Petit lexique de recherche post-médiévale à l'usage du gouvernement Macron

Le gouvernement souffle ses répliques à l’Action Française. L'Unef est considérée comme « fasciste » par les sénateurs. Mme Vidal traite les universitaires comme des terroristes : la bêtise a un pouvoir hiérarchique sur la pensée, l’Ordre cherche à mettre au pas la complexité du réel, le Pouvoir cherche à écraser la réflexion critique – comme si la BAC soudain se piquait de versification.

Toulouse, 02/04/21

Petit lexique de recherche post-médiévale à l'usage du gouvernement Macron

« Je fus la dernière à être conduite à la potence. Autour de moi, d'étranges arbres se hérissaient d'étranges fruits. »

Maryse Condé, Moi, Tituba, sorcière... Noire de Salem.

Quand le gouvernement souffle ses répliques à l’Action Française. Quand un syndicat étudiant est qualifié de « fasciste » par le ministre de l’Éducation Nationale. Quand les sénateurs proscrivent un mode d’organisation interne des militant.e.s. Quand la ministre de l’Enseignement Supérieur associe tout un pan de la recherche universitaire à du terrorisme.

Bref, quand la bêtise a un pouvoir hiérarchique sur la pensée, c’est l’Ordre cherchant à mettre au pas la complexité du réel, c’est le Pouvoir cherchant à écraser la réflexion critique – comme si la BAC soudain se piquait de versification.

  • Davis, Angela : Non, Angela Davis n'est pas que le nom d'un lycée du 93 où une bande d'enseignants islamo-gauchistes (déjà) refusaient d'exclure les élèves musulmanes. C'est le nom d'une militante africaine-américaine, philosophe marxiste luttant de longue date contre l'oppression raciale. Dans Femmes, race et classe, elle pose les jalons d'une grille d'analyse qui quelques années plus tard sera nommée par la juriste Kimberlé Crenshaw « intersectionnalité » : relisant l'Histoire américaine d'un point de vue subalterne, A. Davis rappelle les oublis et les trahisons des féministes blanches, le racisme qui guida leurs choix tactiques. Comme bell hooks qui publie la même année Ne suis-je pas une femme ?, Angela Davis démontre que la conception habituelle de la féminité est racialement marquée, et que le sujet traditionnel du féminisme est blanc. Le Black Feminism permet ainsi de dénoncer la construction raciale du genre, mais aussi la conception genrée de la race. En termes tactiques, cela implique des alliances temporaires, des moments de réflexion et même de mobilisation propres. Parfois les personnes perçues comme blanches et celles que la société a racisées mènent une mobilisation commune ; parfois ces dernières doivent se rencontrer, débattre, combattre, en leur nom propre et sans être invisibilisées par les faux universaux. Une forme de bienveillance, d’autogestion, d’empowerment, qui vous terrifie tant, messieurs les sénateurs, que vous légiférez aujourd’hui même pour l'interdire.

  • Fascisme : Lorsque un groupuscule d'extrême-droite tente d'entrer dans le Conseil Régional d'Occitanie, vous vous permettez, monsieur Macron, de donner votre définition de l'extrême droite : « action violente, volonté de bâillonner la démocratie et de diviser les Français ». En vous entendant j'ai des images de violences policières qui tournent dans ma tête, de manifs réprimées, de corps de métier montrés du doigt et sacrifiés. Je ne vois pas l'Action Française, je vois votre police. Pas Maurras, mais le préfet Lallement. Quand on sait que votre ministre de l’Éducation Nationale a associé un syndicat étudiant au fascisme, on se dit qu'il est temps de rectifier deux-trois évidences. Le fascisme est un régime politique. Il peut naître brusquement, en un coup d’État spectaculaire. Ou il peut sobrement s'installer, matin brun après matin brun, dans l'indifférence générale. Il repose sur une répression féroce, un contrôle armé de la population et une surveillance généralisée – la Sécurité Globale dont vous rêvez. Un homme se prétendant providentiel suspend les peuples à ses lèvres, et de diktat en diktat édicte de doctes tactiques, interdisant les rues ou les assemblées, haïssant les communs et les collectifs, gouvernant jusqu'à l'intime de ses sujets, seul il dirige, écrase et soumet. Violence et virilisme, l’État fasciste est un patriarche ivre de pouvoir, jouissant de dominer. Dois-je continuer mon portrait ? Le miroir à vous tendu éclaire-t-il vos indignes dénis ? Cesserez-vous demain d'accuser vos adversaires de vos propres turpitudes ?

