse de nous le rappeler jour après jour, à chaque coin de rue et à tout bout de champ, au cas où on s'aviserait de tenter de l'oublier ne serait-ce qu'un instant : il y a bien désormais deux catégories de citoyen(ne)s dans notre belle et solide démocratie. Les gentils (majoritaires), et les méchants (bien sûr minoritaires dans le monde joli)... Les altruistes (majoritaires), et les égoïstes (bien sûr toujours minoritaires dans le monde joli). Ceux qui par leur obéissance et leur civisme exemplaires gagnent le droit de goûter à la dolce vita vaccinata à la terrasse des cafés, dans les fauteuils de velours des cinémas et des théâtres, dans les couloirs sereins des musées, dans les transports au long cours. Et ceux qui n'ont que ce qu'ils méritent, et qui surtout doivent rester à leur place, c'est-à-dire dehors, c'est-à-dire nulle part, loin des bons citoyens, et garder, en même temps que leur coupable insistance à vivre libre, leurs "miasmes", comme le disait élégamment un de ces essayistes-philosophes1 dont la vacuité suffisante aurait été balayée en une phrase par un Gilles Deleuze2...

Mais imaginons, donc, qu'une aussi irrépressible que diabolique envie de remplacer certains mots de l'énoncé inaugural s'empare soudain de ce mauvais sujet-là. Ou même, un seul mot. Ce qui donnerait... mais je vous laisse plutôt le soin d'effectuer une petite substitution mentale avec ce mot-là, devenu tout à la fois sésame, mantra et pierre angulaire de notre époque, et sans doute le plus censuré de tous les temps, ou peu s'en faut :

(...) Le pire : rassemblant des témoignages de patients, de médecins et d'anciens ministres, les journalistes et réalisateurs Luc Hermann et Claire Lasko ne pointent pas des excès épars, ils mettent au jour un dévoiement (quasi) généralisé. Des labos minimisent sciemment les effets secondaires de leurs comprimés, se partagent le monde pour se réserver des monopoles juteux, pillent la recherche publique... La liste des forfaits de ces sociétés plus puissantes que les États est aussi longue qu'une notice de médicament. " On vit une époque de folie totale, résume Jean-Paul Vernant, professeur hématologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le souci de l'industrie pharmaceutique n'est plus le malade, mais son actionnaire. Il faut qu'il gagne beaucoup."

Ce simple petit exercice de substitution est devenu hautement à risque, exposant qui s'y engage à, au choix, et crescendo, une mimique d'agacement, un silence réprobateur, un rire sarcastique, un regard foudroyant, une flèche verbale bien sentie, un procès d'intention, un déluge d'invectives... ou au black-out : nuit intégrale sur ce qu'on ne saurait voir, là où jusqu'alors régnait un semblant de débat, a fortiori dans ce pays qui aime tant débattre, aimait-on à rappeler. Débat enrichissant, constructif, ou débat vain, stérile, débat paisible, ou débat échevelé, joutes verbales, échanges d'amabilités, provocations, réactions incontrôlées, respect de l'interlocuteur, envie d'avoir raison à tout prix, refus de concéder, recherche de consensus, bonne ou mauvaise foi, débats interminables, ou débat qui tourne court, ou débâcle : mais débat, quoi, tentative de débat au moins, valeur accordée d'un commun accord à un certain art de vivre, de penser, de parler. D'échanger. C'est-à-dire : de ne pas partir du principe qu'un seul (un seul individu, un seul groupe, une seule philosophie, une seule politique...) sait tout, peut tout, dit tout, décide de tout pour tous, mais que, par et dans l'échange, on est plus fort, plus juste (dans les deux sens du terme), plus proche de la vérité, qui ne peut jamais être décrétée d'en haut, sauf à basculer dans son contraire.

Mais ça, c'était le monde d'avant. Ça s'appelait la démocratie, si mes souvenirs sont bons.

