Connaissez-vous Granta ?

D'abord, une explication. Pourquoi Confiture ? Parce qu'un blog, c'est un endroit où l'on s'étale. Et parce que dans celui-ci vous trouverez des récits mélangés, des thèmes remués, écrasés, un peu de tout, un peu de rien. Surtout des deux, histoire de remplir le petit pot vide qui illustre ce blog. Ensuite, la suite. Pourquoi Granta? Parce qu'un hommage à cette revue anglaise, dont la lecture constitue dans le paysage saturé des choses qui s'éditent un moment de journalisme et/ou de fiction d'une rare intensité, me paraît être un bon point de départ.

D'abord, une explication. Pourquoi Confiture ? Parce qu'un blog, c'est un endroit où l'on s'étale. Et parce que dans celui-ci vous trouverez des récits mélangés, des thèmes remués, écrasés, un peu de tout, un peu de rien. Surtout des deux, histoire de remplir le petit pot vide qui illustre ce blog. Ensuite, la suite. Pourquoi Granta? Parce qu'un hommage à cette revue anglaise, dont la lecture constitue dans le paysage saturé des choses qui s'éditent un moment de journalisme et/ou de fiction d'une rare intensité, me paraît être un bon point de départ.

 

Je ne connais pas Granta depuis très longtemps ; c'est un cousin qui me l'a mis entre les mains. Le dernier numéro - le 102 - de cette revue trimestrielle de 260 pages vient de sortir. Son thème transversal est la nature et les nouvelles voies de l'explorer, de la raconter, de la décrypter. De la comprendre.

 

Le picth en quatrième de couv' dit ceci: «D'aussi loin que les gens écrivent, ils ont écrit sur la nature. Mais les migrations économiques, la surpopulation et les changements climatiques ont transformé le monde naturel en quelque chose qui nous est étranger. Dans la mesure où notre conception et notre appréhension de la nature change, la façon décrire dessus aussi».

 

Le thème est vaste. Les sujets qui s'y rattachent aussi: les aménagements paysagers de l'ouest américain, une incroyable visite du corps humain, un superbe reportage sur la migration des oiseaux hors d'Israël et de Palestine, un voyage dans le Bronx... Qu'ils soient de journalisme ou de fiction [le mélange des deux genres est une particularité de Granta, comme du New Yorker ou de nombreuses publications anglophones], les récits apparaissent ici comme un antidote à la mal-information qui remplit l'essentiel de nos écrans, de nos pages, de notre vue.

 

Là, on fait un pas de côté sur le monde. On prend le temps (et le plaisir) de le comprendre, à mille lieues de ce qui se consomme vite et s'écrit mal. Des choix éditoriaux, ici, sont faits et ils sont assumés. Avec talent, en plus !

 

L'histoire de la revue Granta plaide pour elle. A l'origine, en... 1889, on trouve des étudiants de l'université de Cambridge (photo ci-dessous) qui lancent un magazine où l'on parle de littérature, de politique et d'autres choses. Avec un gros faible pour la littérature. Granta doit son nom à la rivière qui traverse la ville de Cambridge.

 

 

Après avoir publié les premières œuvres de quelques gloires anglaises (Michael Frayn, Stevie Smith, Ted Hughes...), la revue, embourbée dans un pétrin financier, périclite. Elle renaîtra de ses cendres en 1979 grâce à l'activisme d'un petit groupe d'étudiants de troisième cycle qui choisissent comme mot d'ordre éditorial la promotion du «new writing». Le spectre des sujets est large, de l'intimité de l'être humain aux débats de société les plus violents. Et ça marche, notamment grâce au talent de son ancien rédacteur en chef Ian Jack, aujourd'hui remplacé par Jason Cowley. (Lequel est en partance pour prendre les rênes en septembre prochain du New Statesman si j'en crois son blog.)

 

En trois décennies, Granta a ainsi publié de grands écrivains, souvent avant même qu'ils ne soient connus. Il y a Saul Bellow, Martin Amis, Raymond Carver, Milan Kundera, Gabriel Garcia Marquez, Doris Lessing. J'en passe.

 

Depuis 1983, Granta a aussi pris l'habitude d'établir tous les dix ans un palmarès très attendu des vingt meilleurs jeunes romanciers britanniques. Et ils ont du flair, les amis de Granta: Zadie Smith, Will Self, Ian McEwan ou Robert Mc Liam Wilson (photo) ont été couronnés ces derniers temps. La prochaine liste est attendue pour 2013.

 

Quant au prochain numéro de Granta, qui n'a d'équivalent en France que la jeune revue XXI, paraîtra à l'automne. Son thème sera «au cœur de l'ennemi». Sont d'ores et déjà annoncés une enquête sur le jihad en Angleterre, une réflexion sur le sens d'être kényan après une épuration ethnique ou un reportage sur le trader Jérôme Kerviel.

 

C'est dur à dire, mais vivement l'automne.

 

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• Le site de Granta: www.granta.com

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