  • Genre, théories du : En 2014 déjà, les lobbies d'extrême droite se mêlaient de ce que nous enseignions à l'école publique. Croisade inter-confessionnelle contre les prétendues « théories du genre ». Même unification artificielle d'une pensée multiple et complexe, même agitation ridicule du spectre de l'invasion américaine, même désignation de l'ennemi enseignant, soupçonné déjà de faire de son estrade une chaire à sermons, un perchoir de meeting. Même accusation de mettre à bas un socle sacré – hier la famille, aujourd'hui la nation. En 2015, les ABCD de l'Egalité sont abandonnés et vous qui prétendez idolâtrer la Laïcité, monsieur Blanquer, vous vous félicitez de cette victoire idéologique des groupes de pression fondamentalistes – Tartuffe aujourd'hui est républicain, quand ça l'arrange. Cependant, comme pour beaucoup de vos médiatiques émotions, votre satisfaction est vaine. En effet cette idée toute simple, selon laquelle l'identité de genre est le résultat d'une construction sociale ayant finalement peu de rapport avec la possession d'un pénis ou d'un vagin, cette idée a convaincu. Les universitaires, mais aussi la jeunesse. Et aujourd'hui, mes élèves de Seconde savent donner leur propre définition du terme « genre », mieux que Marlène Schiappa ne saurait le faire probablement, ils refusent de plus en plus les assignations, les binarités et les injonctions. Savent ce qu'est un stéréotype sexiste. Connaissant l'écriture inclusive et parfois la pratiquent. Refusent d'entrer dans les moules anciens, de se laisser enfermer, définir, classer, dominer. Méprisent les homophobes et dénoncent la transphobie. Alors vous pouvez considérer que les enseignants ont trahi et lavé les cerveaux de la jeunesse. Ou vous pouvez humblement reconnaître que vous avez perdu ce combat d'idées. Comme vous allez perdre les suivants.

  • Intersectionnalité : Parfois devant la complexité il faut savoir se taire. Réfléchir, lire, écouter. Voire même admettre son incompétence : pour Platon, c’est l'ignorance positive ; plus simplement, nommons ça honnêteté intellectuelle. De l’une comme de l’autre, vous êtes, messieurs-dames les ministres, totalement dépourvus. En vos énarques certitudes vous ignorez votre ignorance et jetez à la face des écrans télévisés vos contre-sens grotesques. Par exemple lorsque Mme Vidal vous soulignez, en séance parlementaire, un lien entre les « recherches intersectionnelles » et un drapeau sudiste brandi lors de l'invasion du Capitole... Ici, mon esprit échoue à comprendre le pourquoi du comment vous en êtes arrivée là. J'ai envie de rire un peu, je l'avoue, mais je suis pédagogue, alors je me contente de souligner l'étrangeté du raisonnement, et vous renvoie à vos développements abscons – un peu confus écrit en rouge dans votre marge. De fait, l'intersectionnalité est un concept complexe : il désigne à la fois un fait, une façon de comprendre ce fait, et une façon de le combattre. La métaphore du carrefour désigne ce lieu où l'identité sociale se construit, à l'intersection de plusieurs dominations. Il ne s'agit pas de faire une arithmétique morale, ni de chercher à mesurer quel hyperbolique sujet opprimé cumulerait le joug maximum – non, il ne s'agit pas de « concurrence victimaire ». Il s'agit au contraire de comprendre que nous sommes tous construits au croisement de situations sociales diverses et que c'est là que naissent – ou meurent – nos privilèges. L'on peut, par exemple, madame la ministre, se situer dans le camp des dominées du point de vue du genre, mais demeurer dans le camp des dominants du point de vue de la race et de la classe. Ou l’on peut être dans le camp des dominées du point de vue de la race et du genre, et cependant tirer de ce cumul d’oppressions une force inédite, faite de déconstruction et de résilience. L’intersectionnalité amène de la complexité dans l’analyse politique, révèle les tensions, les jeux, les potentielles subversions. La lecture intersectionnelle montre que les oppressions de classe, de race et de genre, se nourrissent, s'entrecroisent, se nouent en des liens subtils qui interdisent toute lecture simpliste du réel, et toute division binaire du champ politique. Aucune domination n'est universelle, mathématique, ni plus importante que les autres. Et aucune ne peut être combattue sans les autres. Voilà, messieurs-dames les ministres, ce qu'est l'intersectionnalité : un état du réel, un outil pour le comprendre, et le combattre – un outil parmi d'autres, pour abattre le système que vous défendez, que vous incarnez. Une arme conceptuelle, ennoblie par la virulence de vos attaques.

