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Billet de blog 21 août 2014

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André Léo, portrait d'une féministe

Lorsque je lis André Léo, le feu héraclitéen réanime une pensée de jeunesse ouverte à tous les âges du temps.  Je suis emportée par une intelligence politique qui reste d’actualité. C’est une force naturellement généreuse, brûlante, qui avec justesse, exprime la réalité du monde. C’est pourquoi j’aimerais partager avec vous quelques extraits choisis de son discours tenu à Lausanne.

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Lorsque je lis André Léo, le feu héraclitéen réanime une pensée de jeunesse ouverte à tous les âges du temps.  Je suis emportée par une intelligence politique qui reste d’actualité. C’est une force naturellement généreuse, brûlante, qui avec justesse, exprime la réalité du monde. C’est pourquoi j’aimerais partager avec vous quelques extraits choisis de son discours tenu à Lausanne. Les barricades tirent à feu. Le vieux monde ruse dans ce Paris sous la Commune. Une calomnie signée Thiers, clame André Léo lors de ce célèbre discours, prononcé au congrès de la paix le 27 septembre 1871.

Cette Journaliste, romancière, militante politique, Léodile Champseix, emprunte les deux prénoms de ses fils, Léo et André pour se constituer une nouvelle identité. Cent trente-trois ans plus tard, ses phrases sont toujours percutantes, et continuent de nous éclairer sur la politique actuelle.  André Léo, dans un Paris encerclé, inondé de pauvres et d’exploités, fut du côté des maîtres provisoires de la Commune. Lors de l’insurrection de 1871, le sang  de milliers de cadavres a tapissé sous les talons des petits crevards et des courtisanes selon ses expressions.

Malgré les massacres de Thiers, elle sait  que le spectre rouge, tout en loques, sert encore d’épouvantails à la volatile. Dans le journal du soir La sociale le 31 mars 1871, elle écrit : Frère, on te trompe. Nos intérêts sont les mêmes(…) Ce que je te demande tu le veux aussi(…) Ce que Paris veut, c’est la terre au paysan, l’outil à l’ouvrier, le travail pour tous. 

André Léo combat la monarchie, elle combat la République qui a redonné l’instruction aux prêtres, la presse aux financiers, la justice aux entremetteurs, l’armée aux assassins, l’administration aux corrompus, la politique aux Basiles. Il y a identité entre République, Empire et Monarchie.

Si les bras de noyé de la Commune n’ont pu s’accrocher à rien, il reste à ceux qui n’ont pas trouvé dans leur berceau une clef d’or pour les protéger de l’injustice, l’intérêt de l’histoire car le vieux monde ruse encore avec les mêmes mensonges, la même corruption, les mêmes soldats meurtriers pour assouvir la faim des banquiers.

La démocratie, quant à elle, est une guérisseuse qui traîne à sa suite un hôpital.

Hélas ! La politique de cette malheureuse ne consistera jamais qu’en un changement de noms ? Ce ne sont pas des œuvres de paix, que la résistance au progrès, la compression de la liberté, la négation des besoins nouveaux, que ressent l’humanité du XIXe siècle ? Tout cela ne sert qu’à préparer de nouvelles guerres, d’épouvantables guerres sociales. Vous croyez tous que la paix du monde actuel est attachée  au développement de  l’intelligence, de la moralité et du bien être des  peuples. Or, comment le gouvernement de Versailles, ce gouvernement qui se prétend aussi le sauveur de l’ordre, de la morale et du bien public, comment remplit-il ce triple but ?

Est-ce par ses lois financières, qui font peser sur la consommation du pauvre les frais de la guerre ? Et qui ne trouvent pas mieux à imposer, autre part, que les besoins de la pensée ?

Jadis les gouvernements, croyant à leur principe, avaient du moins, ou pouvaient avoir, cette sorte d’honneur, qui en un certain ordre de faits, produisait de la vertu et de la grandeur. Mais aujourd’hui, ils ne sont plus que des joueurs à la bourse de l’imbécilité publique, qui haussent ou baissent avec les moyens de règne actuels, qu’il s’agisse d’empire, de royauté, ou d’une prétendue république aux mains d’une aristocratie, sont le mensonge, la peur, la corruption, la calomnie, aidés des fusillades à propos.

Mais les systèmes empirent en vieillissant ; car les moyens s’usent, et il faut aller de plus en plus fort… Quel avenir ? Si ce n’est la fin ?

A consulter absolument : Association André Léo, http://www.andreleo.com/spip.php?page=article&id_article=9

Alain Dalotel, André Léo (1824-1900), La junon de la Commune, mars 2004

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