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Billet de blog 1 avr. 2014

Le PS d'Hollande dissout le peuple de gauche

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en complément d'un article du blog d'Yvon Quiniou

Je partage les analyses d'Y. Quiniou sur les facteurs de la dérive sociale libérale du groupe dirigeant du parti socialiste. Ce dernier est lui même de plus en plus soumis à un groupe  dirigeants décrit par Y.Q. dans un fonctionnement de plus en plus centralisé de moins en moins démocratique soumis aux logiques d'écuries électorales et en particulier présidentielle. Mais je pense qu'il faut aujourd'hui y ajouter une nouvelle dimension parce ce qu'il décrit n'est pas nouveau et la soumission du PS au social- libéralisme n'est pas un évènements récent.

Par contre ce qui se passe depuis le débaut du septennat de Hollande c'est une transformation des termes du débat politique et la naissance d'un social-libéralisme "décomplexé" c'est à dire assumé. Ce socialisme de l'offre est encore appelé par ses zélateurs "social-démocratie", alors que nous avons un changement qualitatif. La social démocratie dans toutes ses variétés n'avaient pas pour but de changer de société mais de changer la société à une époque où il y avait une marge de manoeuvre liée au fordisme. La mise en place de l'Etat Social -dont tout le monde oublie qu'il a pour moteur une crise politico-sociale sans précédent et un outil une conjoncture de la Libération avec une dégradation sans précedent de la domination du patronat- a donné une crédibilité à un certain contenu social démocrate au PS Français. Pourtant ce dernier était loin du modelé social-démocrate en particulier dans sa base sociale et son rapport aux syndicats.

Aujourd'hui il s'agit de faire retrouver au PS sa dimension de parti de gauche ( = parti de progrés pas forcément social) au sein d'un champ politique dont on veut exclure le peuple de gauche dans ses demandes politiques et sociale égalitaires . Face aux contraintes imposées à la redistribution par l'oligarchie libérale, il faut en finir avec l'idée même d'égalité assimilée à l'uniformité. L'analyse que fait le groupe dirigeants du PS ( et qui donne largement raison aux idéologues de Terra Nova) est la suivante : la place des classes dominées dans le système de représentation politique est destinée à se réduire de plus en plus ( du fait de la complexité des décisions qui met fin à la capacité de la cuisinière à diriger ) Dès lors l'avenir est à la conquête de nouvelles catégories sociales qui ont très fortement intégré le libéralisme comme horizon indépassable et y cherchent une place : ce qui est désigné sous le terme de « bobos », ce qui se prennent pour les gestionnaires de leur entreprise individuelle même s'ils sont juridiquement salariés. Là seule se trouve une place pour cette "vraiment nouvelle gauche" amputé de son ancienne base. Pour parachever ce changement il faut « dissoudre le peuple de gauche » devenu indésirable en le désorientant : il suffit de mener une politique de droite au nom d'un réalisme et d'une rigueur gestionnaire propres à récupérer aussi des électeurs des anciens partis de droite ( appelé centre) que l'on peut séduire par son sérieux. On pose ainsi les bases d'une nouvelle formation politique adaptée à un système de représentation qui s'est mis en place aux USA depuis déjà longtemps. La mutation vers le parti démocrate a été accélérée pour rattraper le plus vite possible le retard français sur les autres formations européennes ( ce n'est pas pour rien que Valls cherche à se donner des allures de Renzi le dirigeant du PD italien ).

Il semblerait que le calcul misant sur le caractère local des élections municipales pour accélérer cette mutation n'a pas fonctionné, mais il a mis à mal l'ensemble de la gauche. Il est urgent de la reconstruire autrement qu'en opposition à Hollande en pensant que l'échec de celui ci ressuscitera automatiquement la « vraie gauche » de l'ancien peuple de gauche , mais en reposant les bases idéologiques, politiques et culturelle d'une révolution démocratique écologique et solidaire capable de changer cette société et répondre aux demandes sociales et politiques du peuple conçu en intégrant aussi les personnes (en particulier dans la jeunesse) qui ne se sont jamais reconnues dans une conception de la gauche traditionnelle et aussi celles et ceux qui font le constat de faillite du PS.

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