  • Intersectionnelles, recherches : Non, messieurs-dames les ministres, il n'existe pas un domaine de recherche affairé à d'improbables « théories intersectionnelles ». Pas de labo disciplinaire ni pluridisciplinaire désigné comme tel, pas de financement ni de section de recherche. Il existe des chercheurs et des chercheuses, en droit, philosophie, médecine, sociologie ou littérature comparée qui, convaincus que l'approche intersectionnelle peut enrichir méthodologiquement leur domaine d'étude, en tiennent simplement compte, intellectuellement, dans leurs réflexions. Revendiquent le terme, ou pas. En ont une approche critique, ou pas. Ces chercheurs et ces chercheuses, par ailleurs, sont minoritaires. Pour l'instant. Grâce à vous, cependant, ils et elles viennent de recevoir un éclairage national dont ils n'auraient pas osé rêver, et une reconnaissance officielle de leur légitimité scientifique par le CNRS et la CPU, contre vous. Soyez-en remerciés, donc.

  • Islamo-gauchiste : Pauvre copie pâlie de la charge de judéo-bolchévisme, l'accusation d'islamo-gauchisme est un révélateur. Le mot composé est vide et ne désigne rien, en fait, puisque l'Islam est une religion, et le gauchisme, un substantif péjoratif – maladie infantile du communisme selon Lénine. L'islamo-gauchisme, donc, n'existe pas. Pour autant l'extrême-droite en use depuis de nombreuses années, et le gauchiste n'étant pas dénué d'humour, retourne le stigmate en riant depuis longtemps. Pour résumer votre pensée pourtant déjà courte, monsieur Blanquer, est islamo-gauchiste toute personne dénonçant l'islamophobie. Deux camps, ça vous plaît, c'est clair, c'est net. Vous voir gesticuler en vous inventant un ennemi imaginaire pour mieux asseoir votre politique discriminatoire et sécuritaire serait presque drôle, si de vos piètres arguties ne pâtissaient pas de vraies victimes : les Musulmans en premier lieu, puisque encore une fois leur religion, par la magie d'un mot dérivé, est désignée comme l'ennemi national. Ensuite, les chercheurs racisés, dont la menace est à peine voilée par les euphémismes du combat parlementaire. Tous les chercheurs menant des études critiques, visés directement par vos investigations MacCarthystes. Enfin, tous les militants dénonçant la stigmatisation des Musulmans, soumis à vos dissolutions, condamnations, inculpations. Ce que révèle ce vil vocable, c'est que le jargon fasciste est aujourd'hui employé dans les notes ministérielles, et que si l'hiver fuit, les Marcheurs blancs sont bel et bien dans la place. Je n'ai pas peur de demain. Pas peur de 2022. J'ai peur d'aujourd'hui.

