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Le Club de Mediapart ven. 26 août 2016 26/8/2016 Édition de la mi-journée

"Le corps au travail" Comment les intellos regardent l'entreprise. Peu d'espoir pour l'avenir si on en reste là...

Je suis en train d'écouter l'émission d'habitude super de France Inter, La tête au carré : "Le corps au travail" Elle est tellement pleine de préjugés et de pensée unique séculaire franco-française que cela me fait mal...

Je suis en train d'écouter l'émission d'habitude super de France Inter, La tête au carré : "Le corps au travail"

 

Elle est tellement pleine de préjugés et de pensée unique séculaire franco-française que cela me fait mal...

 

Elle est typique de la situation de pensée transmise par l'Education nationale, elle montre comment la société française et les "intellectuels" et "chercheurs" voient l'entreprise, de loin, comme un objet d'étude, dans laquelle ils ne font que passer mais dans laquelle ils ne travaillent pas.

Ils se permettent de la regarder comme un objet d'étude sociologique... avec leurs préjugés hérités de leurs études...

 

J'aime beaucoup d'habitude cette émission, mais celle-ci me fait bondir, tant elle est typique de l'enfermement de la France dans une vision séculaire de relations sociales figées.

 

On y parle du corps des "ouvriers" déformés par les répétitions, sans voir que les violionistes, les pianistes ou les orfèvres ont la même marque dans leur corps. De même que les innombrables employés de bureau - dont les "chercheurs" eux-mêmes au dos courbé et aux lunettes, les muscles du dos et du corps en général atrophiés...

 

On y voit bien la conception franco-française du travail et de l'entreprise, répercutée par l'éducation nationale et les intellectuels. On est en plein délire !

 

Les relations sociales en France sont un réel problème.

 

Les chefs d'enteprises et les "élites" ayant suivi les "grandes écoles" méprisent les ouvriers.

 

Les ouvriers considèrent les "patrons" - mot venu du terme latin "pater" qui signifie "père" -  comme des escrocs en puissance et ne peuvent s'imaginer avoir une relation humaine normale avec eux.

D'ailleurs dès la 1ère S, les profs disent aux élèves "Vous êtes la future élite de la nation, vous allez devoir bien travailler" (sic!) ceux-ci regardant les autres - littéraires et ES - comme des "cons paresseux". Après leur "prépa" et leur "grande école" ils arrivent en entreprise en continuant à considérer leurs "subordonnés" comme des "cons paresseux".

De même, les ouvriers qui parlent de la "mère Parizot" qui "se fait du fric" etc...

 

J'avais écrit un article en 2008 sur les PME en Allemagne, je vous en redonne le lien.

 

On n'a pas ici des chefs d'entreprises - et non des "patrons"  - qui méprisent leurs ouvriers, mais qui les respectent, comme dans de nombreuses PME allemandes familiales. Ils ont même engagé un cuisinier qui cuisine des produits bio. Il y a deux services dans le réfectoire où les ouvriers et tout le personnel peuvent manger le midi les produits cuisinés pour eux. Il y a des nappes sur les tables...


Les ouvriers, voyant comment le chef d'entreprise, qui est aussi le propriétaire, s'engage pour que tous se sentent bien au boulot, ne les considèrent pas comme des ennemis, mais comme des gens avez lesquels parler de leurs problèmes au boulot et de leurs demandes.

Les ouvriers qui font de bonnes propositions d'amélioration ont une prime pour récompenser le fait qu'ils pensent à améliorer leur poste de travail.

J'ai rencontré des chefs d'entreprises qui font la cuisine pour leurs employés de temps en temps dans la cuisine aménagée dans l'entreprise à côté du réfectoire commun - des entreprises qui ont créé des filiales en France, ce ne sont pas de toutes petites boîtes...

Les liens humains et le respect mutuel au sein de l'entreprise sont tout à fait différents.

Après on s'étonne des performances. Je vous invite à lire mon compte-rendu de visite dans une PME allemande en 2008.

 

On entend aussi parler dans l'émission de la "médecine du travail". J'ai travaillé à Paris entre 2000 et 2002, ce que j'ai vécu comme "médecine du travail" m'a fait dresser les cheveux sur la tête. C'est d'un archaïsme sans nom.

Des médecins devenus quasi-fonctionnaires dans de vieux bureaux, une interrogation sans aucun respect de la personne, où tout le monde peut écouter lorsque l'employé demande "Votre nom? " Votre numéro de téléphone?" Aucun respect de la sphère privée, tous ceux qui attendent peuvent noter...

Ensuite, le tout est d'un ridicule fini, ces gens sont payés à ne pas faire grand chose... Triste...

J'ai travaillé pendant 27 ans en Allemagne avant cette "expérience parisienne"... On dirait le jour et la nuit.

Il existe en Allemagne le système des "Betriebsärzte" et des Vertrauensärtze" des caisses de maladies (il en existe 154 et non un "monopole" comme la Sécu).

La médecine du travail est donc l'organisation de la protection au travail sous la responsabilité des Länder (régions), de l'Etat et des caisses de maladie.

 En outre, le gouvernement allemand a compris qu'il valait mieux "prévenir que guérir" un adage ancien remis à l'ordre du jour.

Les maladies les plus coûteuses, celles qui entraînent le plus de congés maladies, sont des troubles musculosquelettiques et les maladies psychiques.

Et donc les entreprises qui organisent la prévention contre ces maladies sur le lieu de travail ont droit à dépenser 500 € par employé et par an défiscalisés et libres de toutes charges sociales.

 

Il existe donc dans les entreprises des groupes qui font du sport pour muscler le dos, qui apprennent à gérer le stress, à dire non, à décompresser selon certaines techniques de relaxation musculaire, comme celle de Jacobson. Leurs postes de travail sont examinés et adaptés, les chaises de bureau adaptés à leur morphologie, etc. etc.

Et les frais sont co-financés par la défiscalisation et la dispense de charges sociales. C'est donc un donnant-donnant entre l'entreprise, les salariés, l'Etat, les régions et l'assurance maladie.

Mieux vaut dépenser pour avoir des gens en bonne santé - et les y inciter sur le lieu de travail - que de payer lorsqu'ils sont malades, ils en souffrent eux-mêmes et toute la société.

Voilà mes réactions suite à cette émission - pourtant d'habitude si intéressante - bien dans la pensée unique franco-française... le pauvre "ouvrier" dont le corps souffre et le méchant patron qui l'exploite...

 

Il n'y a aucune conscience que l'un ne peut survivre sans l'autre, qu'ils sont donc interdépendants et devraient donc partager un respect mutuel.

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Tous les commentaires

Le "duel" Etoile-Marie Caroline: un bel exemple que le dialogue n'entraîne pas nécessairement une communication.

Comment voulez-vous que la société change quand 2 personnes, bien informées et, au fond, poursuivant le même but n'arrivent pas à s'entendre (au sens de l'écoute): affrontement au lieu de confrontation. 

Allez, elles sont bien françaises !Sourire

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