C'était avant que des individus, des groupes, des sociétés entières ne basculent dans la peur et le refus, faisant par là même aveu de faiblesse, révélant la fragilité de leurs choix à l'instant même où ils chercheraient paradoxalement à l'imposer à d'autres individus, d'autres groupes, à des sociétés entières. Peur de pouvoir avoir tort dans la confrontation à autrui, peur d'en assumer les conséquences, peur de perdre les bénéfices d'une situation connue, d'un système tellement rodé ; peur de ceux qui font la loi à l'ère du capitalisme financier, puissances éponymes de ce documentaire. Et refus d'entendre autre chose que sa propre voix/voie. Allégeance rituelle où plus aucun esprit critique n'a cours, pas même là où on aurait tellement aimé le trouver, où on n'en revient toujours pas de ne pas l'avoir trouvé : à gauche.  A... quoi ? La gauche, c'est bien cette entité, cette âme errante qui piétine ses propres valeurs en se croyant fidèle à elle-même, réclamant ici non un moratoire sur des "vaccins" qui ont fait décoller le cours en bourse des intéressés, et dont les effets secondaires deviennent mondialement difficiles à cacher, quelque zèle que puisse y mettre la censure - mais, allons-y carrément, au nom de "l'équité", l'obligation vaccinale pour tous, après celle des soignants, comme l'a fait cette poignée de sénateurs socialistes dont la décence demanderait d'oublier le nom, mais dont il faudrait pourtant se souvenir, pour la longue et triste histoire de la trahison ?

Comme un air de déjà-vu

Mais qu'on m'explique alors, qu'on m'explique, de grâce. Comment se fait-il que, malgré cette terrible impression de déjà-vu3, malgré la longue histoire abondamment documentée - comme dans ce documentaire, comme dans les registres du département de la justice américain, où tout est rigoureusement consigné - du "dévoiement (quasi) généralisé", des forfaits sans nombre, sans vergogne et sans remords du multicondamné et multirécidiviste Pfizer, ou de tous ses confrères en (passages par pertes et) profits monstres, "de ces sociétés plus puissantes que les États", des mensonges, des manipulations, des "monopoles juteux"... Oui, comment se fait-il que malgré tout ce qu'elle est censée détester, la gauche consente à tout cela non seulement en ne disant mot, mais en déroulant, en compagnie de l'immense majorité des acteurs politiques, sanitaires, économiques, médiatiques, intellectuels, culturels, associatifs, et même religieux, un tapis rouge inespéré à ces géants aux mains de la même couleur ? Et pas que nationalement d'ailleurs : sur le plan mondial, c'est la même stupéfaction, à constater le soutien inconditionnel apporté de fait à Big Pharma par une Alexandria Ocasio-Cortez, ou par des ONG impliquées dans la lutte pour les droits de l'homme, et/ou de la planète et du vivant, telles qu'Avaaz, SumofUs, ou Reporters sans frontières, qui semblent s'être tous et toutes donné le mot pour faire preuve de la même cécité, de la même amnésie à l'égard de ce qu'hier encore ils et elles condamnaient si vigoureusement, et qu'ils et elles continuent de condamner d'ailleurs, pourvu que ce ne soit pas sur ce sujet-là, le tabou du siècle !

Là où on aurait logiquement attendu un regard indépendant et critique sur les ressorts profonds de toute cette machine de guerre mise en branle par et pour les labos pharmaceutiques, ladite critique de gauche se borne à réclamer la levée des brevets et la distribution équitable des vaccins dans le monde entier, pensant accomplir par là une très haute tâche d'humanité, d'éthique et de générosité, mais ne faisant pourtant, en ne se concentrant que sur la pointe émergée d'un iceberg vaste comme un continent, que signer pathétiquement son allégeance à un système qui devait être remis en cause dans ses fondements mêmes, et que si peu, parmi ceux-là comme ailleurs sur l'échiquier politique républicain, osent voir dans toute sa désastreuse réalité, laissant le champ libre à une extrême droite à laquelle, dès lors, les autorités s'évertuent un peu partout dans le monde à réduire caricaturalement les opposants à la politique sanitaire.

