Elections, piège à on !

Onze candidats aux tions présidentielles mais seulement 4 votutils : Chon, Mon, Cron et Illon. Que faire ? Suis en pleine sion ! Hors de tion que je vote Illon ! Inutile de lui tailler un costard puisqu'il en a déjà rendu deux. Sur-mesure. Faut quand même être un peu on pour rendre des costumes sur-mesure, non ?

Onze candidats aux tions présidentielles mais seulement 4 votutils : Chon, Mon, Cron et Illon. 

Que faire ? Suis en pleine sion !

Hors de tion que je vote Illon ! Inutile de lui tailler un costard puisqu'il en a déjà rendu deux. Sur-mesure. Faut quand même être un peu on pour rendre des costumes sur-mesure, non ? Heureusement qu'on ne l'accuse pas de s'être fait payer un resto. Mais je  l'ai rendu... Bref.

De toute çon, il devrait être en zonzon çui-là. Ou au violon. Oui, je sais, y a la tion d'innocence tout ça, mais même sans ses casseroles...

Restent Chon, Cron et Mon. Bon. 

Voter Chon ? En 2012, j'aimais bien son côté lutte des classes un peu vintage et j'adhère au moins à l'esprit d'un certain nombre de ses propositions. Mais, j'ai un pêché gnon, je suis un partisan de l' nion européenne  et je ne partage pas l'idée que tous nos maux doivent lui être imputés. En fait, je ne vois pas en quoi dénoncer des traités que l'on ne respecte déjà pas pourrait nous être d'une quelconque utilité. Et je trouve qu'il en fait des tonnes avec la souveraineté de la tion. Sur ces points, je trouve qu'il a tort Chon. Pour le reste, mais c'est lié, j'estime qu'en ce qui concerne notre modèle économique et social et sa nécessaire adaptation à une économie de l'innovation, au ond, il ne nous propose que le statut quo Chon. 

Ni Illon, ni Chon, donc. 

Restent Cron et Mon

J'ai du mal à les départager ces deux-là. J'aime bien l'idée du Traité de démocratisation de l'Europe (Tdem) portée par l'équipe de Mon. Mais je pense comme Cron, que nous ne pourrons le faire accepter par nos partenaires que si nous restaurons notre crédibilité en Hamon, en honorant nos engagements concernant la gestion de nos finances publiques. Par ailleurs, je trouve que Cron ratisse un peu large car certaines de ses propositions sur l'école ou la politique pénale ne sont pas sans m'évoquer Illon. Mais je crains aussi qu'en aval de l'élection, Mon n'ait pas les moyens de ses ambitions et se voit accuser de trahison. L'idéal serait que je me trouve un Hacron ou une Mamon. 

J'en étais là de ma Valls-hésitation quand les Décodeurs du Monde, qui pourvoient à tout, m'ont proposé de me révéler De quel candidat à la présidentielle êtes-vous le plus proche ? Article providentiel pour choisir un homme qui ne le sera pas moins. J'ai répondu conscieusement aux dix-huit questions du quizz et attendu fébrilement la réponse du Choixpeau magique. Mélasse ! Mon et Cron arrivent en tête avec un score strictement identique ! Au point de pourcentage près. Viennent ensuite Poutou, Chon, Le Cheminade, Artaud, Dupont-Aignan (avec un t), Illon, Le Pen, Lassale, Asselineau. Et dire que mes amis insoumis, lors de nos débats plus ou moins éthyliques, m'accusent régulièrement d'être de droite. C'est d'ailleurs moins une accusation qu'une espèce de diagnostic. Un peu comme si j'avais tout récemment, du fait de mes comportements à risque, choppé une espèce de chtouille politique bien méritée. Injure pour injure, il m'arrive régulièrement de les qualifier de bas du front de gauche. On se marre bien, mais au fond, tout ça me rend un peu mélencholique. 

J'ai ouï-dire que lorsque deux mandarins universitaires ne parvenaient pas à départager leur poulain respectif pour un même poste de maître de conférence, il était de coutume de choisir le troisième. Cette stratégie, élaborée par la fine fleur de l'intelligentsia nationale devrait me conduire à voter Poutou. Pourquoi pas mais pourquoi faire ? 

J'ai bien conscience que ce sont les gens comme moi qui font la vie impossible aux sondeurs et croyez-moi, je m'en veux. A ma décharge, il se trouve que contrairement à nombre de mes compatriotes qui pratiquent la taqiya électorale et cachent leur intention de voter Illon ou Le Pen, j'hésite de bonne foi. Ce sont tous ces dissimulateurs qui ont conduit le pourtant très modéré Bourlanges à déclarer en substance, qu' avant, les élections, c'était des cons qui votaient pour des salauds et désormais ce sont des salauds qui votent pour des cons.  Pour ma part, j'ai l'impression d'être resté un con à l'ancienne. 

Mais finalement, je ne m'en fais pas trop parce que tout ça ne concerne que le premier tour et il est plus que probable qu'au second, nous serons nombreux à voter comme un seul homme pour On ! Comme un seul homme mais sans illusion car nous savons bien que, comme nous tous,  On est un con !

 

 

 

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