Tes pieds je les touche dans l’ombre de Pablo Neruda
La salle était comble à la Maison de la Poésie, ce mardi 29 mars au soir. En ces périodes de confusions politiques où les risques sont grands de perdre des acquis sociaux arrachés avec souffrance, il est important de retracer la vie de Neruda. Comme le souligne habilement Laurent Galley dans son billet à propos du Chant Général, Neruda, c’est la conscience poétique des peuples et de leur colère, c’est le sang des opprimés, la sève animale et végétale toute entière. Mais c’est aussi l’amour.
Tes pieds je les touche dans l’ombre de Pablo Neruda, regroupent vingt-et-un poèmes inédits qui ont été retrouvés par Matilde Urrutia, sa femme, et transcrits par Jacques Ancet aux Editions Seghers cette année. C’est un Hymne à la terre, à l’amour, dédié à l’Utero verde, aux travailleurs, à la nature, et à son père, cheminot.
Quatorze ans après l’assassinat de son ami Federica Garcia Lorca, il publie le Chant Général, l’œuvre poétique obtient un remarquable succès en 1950 auprès du peuple mexicain. Noël Salomon précise même dans son article intitulé : Un événement poétique : le Canto General de Pablo Neruda, qu’une traduction, dès avril 1949, avait été faite pour la revue Europe. Protégés sous le manteau comme du temps de la littérature clandestine du 17ème siècle, sortie de plumes sujets aux avatars sans droit ni loi, les poèmes de Espana en el corazon furent récupérés par Noël Salomon, dont le combat des paysans espagnols décida de sa vocation d’hispaniste, dans l’arrière salle d’une librairie madrilène dans l’Espagne franquiste.
Mais hier-soir, la salle était comble, et Jacques Ancet, nous a humblement livrés quelques secrets non de sa traduction mais de sa transcription, d’un recueil de poésie découverts en 2011, tiré d’archives, et actuellement publié.
Tes pieds je les touche dans l’ombre de Pablo Neruda