Comment ne pas voir que pourtant rien, par rapport au propos de ce documentaire qui nous permet de poser par extension les questions qui fâchent, qu'absolument, que désespérément rien n'a changé dans le petit monde enchanteur de Big Pharma, où règne aujourd'hui comme hier la seule loi du profit - une loi qui ne peut par définition avoir pour préoccupation le soin responsable des vies, des vies que la majorité des gouvernants et des tenants inconditionnels du dogme vaccinal actuel n'hésite pourtant pas à lui livrer sans même la possibilité d'exercer l'once d'un consentement éclairé pourtant inscrit dans les traités internationaux ?

" On vit une époque de folie totale ", constatait cet hématologue avant qu'il ne soit question des vaccins. Certes. Mais que dire alors de la période actuelle ?

Par quelle opération magique l'ADN (sans mauvais jeu de mots) de Big Pharma aurait-il changé, au point qu'on lui donne désormais non seulement le bon Dieu sans confession, mais surtout, les destins de millions, de milliards de gens sur cette planète mise à sac précisément par cette même logique mortifère, de quelque secteur du capitalisme financier qu'elle vienne ?

Alors on fait quoi : on absout ?

On met un voile sur tout ça ?

On regarde ailleurs ?

On continue de pratiquer le déni ? De s'enfoncer dans la dissonance cognitive ?

On pourrait même ressortir l'ardoise magique : on dirait qu'on efface tout, et qu'on recommence... à l'identique ?

On ne peut être dans une voie juste en passant par des chemins aussi injustes. On ne peut pas construire de la vie sur cette base fétide. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Big Pharma. Cette certitude seule devrait suffire à déciller les yeux.

Quand sortirons-nous enfin de cette désespérante hibernation des consciences ?


1 "Je suis moins libre dans un monde où chacun peut me refiler ses miasmes, que dans un monde où il faut (temporairement) porter un masque ou présenter un passe.(...) Encore une fois : la limitation de la liberté est, sous certaines réserves, une condition de la liberté. (...) [L'opposition au passe sanitaire] C'est le passe-temps des moutons. Ça les occupe, tandis qu'on s'occupe d'eux. Ça les indigne, ça les consume, et entre temps, ils consomment."  Raphaël Enthoven, dans un entretien à L'Express : Raphaël Enthoven : "Il faut se moquer des antivax, car ces gens-là sont dangereux" . On savourera tout particulièrement l'appréciation subtile du degré de conscience des opposants au passe sanitaire, et l'inversion tout orwellienne des valeurs, revenant à revendiquer comme condition de la liberté... la privation de liberté (fût-elle "sous certaines réserves" : on se demande qui les décide, quand, pourquoi, comment : déjà la démocratie a du souci à se faire) ! On connaît la chanson, R. Enthoven en aura oublié les paroles : "La guerre, c'est la paix, la liberté, c'est l'esclavage, l'ignorance, c'est la force" : le monde de 1984 comme idéal ? N'oublions pas non plus l'inénarrable "temporairement", à l'heure où est envisagée une extension du "temporaire" passe jusqu' à l'été 2022... Il faut croire qu'il y a des provisoires qui durent, des états d'urgence qui deviennent la norme, et que ma foi cela ne gêne pas tellement certains pseudo penseurs de la liberté contemporaine. Chaque époque a sans doute les philosophes (avec ou sans guillemets) qu'elle mérite... Deleuze, Foucault, Derrida, au secours, revenez ! Ils sont devenus fous !

2 "Je crois que leur pensée est nulle.(...) En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d'importance, plus le sujet d'énonciation se donne de l'importance par rapport aux énoncés vides." Gilles Deleuze, entretien sur les "nouveaux philosophes", sur https://www.generation-online.org/p/fpdeleuze9.htm.

3 Cf. le projet Déjà Vu, pétition et action collective en justice initiée par le cabinet d'avocats Lexprecia et demandant d'une part, simplement, comme tout le monde devrait le demander en démocratie, la transparence sur la composition des sérums en question comme sur les entiers contrats d'achat des vaccins, dans une situation d'une opacité qui devrait alarmer toute démocratie digne de ce nom ; et d'autre part, en vertu du principe de précaution, la fin du pass sanitaire et de toute forme d'obligation vaccinale contre le covid. Lien de la pétition (toujours ouverte, seules les inscriptions à l'action collective étant closes pour le moment) : Déjà Vu.

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