Fabrice Arfi
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Billet de blog 26 août 2008

Une certaine vulgarité d'Etat

 Un grand homme, l'écrivain et sémiologue Roland Barthes (1915-1980), a dit un jour que «la politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu'on croit à l'intelligence de l'autre». L'étude du comportement présidentiel de ces derniers mois a de quoi inquiéter quant à la politesse d'esprit du chef de l'Etat. Ce sont toujours des petites phrases, des petits gestes, des petites manies surprises en pleine vie publique mais qui en disent long sur la vérité du personnage qui nous gouverne. Voici, en cinq dates, le récit en images d'une certaine vulgarité d'Etat.

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Un grand homme, l'écrivain et sémiologue Roland Barthes (1915-1980), a dit un jour que «la politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu'on croit à l'intelligence de l'autre». L'étude du comportement présidentiel de ces derniers mois a de quoi inquiéter quant à la politesse d'esprit du chef de l'Etat. Ce sont toujours des petites phrases, des petits gestes, des petites manies surprises en pleine vie publique mais qui en disent long sur la vérité du personnage qui nous gouverne. Voici, en cinq dates, le récit en images d'une certaine vulgarité d'Etat.

· 20 AOÛT 2008

Nicolas Sarkozy se rend à Kaboul (Afghanistan) après le lourd tribut payé par l'armée française qui a perdu dix soldats dans une embuscade tendue par les talibans. Sur l'estrade, le président de la République, qui ne parle surtout que de lui, déclare l'air grave: «Si c'était à refaire, je le referais... Pas la patrouille». Et Nicolas Sarkozy d'étouffer un rire (nerveux ?). La classe.

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· 23 FÉVRIER 2008

Jacques Chirac adorait. Nicolas Sarkozy a détesté. Le Salon de l'agriculture, bien sûr. Pour sa première visite au cœur de la mecque bovine et fromagère, l'hôte de l'Elysée s'est fait surprendre par une caméra du Parisien.fr en train d'insulter un homme qui a refusé de lui serrer la main. Le malotru s'est fait renvoyer dans ses seize mètres par le chef de l'Etat d'un célébrissime et non moin gracieux: «Casse-toi pauvre con». Pour désamorcer la polémique qui s'ensuivit, les hommes du Président ont cru bon de dire qu'après tout il parlait là «comme tous les Français». Comme si tous les Français étaient vulgaires.

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· 4 FÉVRIER 2008

Visite éclair de Nicolas Sarkozy sur le site de l'usine d'ArcelorMittal à Gandrange (Moselle) où six cents salariés sont menacés de se retrouver sur le carreau. Le président de la République vient témoigner du soutien de l'Etat auprès la masse des sidérurgistes paralysés par l'avenir. Le jeune marié qu'il est ne peut pas s'empêcher de lâcher, deux jours après son union avec Carla Bruni: «Je dois dire que Gandrange comme voyage de noces, il n'y a pas mieux». La classe, toujours la classe.

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· 4 FÉVRIER 2008 (bis)

Le même jour, le chef d'Etat se rend en Roumanie pour y signer un «partenariat stratégique». Après avoir paraphé les textes officiels, Nicolas Sarkozy ne se prive pas pour repartir avec un stylo de marque qu'il n'avait pas en arrivant. La séquence avait été révélée à l'époque par Canal+.

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· 20 DÉCEMBRE 2007

Notre parangon d'élégance républicaine est reçu au Vatican par le pape Benoît XVI. Nicolas Sarkozy est accompagné d'un autre modèle de distinction verbale: l'humoriste Jean-Marie Bigard. Une dépêche de l'agence de presse britannique Reuters nous apprend que «malgré la solennité du moment et bien qu'à quelques centimètres du pape, Nicolas Sarkozy a subrepticement consulté un message sur son téléphone portable». Quelques jours plus tard, le 13 janvier 2008, il récidivera en Arabie Saoudite en présence du roi.

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