A gauche, les politiques s’engueulent, les électeurs désespèrent

J'espérais que l'article de Pauline Graulle puisse permettre de commencer une réflexion qui nous sorte de l'impasse. Hélas, au vu des commentaires, l'article aurait pu s'intituler «A gauche, les politiques s’engueulent, les militants s'invectivent; les électeurs désespèrent». Ce qui aujourd'hui plombe la gauche, c'est la division entre des organisations partidaires enfermées dans les débats dominés par l'agenda de l'adversaire. Il leur manque la créativité et la capacité à produire de l'alternative à la fois radicale et concrète.

Quand on voit les commentaires, où dominent les logiques partidaires, on ne peut qu'être inquiet et craindre une victoire de Marine Le Pen l'an prochain.

En effet, seule une union de toute la gauche peut faire vivre une alternative, mais de toute la gauche, et pas seulement des appareils des partis ou le vote des seuls militants. La gauche, c'est aussi, et surtout aujourd'hui dans les luttes, des militant.es, de l'associatif dans sa diversité et ses dimensions écologistes et démocratiques, du syndicalisme...

Ce qui aujourd'hui plombe la gauche, c'est la division entre des organisations partidaires enfermées dans le champ politico-médiatique et ses débats dominés par l'agenda de l'adversaire et la créativité des mouvements, leur capacité à produire de l'alternative à la fois radicale et concrète.

Les partis s'usent dans la compétition pour être la meilleure opposition possible: leurs positions sont largement surdéteminées par le jeu électoral : de dernier est  balisé par l'adversaire qui fixe les règles du jeu. Ce jeu se situe largement en dehors des préoccupations quotidiennes et concrètes des gens de la moyenne.

Les mobilisations contre le sécuritaire et les violences policières esquissent une nouvelle conception des rapports des citoyen.nes à l'Etat qui n'est que peu reprise en charge par les politiques officiels. 

Là où le gouffre est béant entre la gauche officielle et le peuple, c'est sur les questions liées au chômage, à précarité, à la pauvreté. 

Une gauche peut-elle gagner sans répondre aux millions de pauvres mais aussi des salarié.es du "bas de l'échelle" ? 

(Voir https://blogs.mediapart.fr/etienneadamanpagorg/blog/230520/est-ce-ainsi-que-les-hommes-et-les-femmes-vivent)

La démocratie, le social et l'écologie peuvent fournir les bases d'un pacte commun pour la présidentielle et les législatives, à condition que les syndicalistes, associatifs, acteurs et actrices des mobilisations en cours animateurs, animatrices des expériences alternatives, s'en mêlent.

Il nous faut des assemblées locales qui offrent à tout ce monde là et bien sur aux militant.es politiques un cadre pour débattre sur les problèmes de fond et agir en commun. 

https://www.unalt.fr/

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