C’est une première et, en tant que membre fondateur, Mediapart est très fier de pouvoir l’annoncer. Neuf médias européens réunis autour d’un nouveau réseau d’enquête, l’European Investigative Collaborations (EIC), publiera, vendredi 18 mars, à 19 heures (pour les versions numériques), et samedi 19 au matin (pour les versions papier), sa première grande enquête internationale.

Fruit de trois mois de travail, cette enquête portera sur « les armes de la terreur ». Ou comment les terroristes qui ont ensanglanté l’année 2015 en France ont pu, malgré la clandestinité à laquelle ils sont astreints, se procurer avec la plus grand facilité des quantités d’armes mortelles — pistolets ou kalashnikovs — en profitant des failles béantes de la législation européenne et de la faiblesse du contrôle de certains pouvoirs publics, qui se sont révélés aveugles et sourds aux alertes.

Logo de l'EIC. Logo de l'EIC.

Les discussions relatives à la constitution de l’EIC ont commencé en 2015 autour du magazine Der Spiegel (Allemagne) et du Romanian Centre for Investigative Journalism. Le Soir (Belgique), Politiken (Danemark), Newsweek Serbia (Serbie), Falter (Autriche), El Mundo (Espagne), The Black Sea (Roumanie) et Mediapart ont rapidement rejoint le projet. Tous sont les partenaires fondateurs de l’EIC. Le réseau est coordonné par Stefan Candea, du Romanian Centre for Investigative Journalism.

L’objet de l’EIC est purement journalistique : nous collaborons à l’échelle européenne sur des enquêtes en profondeur, chaque média partenaire assurant l’exclusivité des découvertes de l’EIC dans son pays. 

Partout dans le monde, des réseaux d’investigation équivalents se développent depuis quelques années. Nous pensons qu’il s’agit d’une innovation non seulement durable mais essentielle pour la documentation et la compréhension de sujets d’intérêt public (trafics d’armes, corruption, terrorisme, santé, etc…) qui dépassent très largement les frontières de tel ou tel pays.

L'une des kalashnikovs d'Amédy Coulibay, retrouvée à l'HyperCacher. © DR L'une des kalashnikovs d'Amédy Coulibay, retrouvée à l'HyperCacher. © DR

Par leur structure et leur méthodologie, ces réseaux collaboratifs de journalisme, comme l’International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ), à l’origine par exemple du scandale LuxLeaks, constituent l’un des rares mécanismes qui permettent d’appréhender les structures globalisées du pouvoir — qu’il s’agisse de gouvernements ou d’entreprises. Ils sont, dès lors, une inévitable voie de progrès pour le journalisme et l’information du public.

L’EIC travaille sur un principe d’échanges et de mutualisation maximum, d’idées, d’intuitions, de verbatims d’entretien, de documents confidentiels. Libre ensuite à chaque journal partenaire d’écrire les articles qui lui semble les plus utiles pour ses lecteurs.

Les initiateurs de l’enquête sur « les armes de la terreur », que nous rendrons publique dès demain, sont Der Spiegel (avec Joerg Schmitt et Juergen Dahlkampf) et Le Soir de Bruxelles (avec Alain Lallemand) Ont participé à l’enquête : Fabrice Arfi, Karl Laske, Matthieu Suc (Mediapart) ; John Hansen (Politiken);  Milorad Ivanovic (Newsweek Serbia) ; Lukas Matzinger (Falter); Irene Velasco (El Mundo) ; Vlad Odobescu (RCIJ) ; Michael Bird (TheBlackSea).  

Des graphistes ont également permis de mettre en images les découvertes de l’EIC : Paula Guisado (El Mundo) ; Donatien Huet (Mediapart) ; Jean-Philippe Demonty et Marc Vanderbel (Le Soir) ; Martin Brinker (Der Spiegel).  

A demain, donc.  

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