Election Américaine : l'anti-Establishment plus fort que l'anti Trump, décryptage !

Les dés sont jetés, après une nuit de dépouillement, l'élection de Donald Trump a été proclamé tôt ce matin, une victoire acquise grâce au basculement de la Floride, la Caroline du Nord ou encore l'Ohio, fameux "swing states". Les médias vont avoir à cœur de trouver des coupables, et ce pourrait être Gary Johnson et Jill Stein. Il aurait mathématiquement raison, mais non, ce n'est pas le cas !

Si l'avenir s'est brusquement assombrit sur les Etats-Unis et sur toute personne un tant soit peu humanisme dans ce monde, n'oublions pas de rester lucide et de ne pas crier au loup trop vite. Surtout, tentons de comprendre dès maintenant et de ne pas se murer dans le silence et se mettre des œillères. La victoire de Donald Trump à la présidence de la République américaine cette nuit est le fruit d'un raz de bol généralisé des citoyens américains pour l'Establishment et les élites. Ce raz de bol qui est le principal moteur des extrêmes, de droite comme de gauche en Europe a été plus fort que l'anti-Trump aux USA, affrontons cette réalité pour apprendre.

Gary Johnson et Jill Stein, les faux responsables de la défaite d'Hillary Clinton

Comme après n’importe qu’elle guerre (oui, c’était une guerre), il y a le temps "d’honorer" le vainqueur, Trump, et celui de distribuer leurs responsabilités aux perdants.

Il est sûr que nous allons voir fleurir des articles fleuves concernant les scores relativement élevés de Gary Johnson (3% pour 4 millions d’électeurs) et Jill Stein (1% pour 1,1 million d’électeurs). Le candidat libertaire et la candidate écolo sont-ils à 100% les responsables de la défaite de Clinton hier ?

Oui, sans aucun doute, mais...uniquement si l’on fait des mathématiques et si l’on considère que les voix récoltées par les deux candidats dissidents auraient largement contribué à la victoire de la candidate démocrate, sauf que justement, rien ne dit que les mathématiques auraient eu raison de leur liberté de pensée, et donc celle de voter.

Les élites et les personnalités rois de l’anti-Trump n’ont pas réussi à convaincre

Pendant des semaines et des semaines, élites, philosophes, réalisateurs et personnalités publiques dans le monde de la musique sont venus grossir les rangs des anti-Trump et sont venus dicter des règles que les Américains ne voulaient plus voir.

L’élection de Donald Trump, c’est la défaite de la pensée même du « vote utile » et du vote pour le « moins pire ».

Muré derrière une réalité virtuelle, l'Establishment américain a en réalité construit un mur bien plus terrible qu’il ne l’imaginait entre les Américains profonds et ceux issus des grandes villes du pays qui ont voté parfois à plus de 90% en faveur d’Hillary Clinton (ex. : Washington DC).

Cette campagne d’abattage du candidat Trump a fait le jeu du candidat « orange », lui permettant de rester audible pendant toute la campagne et de privilégié de plus d’un statut de victime dont  il a su tirer profit.

Cette campagne américaine 2016 a en réalité été une non-campagne. Aucun des deux candidats qui ont été jetés sous le feu des projecteurs n’a été en mesure d’apporter un quelconque programme. Jamais la raison n’est venue l’emporter sur la déraison de la surenchère des petites phrases.

Et à ce jeu de con, les plus grands imbéciles gagnent toujours…

Aujourd’hui, mercredi 9 novembre, 4,7% des Américains votant se sont exprimés pour un programme, 95,3% se sont déplacés pour la haine d’un candidat, qu’il soit Donald Trump ou Hillary Clinton.

 

Prenant ont acte, la présidentielles 2017 approches à grands pas, apprenons, et vite !

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