Covid-19 : Jusqu'au coeur des ténèbres?

Le chaos est bien là. Je ne parle pas des scènes de panique ordinaire autour d’un article de première nécessité. Je parle du chaos qui risque d’enténébrer nos jours.

Covid-19: Jusqu'au coeur des ténèbres?

Le chaos est bien là. Je ne parle pas des scènes de panique ordinaire autour d’un article de première nécessité. Que l’on peut déplorer, condamner, etc. Je parle du chaos qui risque d’enténébrer nos jours. À cause de la pénurie de gels hydroalcooliques, de masques, d’équipements respiratoires, de lits d’hôpitaux. Les soignants viendront-ils aussi à manquer ? On nous répète que les masques ne sont utiles qu’en cas d’infection. Qui a pensé cette phrase que tous, médecins et gouvernants, osent prononcer sans en mesurer les conséquences ? Car comment savoir si l’on est contaminé ou non ? Les symptômes ne seraient pas toujours palpables. Et lorsque la maladie devient trop visible, trop pénible, le masque ne sert plus à rien, non ? Alors, soit on nous ment pour éviter une panique générale, soit on prend des précautions pour ne pas dire la vérité.

La Chine annonce un contrôle de la situation. Doit-on se réjouir et espérer une amélioration en France, en Europe et ailleurs dans le monde ? Si seulement c'était vrai. Mais depuis quand peut-on croire les révélations officielles venues d’une dictature qui contrôle les faits et gestes de ses citoyens, qui les punit et les récompense selon un barème de points et qui continue de pratiquer le bannissement dans des camps de rééducation ? Sur quels fondements peut-on croire un régime qui a extorqué des confessions au docteur Li Wenliang, lanceur d’alerte qui cherchait à prévenir son pays du danger qui l’a finalement frappé ? Plus besoin de le réduire au silence ou de le faire disparaître. Et la télévision française qui reprend et diffuse, sans questionnements, des images d’un triomphalisme douteux.  

Une petite grippe ? Allons, bon ! De l’ignorance ils en ont fait leur commerce sur les ondes et les chaînes. Après l’évocation de la grippe espagnole qui a fait des ravages au début du XXème siècle, a-t-on souvenir d’une petite grippe qui aurait causé tant de frayeur et se serait propagée avec tant d’ampleur ? Autre argument : la grippe tue chaque année. Voilà un argument-défense irréfutable, croit-on. De qui se moque-t-on ? Petit à petit, on se rend à l’évidence. C’est plus grave que l’on croyait. Tiens, Trump aussi se rallie à la thèse. Après avoir déclaré que les États-Unis sauraient se débarrasser du virus. Ils sont les meilleurs en tout, les « Number One » de la planète. Et voilà que les États-Unis connaissent le désarroi universel. Une pensée pour les milliers de sdf à San Francisco et à Los Angeles qui jonchent les rues, les plages, qui font quartier à part avec les nantis, qui constituent cette autre Amérique pas très loin de l'usine à rêves -- il était une fois Hollywood. Une pensée pour les résidents des villes-ghettos du Sud qui seront peut-être -- massivement ? -- sacrifiés comme au temps des ouragans, inondations, inadéquations.

Communisme, capitalisme, -isme & -isme, les systèmes se ressemblent et se distinguent par leur ignorance, leur incompétence et, constat de dernière minute, par leur imprévoyance. Ici sont sacrifiées les personnes âgées de la République française. Dans les services de réanimation, le tri a commencé. On le sait, mais on fait semblant de ne pas le savoir. Ici seront peut-être sacrifiées les personnes emprisonnées dans leur cellule. Ou des personnes qui prennent l’ascenseur de leur immeuble. Celles qui montent, sont montées pendant une période critique, dans les transports en commun. Celles qui vont simplement travailler. Celles qui sont naufragées sur les trottoirs.

Agnès Buzyn, auto-sacrifiée par vanité (si par hasard elle se rêvait en reine de Paris) ou sacrifiée par Macron et co (ô Pouvoir, Pouvoir, dis-nous que nous sommes les plus beaux, les plus intelligents !), a pété les plombs. On lui souhaite un prompt rétablissement.

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