  • Race : Non, Mme Vidal, vous n'apprenez rien à personne lorsque vous affirmez doctement, sourire satisfait et verbe haut, que la science a depuis longtemps prouvé que les races n'avaient aucune espèce d'existence biologique. Quoi que vous en pensiez, nous n'avons pas exactement 70 ans de retard intellectuel. Votre affirmation en revanche, l'assurance qui est la vôtre, montre que ce sont les réflexions menées dans toutes les universités du monde depuis plus de vingt ans qui vous échappent totalement. Je vais donc essayer d'être pédagogique, concentrez-vous : la race n'existe pas, il n'y a qu'une espèce humaine. Scoop, madame Vidal : le sexe n'existe pas non plus. Il n'y a (toujours) qu'une espèce humaine. La race, comme le sexe, est une construction sociale. C'est-à-dire que d'avoir un vagin ou un pénis, ce qui est en soi plutôt indifférent, change la façon dont les individus et les groupes sont perçus, et détermine des rapports de pouvoir. Ce n'est pas parce que je suis dotée d'un utérus, mais bien parce que je suis perçue comme femme, fabriquée comme femme, parce que chaque jour je performe ma féminité, que je suis femme, avec toutes les conséquences que cela implique, en terme de salaire, de retraite, de possibilité d'agression sexuelle ou de remarques sexistes. De la même manière, dans la plupart des sociétés post-coloniales, la couleur de peau, qui est en soi un élément parfaitement hasardeux et anodin, détermine le regard d'autrui, instaure des relations inter-personnelles diverses, classe les personnes et les groupes dans leur lien aux institutions, et construit des rapports de pouvoir. Là est le socle des recherches tenant compte, dans leurs analyses, du critère racial. La reconnaissance toute simple d'une évidence : dans beaucoup de sociétés, la race compte. Elle compte tellement qu'elle façonne des destins, détermine la réussite scolaire, multiplie par 10 le nombre de contrôles d'identités, limite l'accès aux logements et aux boîtes de nuit, empêche des histoires d'amour et conduit parfois à la mort. Si l'on ne tient pas compte de la race, madame Vidal, on ne comprend pas pourquoi Théo Luhaka a été violé par des policiers (cf article « violeur »). On ne comprend pas pourquoi Michel Zecler, un producteur de musique sans histoire vivant dans un quartier chic de Paris, a été tabassé par des policiers qui l'ont traité de « sale nègre ». On ne comprend pas non plus pourquoi la députée Danièle Obono a été représentée dans une bande dessinée comme une esclave, ni pourquoi la ministre Christiane Taubira a subi tant et tant de remarques racistes. La race qui selon vous n'existe pas, madame Vidal, est si puissante aujourd'hui en France que ni l'argent, ni l'ascension sociale, ni les titres honorifiques, ni même le statut d'élue de la République ne peut l'effacer. Vous pouvez supprimer le mot « race » de la Constitution et fermer vos blanches paupières, prétendant ne pas voir une chose aussi indécente et monstrueuse dans le salon bourgeois du palais Bourbon. Il n'en demeure pas moins une seule et simple vérité, madame la ministre : ce n'est pas aux dominants de décider si une oppression existe.

  • Racialisation, racialisé, racisé : Ces termes, que vous feignez de confondre, monsieur Blanquer, avec ceux qui sont d'usage dans les théories racistes, recouvrent une réalité très concrète et aisée à définir. Pour peu que l'on écoute. La racialisation est le processus par lequel la société dote la couleur de peau d'un sens politique.C'est un procédé externe, social, d'une grande violence, qui fabrique la race d'une personne. C'est ce qui fait que Chimamanda Ngozi Adichie dit avoir compris qu'elle était noire lorsqu'elle arriva aux Etats-Unis, tandis que ce détail n'avait aucune valeur en son Nigéria natal. De même que Sartre considérait que l'antisémite faisait le Juif, c'est la société raciste qui fait les personnes racisées. C'est donc elle qu'il faut changer – ce à quoi nous nous employons, tandis que vous niez le problème, et que vous polluez les ondes en prétendant que le problème, c'est nous. Les chercheurs emploient ces termes justement pour dé-biologiser la notion de « race ». Les militant.e.s le font pour changer les pratiques, et créer des espaces sécuritaires où les personnes à qui l'on attribue un genre ou une race, puissent échanger et analyser ensemble ce vécu commun. Vous pouvez menacer l'Unef, je vous rappelle qu'il y a peu vous menaciez Sud éducation pour les mêmes raisons – vous perdîtes, évidemment, comme vous perdrez toujours, parce que votre mauvaise foi n'aveugle pas les magistrats.

