Se souvenir d’Um Nyobè, raconter le Cameroun: la web-série de Blick Bassy

Mediapart a récemment rendu compte du superbe hommage du musicien Blick Bassy à Ruben Um Nyobè, héros de la lutte pour l'indépendance du Cameroun, tué par l'armée française en 1958. Outre son album intitulé 1958, Blick Bassy a conçu une web-série de huit épisodes qui revient sur le passé colonial douloureux du Cameroun. Elle est à regarder sur ce blog.

Dans l’article « Blick Bassy redonne vie à une figure du Cameroun éliminée par la France en 1958 » publié le 31 mars, Mediapart a retracé une partie de l’histoire récente du Cameroun et de Ruben Um Nyobè, personnalité exceptionnelle de

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la résistance à la colonisation, pacifiste convaincu tué par l’armée française en 1958 (on peut trouver un article plus détaillé sur ce que fut cette effroyable guerre menée par la France contre l'Union des populations du Cameroun ici).

Pour accompagner ce texte, Blick Bassy et sa maison de disque ont offert à Mediapart la possibilité de diffuser, en avant-première, une web-série qui revient, elle aussi, sur la mémoire enfouie ou oubliée du Cameroun. Replonger dans le passé pour mieux comprendre le présent et envisager l’avenir, c’est le fil rouge de cette série, dont les auteurs mettent aussi en exergue la maxime selon laquelle  « quand tu tombes, il ne faut pas regarder là où tu es tombé, mais ce qui t’a fait trébucher ».  

Dans le premier épisode (il y en a huit, au total), qui a été publié avec l’article et que l’on peut re-visionner aussi ici, le conteur camerounais Binda Ngazolo explique à Blick Bassy à quel point la nouvelle de l’assassinat de Um Nyobè fut un choc pour une majorité de Camerounais, dont lui-même, alors âgé de seulement quatre ans.

Les épisodes suivants sont à venir sur ce blog. Avec le deuxième, vous allez  entendre comment le Cameroun revint à l'Allemagne en 1885 (le nom du pays s'écrivait alors Kamerun). Le troisième évoque la Première guerre mondiale et la manière dont la France et la Grande-Bretagne coupèrent le pays en deux (le Kamerun perdit son "K" pour devenir « Cameroun »). Quatrième épisode : Binda Ngazolo raconte la guerre 39-45, le « match retour », avec la France Libre qui fait de Brazzaville sa capitale. La fin de la guerre arrive avec la question : « On pourrait peut-être envisager de reconsidérer l’occupation de l’Afrique par les colons européens ? ». Cinquième partie : l’Union des populations des Cameroun est créée, Ruben Um Nyobè prend les problèmes du pays à bras-le-corps et milite pour l’indépendance.

Dans le sixième épisode, Binda Ngazolo revient sur le 13 septembre 1958, jour de l’assassinat de Ruben Um Nyobè, que les autorités coloniales ont tenté ensuite de faire oublier. « C’est à nous d’écrire la suite de l’histoire », nous dit le conteur. Il tire des leçons de ces faits tragiques dans le septième épisode et propose un épilogue en forme de fable, celle du colibri, qui rappelle la responsabilité de chacun. « Transmettre, donner ma vision, et sensibiliser, pour qu’un jour nos communautés et nos espaces puissent voir la lumière », c’est aussi la mission que s’est fixée Blick Bassy.

Septième épisode :

Donner une suite à l’histoire d’Um Nyobè | 1958 (EP.07) © Blick Bassy

Épilogue :

Epilogue : La fable du colibri | 1958 (EP.08) © Blick Bassy

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