Vive la Commune! Une initiative bruxelloise

Une initiative verra le jour à Bruxelles ainsi que dans plusieurs autres villes belges, durant 72 jours, à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris.

Voici la présentation de leur projet :

Le 18 mars 2021, cela fera 150 ans que la Commune de Paris débuta. Malgré une existence assez courte et une répression sanglante, la Commune a marqué tant l’histoire des idées politiques que celles des révolutions. Pendant 72 jours, les communards se sont battus pour construire une république démocratique et sociale, organisant des élections pour sa commune populaire, amorçant des mesures sociales radicales, discutant des sujets politiques au sein des clubs révolutionnaires, organisant la résistance avec la Garde nationale face à la contre-révolution versaillaise… Cette expérience révolutionnaire s’est soldée par la Semainesanglante, une répression brutale et féroce des communards par le gouvernement français à Versailles.

Certes, c’était il y a 150 ans. Mais les échos de cette révolution éphémère ont résonné à travers l’histoire pour inspirer la gauche radicale du XXe siècle et pour encore animer aujourd’hui les mouvements sociaux aspirant à une démocratie radicale et populaire et à l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses. C’est dans le double but de rendre hommage aux communards qui ont, l’espace de quelques semaines, rêvé et vécu un monde plus égalitaire et solidaire, et de faire la lumière sur ces idéaux et actions qui inspirent toujours aujourd’hui, que nous voulons profiter du cent cinquantième anniversaire de la Commune pour raconter son histoire.

Beaucoup d’événements auront lieu à Paris, et dans le reste de la France. Nous pensons qu’il est de notre devoir de faire ce travail de mémoire et de discussion collective aussi en Belgique, où plusieurs communards se sont exilés après la Semaine sanglante, et surtout où les grandes révoltes ouvrières de 1886 se sont déclenchées suite à la célébration du quinzième anniversaire de la Commune à Liège. Une petite partie de l’exposition sera d’ailleurs consacrée à ces révoltes en Belgique.

Il est évidemment très difficile, voire impossible de restituer l’entièreté de l’histoire de cette expérience politique et ce n’est pas l’ambition de cette exposition. La volonté des auteur·es est de contribuer à la préservation de cette expérience en retraçant l’histoire de la Commune de Paris, des événements précurseurs à ses retombées politiques. Après des recherches historiques et géographiques, nous avons arpenté les rues de Paris afin de retrouver les lieux où se sont déroulés les événements majeurs de la Commune. A l’exception du Mur des Fédérés dans le cimetière du Père Lachaise et de quelques plaques sporadiques dans la ville, souvent posées à l’initiative des Amies et Amis de la Commune, association créée en 1882, il est interpellant de voir que peu de traces de la Commune ont subsisté à Paris. C’est une leçon que l’on peut malheureusement tirer pour la majorité des événements de l’histoire populaire et révolutionnaire.

Cette exposition que nous aimerions voir se dérouler pendant les 72 jours qu’a duré la Commune (du 18 mars au 28 mai), sera donc composée d’images photographiques prises par Karim Bricksi-Nigassa des lieux qui ont été importants dans l’histoire de la Commune à Paris. Manu Scordia et Thibaut Dramaix, dessinateurs pour ce projet, interprètent ces images en tentant d’y reconstituer au mieux les événements historiques en question. La combinaison des deux aspects de ce travail, photographie et dessin, a pour objectif de vous plonger dans l’ambiance du Paris communard et de vous faire découvrir ou redécouvrir un épisode important de l’histoire ouvrière et sociale de nos régions.

Mais nous tenons à profiter de cet événement pour discuter de différents sujets autour de la Commune et faire le lien avec les révoltes contemporaines. C’est pourquoi nous voulons, chaque semaine de l’exposition, organiser une conférence-débat avec une oratrice ou un orateur différent sur des sujets tels que les femmes et la Commune, l’idéal communaliste chez les Gilets Jaunes, l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses, les liens entre les révolutions de 1848 et 1871, les conséquences de la Commune en Belgique… Par ailleurs, nous organiserons également une représentation de la pièce de théâtre créée et jouée par les Amies et Amis de la Commune.

La structure de l’exposition

Cette exposition sera donc un travail collectif alliant photographies, dessins, documents et explications
autour de l’histoire de la Commune de Paris.

Elle sera composée de :

- une quarantaine de tirages photographiques grand format relatant l’histoire de la Commune de Paris avec explications ;

- reproductions des affiches, journaux et documents d’époque ;

- encadrés sur plusieurs thèmes de la Commune ;

- vidéos d’historiens sur la Commune ;

- croquis et dessins de grandes figures de la Commune de Paris.