  • République : la République ne vous appartient pas. Ses valeurs, ses symboles, ses mots, non plus. La République mérite mieux que vous.

  • Séparatisme : action concertée et délibérée de se séparer, de quitter, un ensemble jusque là uni. Exemple : les élites parisiennes mettent leurs enfants à l'école alsacienne pour s'assurer qu'ils ne fréquentent jamais d'enfants de prolétaires. Je pourrais jouer, monsieur Macron, et vous renvoyer la balle : c’est vous, ancien élève d’école privée, dont les plus proches conseillers sont tous des hommes blancs, vous, pur produit du Ghetto du Gotha, c’est vous, le séparatiste. Mais je ne le ferai pas. Parce que parler de séparatisme, c’est présupposer qu’une unité quelconque a existé auparavant. C’est imaginer, naïvement, qu’un jour vous et nous avons partagé un monde commun. Il n’en est rien. Vous êtes en guerre contre le peuple depuis le jour où vous avez préparé et défendu la Loi Travail, et cette guerre ne se terminera que par votre défaite. Ne prétendons pas partager quoi que ce soit : rien de ce qui vient de vous ne me touche. Ce n’est pas du séparatisme, monsieur Macron, c’est la lutte des classes.

  • Voile : Le hijeb, ou voile, a pour les Musulmans et Musulmanes une valeur propre, un sens, une signification, une raison d'être ou de ne pas être. Il participe d'un réseau de signifiants qui ensemble font sens et font foi. La République devant cette étoffe devrait être indifférente et respectueuse. Au lieu de cela, un tissu qui eût pu unir est nié, arraché de son origine sémantique, et taché de tous les contre-sens malveillants. Une laïcité intransigeante l'a transformé en fétiche, par lequel l'islamophobie déchire le monde de l'enseignement. Paradoxe d'un voile, texte et textile tout à la fois, qui ne relie pas, malgré qu'il en aie. Violence du vol, à la fois dévoilement et dévoiement. Pour résumer l'attitude britannique face au sari – autre voile détissé par d'autres colons – Gayatri Spivak a inventé la phrase-type : « Des hommes blancs sauvent des femmes de couleur d'hommes de couleur ». C'est pour cela que les études postcoloniales et subalternes vous effraient, messieurs-dames les ministres : parce qu'elles nous donnent les outils conceptuels pour dévoiler le fanatisme colonial sous les hypocrisies républicaines.

  • Violeur : Je ne suis pas juge. Je ne suis pas avocate. Peut-être, messieurs-dames les ministres, est-il l'heure de vous rappeler que vous non plus. On n'est pas, sachez-le, violeur au-delà du périph, et séducteur en-deça. Dominique Strauss-Khan n'a pas fait un « troussage de domestique ». M. Darmanin, votre ministre de l'Intérieur, n'a pas commis des erreurs de « jeune homme ». Polanski n'est pas Dreyfus. Et les policiers qui ont violemment enfoncé une matraque télescopique dans l'anus de Théo Luhaka lors de son interpellation, n'ont pas commis un geste « involontaire ». Je ne suis pas juriste, mais je sais que la notion de viol involontaire n'existe pas. On impose une pénétration à quelqu'un qui n'en veut pas : c’est un viol. Sachez que les corps racisés, prolétarisés, féminisés, ne sont pas à la disposition des Puissants. Nous ne vous laisserons plus vous servir – nous asservir.

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