Covid-19: et les transports alors?

Plus de rassemblements en milieu confiné. Consignes bienvenues à un moment de crise sanitaire. Mais que fait-on des rassemblements de population dans les transports en commun? Car les passagers continuent de respirer, d’éternuer, de tousser.

 

Covid-19 : et les transports alors ?

 

Plus de rassemblements en milieu confiné. Evénements majeurs, mineurs annulés. Consignes bienvenues à un moment de crise sanitaire. Mais que fait-on des rassemblements de population dans les couloirs et rames du métro et du RER, dans les bus, les trains, les trams et les cars ? Lorsque les passagers se retrouvent en milieu confiné pendant dix, vingt, trente, quarante, voire cinquante minutes ? Car ils continuent de respirer, d’éternuer, de tousser. Y-aurait-il des cloisons protectrices invisibles entre les individus ? Sans parler de ceux et celles qui continuent de cracher. Si, si, de cracher. Par habitude, par manque de courtoisie, par simple provocation. À toute heure de la journée. Dans les transports en commun, la loi c’est chacun pour soi. L’autre n’est pas moi. Le collectif, le sens du collectif, ça fait rigoler tout le monde. On a retiré les banquettes où les sdf prenaient leur aise (trop, apparemment), mais on les laisse exhiber leur indignité dans la cité. Le clochard sent l’urine, crache ses poumons, crève au milieu des voyageurs et des passants. Où va-t-on le confiner ? Va-t-on le soigner ?

 

Plus de rassemblements en milieu confiné. On s’en plaint déjà. Pourquoi ce vent de panique ? Il faut arrêter de regarder les infos ! Les infos, ça n’a pas bonne presse. De l’intox et rien d’autre. Pour nous détourner de l’essentiel. Gardons l’espoir, faisons confiance. Vous avez dit : psychose ? Dur dur d’être exclu d’un événement sportif qui a demandé tant de préparation. Dur dur d’annuler un salon ou un carnaval générateur de revenus et de rayonnement culturel. Et puis, on est féru de vérité, ou de post-vérité, cette science fluctuante : ça n’arrive qu’aux autres. Les confinés du bateau de croisière ne semblaient pas s’amuser. Eux étaient les autres, tous les autres. Mais qui a inventé les villes flottantes d’où l’on ne peut s’échapper ? Une pensée pour le médecin chinois Li Wenliang, lanceur d’alerte interrogé par les autorités, mis au silence, sacrifié.

 

Pour en revenir aux rassemblements dans les transports en commun. Avec un peu de bon sens, on pourrait les classer en lieux confinés (à éviter ?) et prendre des mesures nécessaires pour empêcher la propagation du virus Covid-19 venu de Wuhan, de Lombardie ou de l’Oise. Mesure extrême : mettre les transports en commun à l’arrêt ? C’est du déjà vu, déjà vécu, non ? Et avec un peu d’imagination, on pourrait afficher des pictogrammes pour enseigner les règles élémentaires d’hygiène. En pleine épidémie du coronavirus et en dehors. Ne pas éternuer ni tousser sur son voisin. Ne pas cracher par terre. Ne pas se moucher avec ses doigts. Même pas besoin du fameux article 49.3. Il suffit de convoquer et de rémunérer quelques graphistes parlant la langue des signes.

Jeudi 5 mars 2020 : on annonce qu'une employée de la ligne 6 a été contaminée et hospitalisée.

 

 

 

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