 Les lieux de l’exposition

Nous souhaitons exposer en Belgique pendant les 72 jours qu’a duré la Commune de Paris (du 18 mars au 28 mai). Dans cette idée d’exposition, selon la disponibilité des salles, nous espérons pouvoir exposer
à Bruxelles, Liège et Charleroi. Par ailleurs, nous avons probablement la possibilité d’exposer à Paris
avec le collectif Faisons vivre la Commune, ce qui demanderait de dédoubler l’exposition.

 Le budget

Nous voulons autoproduire cette exposition sur nos fonds et sur ceux d’organisations ou d’individus
qui souhaitent comme nous profiter de ce 150ème anniversaire pour discuter de l’expérience
de la Commune de Paris. Nous cherchons dès lors des collaborateurs et collaboratrices qui seraient intéressé.e.s de soutenir notre initiative d’exposition afin de mutualiser les efforts et créer un évènement stimulant pour tous les jeunes et travailleurs qui sont sensibles à cette histoire en Belgique.

Si un des postes de dépenses ci-dessous est à votre portée ou peut rencontrer une de vos activités autour de cette thématique, n’hésitez pas à nous aider à mener à bien notre projet. Chaque contribution est
la bienvenue ! Après les 72 jours d’exposition entre le 18 mars et 28 mai, l’exposition sera itinérante
et à la disposition de chacun des collaborateurs et collaboratrices pour ses futures activités.

Coût prévisionnel total : 7.700 €

 

Nos parcours

Karim Brikci-Nigassaest né en 1983 à Tournai. Ouvrier dans le secteur hospitalier, il entreprend des études de photographie chez Contraste puis à l’Ecole Agnès Varda.

Particulièrement sensible aux questions sociales, il ne croit pas à la prétendue neutralité des photo-journalistes et décide d’axer l’essentiel de son travail photographique autour de l’injustice sociale.

En 2011, il fonde le Collectif Krasnyi qui a pour vocation de fédérer des professionnels de l’image autour de la documentation des luttes sociales et des résistances au système capitaliste.

Son travail est visible sur le site www.krasnyicollective.comet est publié dans diverses revues et journaux alternatifs et militants.

 

Manu Scordiaest auteur de bandes dessinées et illustrateur. Il a dessiné pour divers organes depresse

(« Imagine demain le monde » le magazine du CNCD, la revue « Z », « Ensemble » le trimestriel du Collectif Solidarité Contre l’Exclusion, le « JEF », Journal des Etudiants Francophone). Il a illustré le livre de Carlos

Perez « L’enfance sous pression » (éd. Aden, 2007), la couverture du roman de Jean-Pierre Griez

« Une enfance d’en bas » (éd. du Cerisier, 2007) et le livre du juriste Mathieu Beys « Quels droits face

à la police ? » (éd. Couleur Livre, 2014).

En 2016, Manu Scordia réalise avec le photographe Karim Brikci-Nigassa, l’exposition « Black Panther Lives Matter », une expo de dessin sur photo, à l’occasion des 50 ans de la naissance du Black Panther Party.

Il a participé à la réalisation du film d’animation « Caoutchouc rouge, rouge coltan » sur l’histoire coloniale

de la Belgique au Congo, sorti en décembre 2018.

Il est l’auteur de la bande dessinée « Ali Aarrass » (prix Atomium de la meilleure bande dessinée de reportage 2019), paru chez Vide-Cocagne en avril 2019, qui raconte l’histoire vraie d’Ali Aarrass, Belgo-marocain incarcéré et torturé au Maroc dans l’indifférence de la Belgique alors que son innocence est établie et que l’ONU exige sa libération. 

Manu Scordia travaille également comme animateur dans une association pour les enfants du quartier

à Cuesmes dans le Borinage dont il est originaire.

 

Thibaut Dramaix

Né dans le Borinage en 1978 et bruxellois d’adoption, Thibaut Dramaix a été formé à l’architecture

et au graphisme. Touche-à-tout visuel, il passe du prépresse à la sérigraphie, du dessin animé au lettrage,

de l’illustration de presse au design d’objets.

Depuis 2014, il fournit par conviction du support graphique à différentes associations : Agir pour la paix,

Collectif Krasnyi, Collectif hôpital en résistance, La santé en lutte...

 

Sixtine d’Ydewalleest née en 1992 à Bruxelles.

Diplômée de droit et de philosophie, elle est actuellement doctorante et effectue sa thèse sur le sujet

de la théorie et la pratique du communalisme et de la démocratie directe. Outre des recherches en théorie politique sur la démocratie directe, elle étudie empiriquement la tendance communaliste au sein du mouvement des Gilets Jaunes, notamment à Commercy, ainsi que les mouvements communalistes aux Etats-Unis.

 

Pour les joindre et/ou les rejoindre. Pour les soutenir.

Karim Brikci-Nigassa, Manu Scordia, Thibaut Dramaix et Sixtine d’Ydewalle

vivelacommune2021@gmail.com

 

 

 

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